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Rentrée 2026 : les défis de l’école Ephphatha à Lomé

Au Togo, la rentrée scolaire 2026-2027 a officiellement démarré ce lundi 14 septembre. À Lomé, l’école Ephphatha, spécialisée dans l’accueil et la scolarisation des enfants malentendants, a également repris ses activités. Dans cet établissement situé à Djidjolé, enseignants et responsables se mobilisent pour offrir un cadre d’apprentissage adapté aux élèves, malgré des difficultés liées aux effectifs, au financement et à la maîtrise de la langue des signes.

Dans les salles de classe de l’école Ephphatha, l’ambiance de la rentrée est particulière. Les enseignants sont déjà en place et prêts à reprendre les cours. L’établissement accueille des enfants malentendants et entend promouvoir une éducation qui favorise leur apprentissage et leur intégration.

Pour cette nouvelle année scolaire, le collège poursuit progressivement son développement. « Nous disposons de quatre salles de classe, mais pour le moment, trois sont occupées : les classes de sixième, de cinquième et de quatrième. La classe de troisième n’est pas encore ouverte », explique Bedjra Kossi, directeur des études.

L’établissement a commencé à ouvrir progressivement les niveaux du secondaire. Après la sixième l’année dernière, la cinquième a été ouverte, permettant aux élèves de poursuivre leur parcours. Cette année, les anciens élèves de cinquième sont ainsi passés en quatrième.

Des enseignants présents, mais des besoins qui augmentent

Avec l’élévation du niveau scolaire, les besoins de l’établissement augmentent également. L’ouverture de nouvelles classes implique notamment davantage d’enseignants et d’interprètes en langue des signes.

Tous les enseignants ne maîtrisent pas nécessairement cette langue, alors que la communication constitue un élément essentiel de l’apprentissage des enfants malentendants. L’interprète permet ainsi de faciliter la transmission des cours et de rendre les enseignements accessibles aux apprenants.

« Plus le niveau augmente, plus le volume horaire devient important et plus nous avons besoin d’enseignants. Nous avons aussi besoin d’interprètes supplémentaires en langue des signes », souligne le directeur des études.

L’apprentissage nécessite également davantage de temps. Une notion qui pourrait être assimilée en quelques minutes dans une classe ordinaire peut demander beaucoup plus de temps avec certains élèves malentendants. Le personnel doit donc adapter son rythme et reprendre les explications lorsque cela est nécessaire.

Cette pédagogie exige « beaucoup de patience », selon les responsables. Les élèves doivent pouvoir observer les gestes et les signes pour comprendre. Une perte d’attention ou un regard détourné peut ainsi conduire l’enseignant ou l’interprète à reprendre son explication.

Le suivi familial, un autre défi

Au-delà de l’école, le suivi à domicile constitue l’un des principaux défis. Certains parents ne maîtrisent pas la langue des signes, ce qui complique l’accompagnement des enfants dans leurs devoirs et leurs apprentissages.

Pour tenter de répondre à cette difficulté, l’établissement organise parfois des initiations à la langue des signes à destination des parents. Mais la participation n’est pas toujours à la hauteur des attentes.

Pour Bemou Kodjo, directeur de l’école primaire, l’implication des parents est pourtant indispensable. Ceux-ci doivent, selon lui, vérifier les cahiers, aider leurs enfants à revoir les leçons et s’assurer qu’ils ont compris les enseignements reçus durant la journée.

Un meilleur suivi familial permettrait ainsi de renforcer le travail effectué par les enseignants et d’améliorer les chances de réussite des élèves.

Une école privée confessionnelle sans subvention de l’État

Créée en 1976, l’école Ephphatha fonctionne comme un établissement privé confessionnel. Selon ses responsables, elle ne bénéficie pas actuellement d’une prise en charge complète de l’État ni de subventions publiques.

Cette situation pèse sur son fonctionnement, particulièrement lorsque les effectifs sont faibles. Le financement repose notamment sur les contributions des familles.

Pour l’année scolaire 2026-2027, l’écolage annoncé est de 25 000 francs CFA, auxquels s’ajoutent 3 000 francs CFA de frais d’inscription pour les nouveaux élèves. Les apprenants venant de loin peuvent être hébergés dans le dortoir de l’établissement, moyennant 20 000 francs CFA l’année scolaire.

Les responsables soulignent que les faibles effectifs peuvent rapidement fragiliser l’organisation des classes. L’année précédente, une classe ne comptait par exemple que deux élèves, un garçon et une fille. Après le départ de cette dernière, le garçon s’est retrouvé seul. Malgré cette situation, l’établissement a poursuivi son accompagnement.

L’APC comme dans les autres établissements

Sur le plan pédagogique, l’école applique l’Approche par compétences (APC), conformément au système éducatif en vigueur. Les élèves suivent les mêmes programmes et préparent les mêmes examens que les autres apprenants.

La spécificité se situe principalement dans l’adaptation des méthodes d’enseignement aux besoins des enfants malentendants.

La maîtrise de la langue des signes constitue ainsi un atout majeur pour les enseignants. Ceux qui ne la maîtrisent pas suffisamment peuvent être progressivement initiés afin de faciliter la communication avec les élèves.

Cette adaptation n’empêche pas certains anciens élèves de poursuivre des études au-delà du secondaire. Certains rencontrent toutefois des difficultés scolaires et se tournent ensuite vers l’apprentissage d’un métier.

D’autres connaissent des parcours plus longs. Les responsables évoquent notamment d’anciens élèves ayant poursuivi leurs études jusqu’à l’université. Certains reviennent même dans le secteur éducatif pour transmettre à leur tour leurs connaissances.

« Le handicap n’est pas une fatalité »

L’un des messages forts portés par les responsables de l’école Ephphatha s’adresse aux parents d’enfants malentendants.

Ils les encouragent à ne pas considérer le handicap comme un obstacle définitif à la réussite scolaire et professionnelle.

« Il faut beaucoup d’amour, de patience et d’accompagnement. L’enfant peut réussir. Le handicap n’est pas une fatalité », insiste Bemou Kodjo.

L’école souhaite également renforcer son caractère inclusif. Elle invite les parents d’enfants entendants à inscrire leurs enfants dans l’établissement afin qu’ils puissent étudier aux côtés des élèves malentendants.

Pour les responsables, cette cohabitation présente un double avantage : elle favorise l’inclusion des enfants malentendants et permet aux autres élèves d’apprendre la langue des signes et de mieux comprendre la réalité des personnes en situation de handicap.

À l’occasion de cette rentrée scolaire 2026-2027, l’école Ephphatha veut donc poursuivre son développement. Mais pour aller plus loin, ses responsables souhaitent davantage de soutien, des effectifs plus importants et une implication accrue des parents.

Au-delà des salles de classe, l’enjeu est celui d’une véritable inclusion scolaire et sociale : permettre aux enfants malentendants d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour construire leur avenir et trouver leur place dans la vie active.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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