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Festival KATUU : à Lomé, les jeunes femmes reprennent la main sur leurs récits

 

 

Après deux semaines de formation, de création et de partage entre Sokodé et Lomé, la 5ème édition du Festival KATUU s’est achevée le 3 octobre 2026 à la Maison des jeunes d’Amandahomé. Placée sous le thème « Reprendre l’image : Femme, création et récit face aux violences », cette édition aura surtout permis de renforcer la place des jeunes femmes dans la création cinématographique et de poser les bases d’un accompagnement allant de la formation à la production.

De Sokodé à Lomé, le parcours aura été dense. Un atelier de photo documentaire a réuni 12 jeunes filles à Sokodé. Encadrées par Gilles Senaya et Adnan Katakpao, les participantes ont été initiées à la photographie documentaire et à la construction d’un récit à partir du réel.

Le programme s’est poursuivi à Lomé avec une résidence d’écriture consacrée à la fiction et au documentaire. Du 28 septembre au 2 octobre, huit participantes venues du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso ont travaillé sur leurs projets, répartis entre quatre projets de fiction et quatre projets documentaires. Elles ont bénéficié de l’accompagnement de professionnels venus de différents horizons.

Les participantes

À la clôture, la promotrice du Festival KATUU, Rachel P. KPIZING, a mis en avant l’importance de cette dynamique de formation, de transmission et de création, destinée à offrir aux jeunes talents un cadre pour apprendre, expérimenter et développer leurs projets.

Cette ambition a trouvé un écho particulier dans le témoignage de Cécile, participante à la résidence.

Reconnaissante pour les connaissances acquises, elle a expliqué que cette expérience lui avait permis de mieux comprendre sa vocation. Elle a notamment confié que, durant les formations, elle avait compris que « c’était la place qu’elle devrait y être ». Un témoignage qui traduit l’impact humain de cette expérience au-delà des seules compétences techniques.

Rachel Kpizing, promotrice du festival

Des projets distingués et surtout accompagnés

La clôture a également été marquée par la remise des distinctions aux meilleurs projets issus de la résidence.

Le Prix du meilleur projet documentaire est assorti d’un chèque de 150 000 francs CFA, mais aussi de plusieurs formes d’accompagnement : un accompagnement en développement assuré par Rush Docs 228, un accompagnement à la production offert par Amani Heritage, ainsi qu’une bourse de post-production de Gbaka Production.

Le Prix du meilleur projet de fiction comprend également une dotation de 150 000 francs CFA, avec un accompagnement professionnel en développement assuré par Marbos Production et un accompagnement en post-production offert par Gbaka Production.

Exposition des premières prises de photos des participantes racontant chacune l’histoire de la ville de Sokodé

La reconnaissance de celles et ceux qui font avancer le cinéma

La cérémonie de clôture a également été consacrée à la reconnaissance de celles et ceux qui accompagnent le développement du cinéma.

Lelly K. ANITE GBOUHI, présidente de l’Association des femmes du cinéma et de l’audiovisuel au Togo (AFECIAT), a offert, au nom de son association, le Prix Lumière AFECIAT, destiné à soutenir le développement d’un projet documentaire.

De son côté, Amani YELEBO, producteur chez Films Amani Héritage, a remis le Prix AMANI HÉRITAGE, au nom de Ciné Rézo en Rush Docs/FAH, pour accompagner les projets dans leur développement et leur production.

 

Lire aussi : Rachel Kpizing : L’irrésistible amour du micro et de la caméra

 

La productrice-réalisatrice Evelyne AGLI a, elle aussi, apporté son soutien au projet « Kpakliyao », porté par une jeune Béninoise. Elle a surtout plaidé pour une synergie entre professionnels africains afin de favoriser la coproduction des films documentaires des jeunes du continent, en mutualisant les moyens disponibles et en mobilisant davantage les partenaires financiers.

Vue partielle de l’assistance

À cette chaîne d’accompagnement s’ajoute l’engagement de Daniel ATCHALI, promoteur d’ICC, qui doit intervenir sur l’accompagnement post-production des projets sélectionnés.

La cérémonie a également enregistré la participation de KLEROS ENYAVI, acteur et comédien professionnel, représentant le directeur du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNCIA).

Au-delà des distinctions, le Festival KATUU aura posé une question essentielle : comment faire en sorte qu’un talent découvert en formation puisse réellement aller jusqu’à la production de son œuvre ? Cette 5ème édition apporte une réponse concrète : par la formation, la transmission, la mise en réseau des professionnels et la mobilisation de ressources pour accompagner les projets.

Pour KATUU, « reprendre l’image », c’est donc aussi donner aux jeunes femmes les moyens de devenir actrices de leurs propres récits et de poursuivre leur histoire au-delà du festival.

 

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Helly GBENE

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