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TOGO : Arrestations hors-la-loi par un état hors-la-loi: Libérer Mme Adjamagbo-Johnson, M. Djossou et tous les prisonniers politiques

 

 

 

Sur la base d’une décision arbitraire, unilatérale de l’Etat togolais, deux responsables togolais de la mouvance politique  dite  la  «Dynamique  Mgr  Kpodzro  (DMK) se  sont  retrouvés  en  prison  et  impliqués  dans  une affaire d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat unilatéralement annoncée a posteriori. Ces  deux personnalités  seraient  passées  du statut  de «détention provisoire» à celui de  «garde  à vue  de 48 heures», auprès de ce qui a succédé à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) et dénommé aujourd’hui la Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC). Lorsque l’Etat togolais «estime» unilatéralement que la personne présumée innocente pourrait encourir une sanction pénale d’au moins un an de  prison,  alors  le délai  légal  de  la  garde  à  vue  de  48heures  en  principe  peut  se  prolonger  indéfiniment  au mépris des droits de la personne inculpée sur la base d’allégations non prouvées. Les conditions arbitraires d’extension du délai légal sont une violation du droit et du respect de la présomption d’innocence du citoyen.

1. ARRESTATIONS HORS-LA-LOI DE RESPONSABLES DE LA DYNAMIQUE MONSEIGNEUR KPODZRO (DMK)

C’est Monsieur Essolissam Poyodi, le procureur de la République, qui a ouvert une enquête sur la base d’allégations sans  preuves  objectives  contre  ces  deux  personnes,  présumées  innocentes,  pour «  atteinte  à  la sécurité intérieure de l’Etat ».Manifestement, ces deux personnes seraient les « cerveaux » d’un « plan de déstabilisation du pays » en préparation, ce qui semble ressortir des premières investigations du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC), qui est en charge de ce dossier. Il  a  été  rappelé  à Madame  Brigitte  Adjamagbo-Johnson au Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC) qu’elle faisait déjà l’objet « d’une procédure judiciaire portant sur des faits similaires et placée sous contrôle  judiciaire  »et qu’à ce titre, ces dernières déclarations publiques suite au kidnapping de M. Djossou, seraient de nature à enfreindre la « loi ».Les deux arrestations concernent donc deux responsables de la DMK, un regroupement de l’opposition togolaise qui conteste l’issue de la dernière présidentielle. Ces arrestations sont survenues après l’appel de la DMK  aux  populations  à manifester  le samedi  28  novembre 2020  à  Lomé  pour exiger  le  rétablissement  de  la vérité des urnes. Les manifestations ont été interdites par les autorités pour cause de Coronavirus et la violation de la loi sur les manifestations. Mme  Brigitte  Adjamagbo-Johnson,  coordinatrice  de  DMK  et  M.  Gérard  Dodji  Djossou,  président  de  la Commission des affaires sociales en charge des droits de l’Homme au sein de la DMK, ont été embastillés. Selon les témoins, le second a été kidnappé le vendredi 27 novembre 2020 en pleine rue par des individus en civil, accompagnés d’un corps habillé représentant officiellement l’Etat togolais. La première a été privée de son droit d’aller et de venir, sur la base d’une décision unilatérale et motivée par les résultats d’une perquisition au domicile des deux «prévenus» avec, selon l’Etat togolais, « la découverte et la saisie des documents compromettants intéressant une enquête en cours». Il est à noter que cette perquisition a été faite sans aucune autorisation judiciaire c’est-à-dire sans mandat de perquisition. Suite à la saisine du Procureur, ce dernier a révélé a posteriori, après avoir subi des pressions de toutes parts que «Lesdits documents révèlent la projection des actions violentes visant à porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et qui devraient être mises en œuvre à partir des manifestations publiques pour la journée du samedi 28 novembre 2020 ».Selon le même procureur, les premières investigations auraient permis de trouver une corrélation entre les faits reprochés à M. Djossou et Mme Adjamagbo-Johnson, parce que cette dernière «aurait» également eu en sa possession d’autres documents compromettants directement reliés à l’imaginaire «tentative  de  déstabilisation projetée» a posteriori d’une manifestation interdite et qui n’a pas eu lieu le samedi 28 novembre 2020. Au Togo, le droit s’applique a posteriori et l’interpellation à priori. La présomption d’innocence est totalement bafouée et la fourniture d’allégations de la part de l’Etat togolais hors-la-loi ne peut servir de «preuves a posteriori», encore moins de vérité. Autrement dit, l’Etat togolais a eu besoin de «coffrer» au moins deux personnes innocentes de la Dynamique Monseigneur Kpodzro, ce en tout non-respect de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, afin de pouvoir rechercher «les auteurs, coauteurs  et  complices  de  ce  projet  »et  éventuellement  déterminer  les  circonstances  dans  lesquelles  les  faits inconnus et reprochés à ces deux citoyens seraient advenus. Il y a donc une enquête judiciaire à l’encontre de deux citoyens togolais représentant une mouvance politique qui ne peut bénéficier de la présomption de l’innocence. Par ailleurs, l’Etat togolais étant incapable de fournir à manger dans ses prisons lugubres, aurait invité les membres de la famille des deux «citoyens innocents» de fournir les repas.

