Le 29 avril 2024, a eu lieu au Togo des élections législatives couplées à des élections régionales.
Comme à l’accoutumée, ces élections se sont tenues après un recensement électoral délibérément saboté où à peine seulement 50% des potentiels électeurs ont été enrôlés dans un cafouillage savamment organisé. Le reste des citoyens ont été royalement renvoyés chez eux.
Les nombreux et incessants appels de ce qui reste de l’opposition en direction du pouvoir à rallonger l’enrôlement ne trouveront guère d’écho favorable de la part de la dictature.
Gerry Komandega Taama dira que le Togo est dans la norme des enrôlements dans les pays de la sous-région et qu’il n’y trouve aucun inconvénient. Comme si le pouvoir avait peur d’inscrire les citoyens sur la liste électorale pour se faire battre copieusement par la suite.
Une grande campagne vuvuzela fut menée tambour battant par le pouvoir qui envahit tout le pays de ses couleurs bleu et blanc. Dieu aidant, les élèves étaient en congés à l’époque, histoire de les ramasser et de les tasser sur des camions-plateau qui sillonnent le pays dans un grand tintamarre.
A l’époque, le coup d’état constitutionnel était en cours. La constitution de contrebande était adoptée par l’Assemblée nationale en fin de mandat mais elle a été récupérée par qui de droit pour soi disant la parfaire avant de la promulguer.
Pour cette raison, le texte était dans les coffres forts et aucune version officielle n’était publiée, même pas celle adoptée par l’assemblée sortante.
L’enjeu de cette élection était donc de taille et s’apparentait à un référendum contre le coup d’état en cours.
Les auteurs et défenseurs du coup dont Gerry Komandega Taama, Abass Kaboua et Innocent Kagbara mis à contribution pour faire le sale boulot en lieu et place des véritables commanditaires et bénéficiaires du coup ont fait tellement de bruit pendant la campagne. Le plus en vue était Gerry Komandega Taama qui croyait avoir conquis l’Est-Mono qu’il considérait exagérément comme son fief. Puisqu’il y avait été nommé député en 2018. C’était donc à tort ou à raison.
Le vote s’est déroulé dans les conditions habituelles des élections au Togo: distribution d’argent et de gadgets, achat des consciences, bourrage des urnes, votes multiples, vote des mineurs, vote d’étrangers, inversion des résultats, falsification des PV, abondance des votes par procuration, bulletins prévotés remis aux votants, intimidations, menaces sur les représentants des partis de l’opposition, votes dans des bureaux parallèles installés dans des domiciles privés et dans la cour de certains chefs, etc. Tous les rapports dressés par des organisations indépendantes font état de ces anomalies graves. Aucune organisation de la société civile n’a d’ailleurs été autorisée à observer le scrutin. Il a été demandé à celles qui en ont fait la demande de révéler leurs sources de financement. Dans le financement des partis politiques, c’est le pouvoir qui s’est toujours taillé la part du lion, et pourtant, tous les moyens de l’Etat étaient déjà à leur disposition, tout l’argent du contribuable volé et pillé était déjà disponible pour eux.
Eu égard aux enjeux, le pouvoir ne pouvait pas procéder autrement.
Le peu de citoyens enrôlés ont voté contre le coup d’état en cours. Naturellement. Mais rien n’y fit. Les résultats habituellement préfabriqués disponibles dans les mémoires des ordinateurs du pouvoir ont été sortis et publiés.
Les vrais résultats sortis des urnes quoique connus par le pouvoir ne seront jamais dévoilés.
Et comme on pouvait s’y attendre, sur les 113 députés à élire, le pouvoir s’attribue 108 et fait tomber sous sa table les miettes à l’opposition à qui elle accorde gracieusement et par pitié 5 sièges !!!
Tellement les Togolais sont masochistes et adorent tant la douleur pour aimer autant leur bourreau qu’ils renforcent en lui demandant de leur faire plus mal qu’avant !
Véritable insulte de plus à l’intelligence du peuple si averti.
Grosse surprise, aucun des vaguemestres qui ont fait du vuvuzela pour le pouvoir n’a été récompensé. Pas un seul. La désillusion de Gerry Komandega Taama, de Kagbara Innocent, de Abass Kaboua, de Séna Alipui et de leurs ouailles était cuisante. Ils étaient tous rangés au placard en attendant une hypothétique nomination comme sénateur.
Et Gerry Komandega Taama, au lieu de la boucler pour attendre comment il pourrait être récompensé, s’empresse de publier sur sa page Facebook un gros diatribe contre le pouvoir qu’il accuse de l’avoir spolié de son siège de député de l’Est-Mono. Il ira plus loin en exprimant son exaspération pour la politique au Togo, déclare mettre fin à sa vie politique par déception tout en invitant la jeunesse à ne point s’y aventurer au risque de n’y voir que de la fumée.
Dans sa publication sur Facebook, il exprima sa rage contre le pouvoir qu’il accuse de lui avoir fait perdre beaucoup d’argent et d’énergie dans la campagne pour se retrouver humilié à la fin avec cette défaite qui lui a été collée. Il déclarera qu’il se consacrait désormais à ses affaires de vente de caméra de surveillance et de gardiennage et de sécurité.
Ce post sur Facebook provoquera le courroux de ses maîtres qui l’ont fiché comme l’un de leurs détracteurs. Pour cela, ils ont juré de lui rendre la monnaie de sa pièce.
Au lendemain de cette élection, le pouvoir envoie ses sbires envahir tous les médias du pays pour vanter leur « très grande popularité » et « le grand rejet de l’opposition » par la population. D’aucuns parmi eux diront même que l’opposition n’existe plus dans le pays et ont lancé un appel d’offres pour le recrutement d’opposants car disaient-ils, le pays est en démocratie et a besoin d’une opposition.
108 députés sur 113? Le pouvoir a frappé fort, très très fort cette fois-ci quand même.
Autant prendre les 5 sièges restant pour s’attribuer 100% des sièges, diront certains candidats à qui les miettes de siège ont été attribués avec compassion et magnanimité.
L’opposition, en tous cas ce qu’il en restait, fortement affaiblie par cinq ans d’interdiction de toute activité politique dans le pays n’avait que les apparences d’un lion édenté face à une gazelle.
Quand au peuple, exténué et usé par les hold-up électoraux, il se résigna comme pour dire « qu’ils fassent ce qu’ils veulent, on ne veut plus mourir sous les balles de leurs milices ». Tellement ce peuple a voté pour le changement sans que jamais, les vrais résultats des urnes n’aient été publiés.
Quand aux autres perdants du pouvoir, ils vont savoir prendre leur mal en patience et attendre leur moment.
Les voilà tous nommés sénateurs à l’exception de Gerry Komandega Taama sanctionné pour avoir mis le cul du pouvoir sur la place publique.
Parce qu’un peuple sans histoire est comme un monde sans âme…
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