Aceh (Indonésie) – La scène a choqué bien au-delà des frontières indonésiennes. Un couple musulman a été publiquement fouetté 140 fois chacun dans la province d’Aceh, la seule région d’Indonésie à appliquer strictement la loi islamique (charia). Les faits se sont déroulés jeudi dernier à Banda Aceh, sous les yeux d’une foule nombreuse.
Selon les autorités locales, l’homme et la femme ont été reconnus coupables d’avoir entretenu des relations sexuelles hors mariage et d’avoir consommé de l’alcool, deux infractions sévèrement sanctionnées par le code pénal islamique en vigueur dans cette province. La peine infligée se décompose en 100 coups de fouet pour relations sexuelles hors mariage et 40 coups pour consommation d’alcool.
Une punition exécutée en public
La flagellation a été exécutée en plein air par la police religieuse, à l’aide d’une canne en rotin, conformément aux règles locales. Les coups ont été portés dans le dos des condamnés. Selon plusieurs médias internationaux, la femme s’est évanouie à l’issue de la sanction et a dû être prise en charge par les services de secours.
Le chef de la police locale a justifié cette décision en déclarant : « Nous n’appliquons aucune exception. La loi est la même pour tous. »
Il a également confirmé qu’un policier avait été fouetté le même jour pour des faits similaires, afin de démontrer l’égalité de traitement devant la loi.
Aceh, une exception juridique en Indonésie
Majoritairement musulmane, l’Indonésie est pourtant un État laïc. La province d’Aceh bénéficie toutefois d’un statut d’autonomie spéciale depuis 2001, lui permettant d’appliquer la charia dans certains domaines du droit pénal. Les châtiments corporels, bien que controversés, y sont légalement autorisés.
Les autorités locales affirment que ces punitions sont soutenues par une partie de la population, qui les considère comme un moyen de préserver l’ordre moral et les valeurs religieuses. À chaque exécution publique, des habitants se rassemblent pour assister aux sanctions.
Condamnations internationales récurrentes
Ces pratiques sont régulièrement condamnées par les organisations de défense des droits humains, qui les qualifient de traitements cruels, inhumains et dégradants. Des ONG internationales appellent depuis plusieurs années à l’abolition des châtiments corporels à Aceh, sans succès notable jusqu’à présent.
Ce nouvel épisode relance le débat sur la compatibilité entre les lois religieuses locales, les droits fondamentaux et les engagements internationaux de l’Indonésie en matière de droits humains.
Sources: CBS News


