Le président colombien Gustavo Petro a déclaré mardi 10 février avoir été la cible d’une tentative d’assassinat lors d’un déplacement en hélicoptère effectué la veille dans le département de Córdoba, sur la côte caraïbe. L’annonce a été faite au cours d’un conseil des ministres retransmis en direct.
Selon le chef de l’État, l’appareil qui le transportait n’a pas pu atterrir comme prévu en raison d’un risque sécuritaire identifié par son équipe, qui redoutait des tirs contre l’hélicoptère. « Nous avons dû nous éloigner pendant près de quatre heures et rejoindre un autre lieu, afin d’éviter qu’on ne m’abatte », a-t-il expliqué.
Au pouvoir depuis 2022, Gustavo Petro affirme depuis plusieurs mois que des réseaux criminels liés au narcotrafic projettent de l’éliminer. Parmi les acteurs soupçonnés figureraient des trafiquants opérant depuis l’étranger ainsi que des groupes armés locaux, notamment la principale dissidence des ex-Farc dirigée par Ivan Mordisco, considéré comme l’un des criminels les plus recherchés du pays.
Contexte de tensions sécuritaires
La région de Córdoba est notamment marquée par la présence du Clan del Golfo, principal cartel de drogue colombien. La semaine dernière, ce groupe a annoncé la suspension des pourparlers de paix engagés avec le gouvernement au Qatar depuis septembre. Cette décision faisait suite à une rencontre à Washington entre Gustavo Petro et le président américain Donald Trump, au cours de laquelle les deux dirigeants ont convenu d’intensifier les actions militaires contre trois chefs d’organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue, dont Chiquito Malo, leader du Clan del Golfo.
Premier président de gauche de l’histoire colombienne, Gustavo Petro avait déjà évoqué en 2024 une tentative d’assassinat présumée. Ses déclarations interviennent dans un climat de recrudescence des violences politiques, à trois mois de l’élection présidentielle. La Constitution colombienne interdit au chef de l’État sortant de briguer un second mandat.
Libération d’une sénatrice indigène
Par ailleurs, le ministre de la Défense a annoncé la libération d’Aida Quilcué, sénatrice indigène de 53 ans, enlevée plus tôt dans la journée de mardi dans le département du Cauca, région du sud-ouest connue pour sa production de coca et la présence de groupes armés. Selon les autorités, l’élue et ses gardes du corps sont sains et saufs. Les circonstances précises de sa libération n’ont pas été détaillées.
La Colombie demeure marquée par une longue histoire de violences politiques. Au fil des décennies, de nombreux responsables publics, militants sociaux et candidats à la présidence ont été assassinés, victimes de narcotrafiquants, de groupes paramilitaires ou d’acteurs armés liés au conflit interne.
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