Devoir de mémoire : 28 septembre 1994 décès d’Abeti Masikini : la diva congolaise qui a marqué à jamais la musique africaine
L’Afrique pleurait ce jour-là l’une de ses plus grandes voix : Abeti Masikini, de son vrai nom Elisabeth Finant, s’éteignait à l’âge de 40 ans, après plus de vingt ans d’une carrière musicale brillante et pionnière. Véritable icône de la musique congolaise moderne, Abeti Masikini laisse derrière elle un héritage artistique immense, mêlant soukous, rumba, funk et rythmes afro-caribéens, et ouvrant la voie à toute une génération d’artistes féminines africaines.
Une artiste aux multiples visages
Née en 1954 à Stanleyville (aujourd’hui Kisangani), Abeti Masikini est la fille du célèbre homme politique Jean-Pierre Finant, ancien gouverneur de la Province Orientale du Congo. Très tôt, elle se passionne pour le chant et la scène.
Au début des années 1970, elle se fait remarquer à Kinshasa par sa voix puissante et sa présence scénique magnétique. En 1971, elle fonde son propre orchestre, Les Redoutables d’Abeti, et s’impose comme l’une des premières femmes à diriger un groupe dans un univers musical dominé par les hommes.
Une vie entre musique et amour
Abeti Masikini a partagé sa vie avec son producteur de mari, le Togolais, Gérard Akuesson, avec qui elle a eu quatre enfants. Ce mariage a contribué à renforcer ses liens avec l’Afrique de l’Ouest, notamment le Togo et le Bénin, où sa musique a connu un immense succès.
Ses chansons évoquaient souvent la liberté, la dignité des femmes, l’amour et l’unité africaine — des thèmes qui lui ont valu un attachement particulier du public africain et de la diaspora.
Une discographie riche et influente
En plus de ses prestations scéniques énergiques et de ses costumes flamboyants, Abeti Masikini laisse une discographie impressionnante, composée de plus de 20 albums. Parmi les plus marquants :
–Abeti (1971) – son premier album, qui révèle une voix exceptionnelle et un style original.
–Bwana (1975) – un succès continental qui la propulse sur la scène internationale.
–Je Suis Fâchée (1978) – un classique aux sonorités rumba et afro-funk.
–La Reine de la Musique Africaine (1980) – album qui lui vaut une reconnaissance panafricaine.
–Motema Pasi (1983) – un titre poignant sur la douleur et la résilience.
–Cherie Abeti (1985) – où elle explore davantage le mélange de rythmes modernes et traditionnels.
–Souviens-toi d’Afrique (1987) – un hommage vibrant au continent noir et à ses racines.
–Abeti Live à Paris (1990) – un album enregistré en public qui témoigne de sa puissance scénique.
Ses titres phares comme « Ata Ndele », « Nzambe Na Bomoyi », « Bwana », « Masikini », ou encore « Je Suis Fâchée » continuent d’être diffusés sur les radios africaines, preuve de la longévité de son œuvre.
Un héritage vivant
Abeti Masikini a ouvert la voie aux divas africaines telles que Mbilia Bel, Tshala Muana, Angélique Kidjo, Miriam Makeba ou Barbara Kanam.
Pionnière du spectacle moderne africain, elle a su fusionner tradition et modernité, intégrant chorégraphies, costumes et mise en scène dans ses concerts — une innovation rare à son époque.
Son décès en région parisienne, le 28 septembre 1994, a laissé un grand vide, mais son influence continue de briller dans la musique africaine contemporaine. Des hommages lui sont régulièrement rendus au Congo, au Togo, et dans plusieurs capitales du monde.
Une légende à jamais inscrite dans l’histoire de la musique africaine
Plus de trente ans après sa disparition, Abeti Masikini demeure une figure emblématique. Ses chansons continuent d’émouvoir, d’inspirer et de rappeler le pouvoir de la musique comme instrument d’unité et de liberté.
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Albert AGBEKO
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