La fermeture annoncée de plusieurs agences d’Orabank Togo à compter du 28 février 2026 suscite une vive inquiétude. Dans une déclaration officielle, la Ligue des Consommateurs du Togo du Dr Emmanuel Sogadji dénonce une décision aux lourdes conséquences sociales et appelle le gouvernement à prévenir une exclusion financière accrue, notamment en milieu rural.
La Ligue des Consommateurs du Togo (LCT) est montée au créneau face à la décision d’Orabank Togo de fermer plusieurs agences de proximité, dont celles de Mango, Assahoun, Kégué et du Boulevard des Armées. L’arrêt définitif des services est annoncé pour le 28 février 2026, une mesure que l’organisation de défense des consommateurs qualifie de « préoccupante » et révélatrice d’un désengagement progressif de l’institution bancaire vis-à-vis de ses usagers.
Des agences fermées, des populations délaissées
Selon la LCT, ces fermetures touchent particulièrement des zones où l’accès aux services bancaires reste déjà fragile. À Mango et Assahoun, une grande partie de la population n’est ni suffisamment formée ni équipée pour utiliser les outils numériques et plateformes dématérialisées, notamment les points partenaires KEAZ SPOT, vers lesquels Orabank oriente désormais ses clients.
« À Mango et Assahoun, les consommateurs sont majoritairement des fonctionnaires ou des usagers aux revenus modestes, qui rencontrent déjà des difficultés pour se rendre physiquement dans les agences bancaires », souligne la déclaration de la LCT. Dans certaines localités situées le long de la RN5, des agents de l’État sont contraints de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres, parfois jusqu’à Kpalimé, pour effectuer des opérations bancaires élémentaires.
KEAZ SPOT : une solution jugée insuffisante
Pour Orabank, la fermeture des agences s’inscrit dans une logique de modernisation et de transition numérique. Mais pour la LCT, la solution proposée est loin d’être satisfaisante. À Assahoun, par exemple, les clients sont orientés vers des points KEAZ situés à Kpalimé, un déplacement jugé « inacceptable » pour de simples opérations de dépôt ou de retrait d’argent.
La Ligue rappelle par ailleurs que les consommateurs se plaignent régulièrement du dysfonctionnement de la plateforme KEAZ, ainsi que des pannes répétées des guichets automatiques bancaires (GAB). « Imposer aux usagers des solutions technologiques instables revient à les exposer à des risques financiers et à un profond sentiment d’abandon », avertit-elle.
L’expertise humaine, un maillon essentiel
Au-delà des difficultés techniques, la LCT insiste sur un point fondamental : un guichet automatique ou un agent partenaire ne peut remplacer l’expertise d’un conseiller bancaire, notamment pour les opérations complexes, les conseils financiers ou la résolution de litiges.
Dans les zones rurales et semi-rurales, la présence physique d’une agence bancaire reste un facteur clé de confiance. Sa disparition brutale fragilise davantage des populations déjà vulnérables, accentuant les inégalités d’accès aux services financiers.
Inclusion financière : un enjeu national
Pour la Ligue des Consommateurs du Togo, cette décision d’Orabank va à contre-courant des efforts du gouvernement togolais, qui œuvre depuis plusieurs années à l’amélioration du taux de bancarisation et à l’inclusion financière des populations vivant hors des centres urbains.
« La modernisation des services bancaires ne doit pas se faire au détriment des consommateurs les plus vulnérables », martèle la LCT. Elle appelle les autorités publiques à jouer pleinement leur rôle de régulateur, afin d’éviter que la transition numérique des banques ne devienne un outil d’exclusion sociale et territoriale.
Un appel clair au gouvernement
En conséquence, la LCT demande au gouvernement togolais de veiller à l’encadrement des restructurations bancaires, afin qu’elles respectent les droits des consommateurs et garantissent un accès équitable aux services financiers sur l’ensemble du territoire national.
L’organisation affirme rester mobilisée et vigilante pour la défense des droits et des intérêts des consommateurs togolais, tout en se disant prête à engager le dialogue avec les autorités et les institutions bancaires concernées.
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Clarisse AFANOU
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