2. FAURE GNASSINGBÉ ET SON SYSTÈME SONT «HORS-LA-LOI»

Les responsables de la Dynamique Monseigneur Kpodzro ont appelé à une manifestation pacifique, le samedi 28 novembre 2020, pour exiger la victoire de leur candidat, M. Agbéyomé Kodjo, ce en référence à l’absence manifeste de la vérité des urnes et le refus du recomptage bureau de vote par bureau de vote. Il faudrait rappeler le fait que l’inconstitutionnalité de la Cour constitutionnelle togolaise, du fait de l’absence de deux membres de droit en provenance du Sénat encore inexistant à ce jour, fait de Faure Gnassingbé, un président illégalement «investi »suite aux élections non transparentes du 22 février 2020.Faure Gnassingbé a été le candidat d’un système militaro-civilo-ésotérique  après  avoir  fait  modifier  pour  la énième fois la Constitution togolaise afin de pouvoir se présenter pour un quatrième mandat consécutif, tout en éliminant  de  nombreux candidats  qui ne pouvaient qu’émarger dans l’électorat de son parti UNIR (Union pour la République), ce afin de justifier, malgré les fraudes multiples revendiquées par les partis d’opposition, une victoire au premier tour. C’est donc ainsi que Faure Gnassingbé a  vu  une  Cour  Constitutionnelle  inconstitutionnelle  confirmer dès  le premier  tour sa  victoire  avec 70,78%  des  suffrages exprimés.  Ce résultat ubuesque  a  été contesté  par  les principaux partis de l’opposition  qui continuent d’ailleurs à accuser le Gouvernement  de fraude  électorale. Toutefois, aucun de ces partis politiques n’a véritablement fait l’effort de déposer, un recours en annulation auprès des juridictions compétentes supranationales notamment la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples pour anti constitutionnalité de la Cour constitutionnelle.

La réalité est que Faure Gnassingbé se retrouve à la tête du Togo pour un 4emandatdu fait de l’unilatéralisme et de l’implication des Forces armées togolaises dans le jeu démocratique. En  contrepartie,  un  système  de gouvernance de l’impunité des actes hors-la-loi d’une partie non républicaine de l’armée togolaise, à laquelle il faut rajouter des milices privées et non identifiées, que de nombreux citoyens togolais dénoncent comme étant les auteurs de crimes et de nombreux actes illégaux. Faure Gnassingbé, lui-même hors-la-loi, est pris en otage au  point  de  laisser  un  système  militaro-judiciaire,  engager  des  actes  hors-la-loi,  ce  de  manière  préemptive, contre toute personne qui pourrait menacer l’exercice de son pouvoir et la perpétuation d’un système d’impunité hors-la-loi.

3. TOGO: LE NON-RESPECT DE LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES(CADHP)

De manière  très  précise,  l’Etat togolais dirigé  par  un  président  inconstitutionnel  investi, ne  respecte  pas  les articles 6 et 7 de la CADHP rappelés ci-après:

ARTICLE 6 :

Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de  sa personne. Nul ne  peut être  privé  de  sa liberté sauf  pour des motifs et dans des conditions préalablement déterminées par la loi ; en particulier nul ne peut être arrêté ou détenu arbitrairement.

ARTICLE 7

Alinéa 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend :

a. le droit de saisir les juridictions nationales compétentes de tout acte violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus et garantis par les conventions, les lois, règlements et coutumes en vigueur ;

b. le droit à la présomption d’innocence, jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une juridiction compétente ;

c. le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par un défenseur de son choix ;

d. le droit d’être jugé dans un délai raisonnable par une juridiction impartiale.

