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Impact négatif de la COVID 19 sur les soins de santé : cas du planning familial

 


Reconnaissable par son gilet kaki flanqué du logo de l’UNFPA avec l’inscription « Agent de santé communautaire » (ASC), SETOGLO Koffi Rigobert fait partie de ces agents déployés dans le canton de Tokpli dans la préfecture de Tabligbo à environ 80 km au nord de Lomé. Trois fois par semaine, à l’instar des autres agents, il sillonne les villages et concessions du canton pour entretenir la population, surtout féminine, sur les avantages des méthodes de planification familiale et offrir gratuitement les méthodes contraceptives disponibles à son niveau. Globalement, ces agents servent de relais entre la population et les unités de soins périphériques. Comment mènent-ils leurs activités en cette période de pandémie au coronavirus. Nous avons suivi certains ASC du canton de Tokpli. Reportage !!!

 

Après quelques semaines de congé technique, en raison de la pandémie au coronavirus, les visites domiciliaires des agents ASC ont repris. Ce mardi 29 septembre 2020 M. SETOGLO a rendez-vous avec ses clientes. Sac en bandoulière contenant les produits de la planification familiale, masque de protection au visage, il n’aura pas de répit avant la tombée du soleil. SETOGLO va visiter ses clientes leur prodiguant ici des conseils et leur administrant là la dose d’injection intra-musculaire. Telles se résument ses tournées depuis que les causeries ont été suspendues. Ces agents, une soixantaine dans la préfecture de Yoto, recrutés au sein de leur communauté pour leur intégrité et leur bonne moralité, sont des majeurs sachant lire et écrire et disponibles à servir la communauté.

 


« C’est dans la maison royale que nous avons été choisis. Après nous avons suivi une formation à la suite de cela nous avons été présentés à la communauté. Suivra ensuite des tests avant que nous ne soyons largués pour accomplir notre mission », se rappelle SETOGLO qui dit exercer cette activité depuis 2016.

 

Au-delà de la sensibilisation, ils doivent faire des visites à domicile pour corriger les rumeurs liées aux méthodes contraceptives et référer les clients vers les Unités de soins périphériques (USP) en cas de besoin.

Une fois dans une concession, après les salutations d’usage, SETOGLO s’enquiert de l’état de santé de sa cliente avant de lui faire l’injection cutanée. Bien avant, le gel hydroalcoolique est administré à la cliente dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Quant aux nouvelles clientes, avant l’injection, l’agent leur pose des questions à savoir si elles développent certaines maladies qui sont exclues de cette méthode contraceptive à savoir le diabète, la tension… Quand les réponses sont satisfaisantes, elles reçoivent l’injection. Dans le cas contraire, elles sont référées vers les USP. « Je suis très fier de ma contribution à la vie de ma communauté », lâche fièrement SETOGLO.

 

LE PLANNING FAMILIAL REND LA LIBERTE A LA FEMME

 

Agbakoussi, femme de ménage avec 8 enfants témoigne : « l’écart d’âge entre mon premier enfant et le deuxième est de deux ans. Après, pour les autres enfants, c’est généralement dix mois qui les séparaient jusqu’au cinquième enfant. C’est à ce stade que j’ai commencé le planning familial et depuis, l’écart entre les grossesses est de quatre ans », avoue ce quinquagénaire. Pour elle, au départ, son mari n’était pas d’accord mais finalement il a adhéré auplanning et l’a encouragée. « Le planning familial est une bonne chose. Ça aide nous les femmes parce qu’il nous rend la liberté pour continuer nos activités et nous assure une bonne santé », reconnait-elle. Elle ne déplore aucun effet secondaire à part les maux de hanche au début.

 


 Souvent ce sont les ASC qui se déplacent vers les clientes à moins que ces dernières fassent l’injection à l’insu de leurs maris. Dans ce cas, les clientes préfèrent faire le déplacement vers l’agent. Tel est le cas par exemple de AKPAMAGBO Novissi, un ASC de sexe féminin résidant dans le village de Monénou, toujours dans le canton de Tokpli. Elle a aménagé chez elle pour recevoir les clientes. Depuis qu’elle a commencé cette activité en 2018, le constat est que beaucoup de femmes ont abandonné les ASC de sexe masculin à son profit. La raison est toute simple, entre femmes, la communication passe mieux et on n’est pas gêné d’aborder certains sujets. « Beaucoup de femmes viennent en cachette se faire injecter. Ça reste entre nous et je garde leur carnet avec moi. Cependant, certaines viennent avec leurs maris. Beaucoup de femmes ont abandonné les ASC hommes pour venir auprès de moi », raconte dame Novissi.

 

Tout métier requiert du professionnalisme de son pratiquant. Mais il arrive parfois malgré les garde-fous et les précautions que prennent les ASC qu’ils tombent dans certains pièges en injectant aux femmes à l’insu de leur mari. Telle est la situation vécue par KOUGNIGAN Kossi dans le village d’Assoukondji. Accusé par le mari d’une cliente qui l’a convoqué en justice, il ne s’est tiré d’affaire qu’en prouvant au juge n’avoir appliqué la méthode contraceptive à la femme que sur instruction du grand frère du mari.

 

Dans un milieu Ouatchi réputé très conservateur, la méthode contraceptive a néanmoins du succès. La raison est tout simple, la plupart des ASC sont des parents proches des clientes, ce qui non seulement rassure les femmes, mais aussi leur mari.

 

« C’est sur conseil de mon mari qui m’a confié à son frère (NDLR : ASC) que j’ai commencé la méthode contraceptive. Et chaque fois que je reviens je lui fais le compte rendu. Il prend le carnet pour des vérifications. C’est lui-même qui me rappelle aussi des rendez-vous », raconte Béatrice.

 

LE COUP DUR DE LA COVID-19

 

Le planning familial avantage tout le monde, que ce soit les clientes ou les agents communautaires. Il enlève les difficultés aux femmes. « Avec les grossesses rapprochées, ce n’est pas évident de mener des activités comme jadis car trop souvent on a un enfant au dos et un autre au ventre. Mais avec l’espacement, on est libre, et les enfants sont en bonne santé », note Novissi, alors que pour SETOGLO, « certaines fois, des femmes viennent à la maison et m’offrent des légumes. Elles me félicitent et m’encouragent. C’est toute notre justification ».

 


La pandémie à coronavirus a porté un coup dur aux opérations de santé et particulièrement à la planification familiale. Au début de cette pandémie, les rumeurs véhiculés par les réseaux sociaux tendant à décourager les vaccins ont fait bouder le planning familial. Chez certains ASC, la moyenne mensuelle des clientes qui oscillait entre 25 et 30 a chuté à 7, alors que chez d’autres, au départ à 45, est tombé à 30. Aujourd’hui, avec les sensibilisations et l’usage des mesures barrières, tout semble reprendre. « Avant qu’une cliente ne vienne chez moi, j’ai mis en place le dispositif de lavage des mains, et si elle n’a pas de bavette je lui en offre. J’en porte également, de même que les gants », a indiqué Mme Novissi.

 

Les ASC profitent également de la situation pour sensibiliser sur les mesures barrières.

 

 

Albert AGBEKO

E-Mail: togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

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