Alinéa  2. Nul  ne  peut  être  condamné  pour  une  action  ou  une  omission  qui  ne  constituait  pas,  au  moment    elle  a  eu  lieu,  une infraction légalement punissable.

Aucune peine ne peut être infligée si elle n’a pas été prévue au moment où l’infraction a été commise. La peine est personnelle et ne peut frapper que le délinquant.

Au Togo, un système fondé sur l’impunité des services de sécurité et de la justice permet d’arrêter de manière «préventive» et de détenir arbitrairement des citoyens sur la base d’allégations de l’Etat togolais. Alors que la manifestation prévue n’a pas eu lieu, les autorités togolaises interviennent donc en amont pour interdire l’exercice des libertés sur la base d’un maintien de l’ordre public hypothétique. D’ailleurs, l’Etat togolais avait d’autres moyens pour assurer le maintien de l’ordre que d’interdire l’exercice de la liberté d’expression.  Il suffisait d’accompagner les manifestants pacifiques le 28 novembre 2020 en respectant les consignes sanitaires liées à la pandémie de la COVID-19.Il y a donc bien une faute de droit puisque les personnes concernées ont droit à la présomption d’innocence jusqu’à ce que leur culpabilité soit établie par une juridiction compétente et indépendante du pouvoir de Faure Gnassingbé. Il n’y a donc aucune sécurité juridique pour Mme Adjamagbo-Johnsonet M. Djossou dès lorsqu’il s’agit d’une décision arbitraire de l’Etat de Faure Gnassingbé, donc une décision hors-la-loi d’un hors-la-loi! Il n’y a pas besoin d’une autorisation préalable, ni d’une autorisation discrétionnaire, encore moins d’une autorité administrative pour exercer son droit d’innocence. Sauf qu’au Togo, le système militaro-civilo-ésotérique  a  «tous»  les  droits,  surtout  depuis  que  le  silence coupable  des  pays  occidentaux  sur  le  4emandat  de  Faure  Gnassingbé  est  devenu  assourdissant,  au  point de rendre sourd même le Président français qui s’est empressé de s’impliquer publiquement entre autres :

•en Biélorussie pour soutenir le Peuple et tenter d’annuler la réélection frauduleuse du président sortant Alexandre Loukachenko au pouvoir depuis vingt-sixans;

•au Liban, pour tenter de stopper la corruption avec le retour des mêmes acteurs au pouvoir; et

•dans le Haut-Karabakh pour tenter de sauvegarder la souveraineté des espaces conquis par l’Arménie par le passé en Azerbaïdjan.

 Par  contre en Afrique notamment en Côte d’Ivoire et en Guinée, il était plus question respectivement de légitimer le 3emandat présidentiel contesté des deux Présidents en feignant d’oublier le 4ème mandat présidentiel de Faure Gnassingbé au Togo, avec en filigrane et non avoué, l’espoir que cette expérience  togolaise  du  4emandat  soit  un signe  annonciateur  des  lendemains  mimétiques  dans  la  plupart  des  pays    la  françafrique revisitée et décomplexée fait dans le cosmétique pour mieux faire perdurer le précarré français. L’exercice de la liberté publique fondamentale du citoyen togolais, et plus globalement du Peuple togolais, ne peut pas être soumis à un tel arbitraire et unilatéral d’un droit préventif sur des présumés innocents, surtout qu’il n’y a manifestement pas eu d’atteinte à l’ordre public au Togo. Le  silence  du  groupe  des  5  au  Togo (Allemagne,  France,  Etats-Unis,  Union  européenne  et  Nations  Unies)  en  dit  long  sur  les  accointances diplomatiques dolosives avec le pouvoir togolais. Toutefois, l’autorité administrative doit obligatoirement concilier l’exercice de ses pouvoirs avec le respect de la liberté: la liberté est la règle, et la restriction l’exception, sauf paradoxalement au Togo, où les lois liberticides ont, de  fait, prohibé les manifestations pacifiques du Peuple togolais contre l’arbitraire, la contre-vérité  des urnes et l’unilatéralisme de la force de celui qui est au pouvoir.

Le 1er décembre2020.

La Direction du :

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes.

E-Mail: togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

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