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Interview de la S.G Sariac-Togo Laurence Montcho : « Les musiciens doivent être reconnus et protégés »

 

La Secrétaire Générale du Syndicat des Artistes, Interprètes, Auteurs et Compositeurs du Togo (SARIAC-TOGO) a participé au 23ème Congrès de la Fédération Internationale des Musiciens  (FIM).   Les travaux qui se sont déroulés les 25, 26 et 27 juin 2025 à Genève, ont tourné essentiellement sur le statut des musiciens. Dans cette interview, l’artiste Laurence Montcho nous présente la FIM, un résumé du Congrès ainsi que les contributions du Togo à ses assises.

Laurence Montcho, vous venez de participer au 23ème Congrès de la FIM. Dites-nous d’abord, qu’est-ce qu’est la FIM et quels sont ses objectifs ?

Laurence Montcho : Pour faire bref, la Fédération Internationale des Musiciens , FIM est fondée en 1948. Elle représente au niveau mondial les syndicats de musiciens et leurs organisations représentatives équivalentes. À ce jour, elle compte environ 70 membres dans 60 pays. Elle a pour but de sauvegarder et de développer les intérêts d’ordre économique, social et artistique des musiciens représentés par ses associations membres.

En tant qu’organisation non gouvernementale, la FIM est en relation permanente avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle( OMPI). Elle est reconnue et consultée par le Conseil de l’Europe, la Commission européenne et le Parlement européen. La FIM a donc la possibilité de participer aux négociations internationales sur la protection des artistes interprètes et d’y faire entendre la position des musiciens.

La FIM est membre du Conseil International de la Musique (CIM). Elle collabore également avec toutes les organisations nationales et internationales représentant les intérêts des travailleurs artistiques. Avec la Fédération internationale des acteurs (FIA), et la Fédération UNI des médias et du spectacle (UNI‐MEI), elle a créé l’Alliance internationale des arts et du spectacle (IAEA). L’IAEA est membre du Conseil des fédérations mondiales sectorielles, ( CGU). 

La FIM entretient des liens étroits avec les sociétés de gestion collective.

Quel résumé pouvez-vous nous faire des travaux du 23ème Congrès de la FIM auquel vous avez participé ?

Laurence Montcho : Le 23ème Congrès de la FIM a duré trois (03) jours à Genève au Centre International de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Rappelons au passage que le Directeur du Bureau International du Travail (BIT) n’est autre que l’ancien Premier ministre du Togo Gilbert Houngbo. Les débats ont tourné essentiellement sur des thèmes critiques ayant un impact sur la main d’œuvre musicale mondiale.

Le Congrès a affirmé la position selon laquelle, les musiciens ne sont pas seulement des artistes, mais constituent un segment puissant de la main d’œuvre mondial. Il a réitéré l’importance de maintenir les intérêts des musiciens en haut de l’agenda international du travail. Les musiciens contribuent aux économies, aux identités nationales et à la richesse culturelle, et doivent donc être reconnus et protégés en tant que travailleurs ayant tous les droits du travail, y compris les salaires décents, les conditions de travail sures et les protections sociales.

Sur le plan des textes, le Congrès a procédé à des amendements des statuts de la FIM, puis à l’adoption d’une vingtaine de motions, ayant pour centre d’intérêts  la propriété intellectuelle avec l’Intelligence artificielle (IA), l’Egalité et autres droits fondamentaux des musiciens, Organisation et stratégie….   

Ce Congrès a été une totale réussite au plan de l’organisation. Je saisi l’occasion pour féliciter nos collègues de la SMV/USDAM (Suisse)  et le S.G.A de la FIM Thomas Dayan . Je souhaite plein succès au nouveau Bureau exécutif élu à l’issue des travaux.

Quelles ont été les contributions notables du SARIAC au cours de ce Congrès.

Laurence Montcho : Comme tous les autres participants, le SARIAC a activement participé aux travaux ; à toutes les délibérations. Nous disposions de trois (03) voix. Ensemble avec le groupe africain, nous avons porté une motion sur la formation et le soutien des bureaux des femmes dans les syndicats. Une motion qui a été soutenu par la Pologne entre autres, et adoptée à l’unanimité du Congrès.

Le SARIAC est intervenu lors des débats pour l’adoption de la motion N° 15,  pour partager le cas togolais qui a connu une avancée en 2016, avec l’adoption de la loi portant Statut de l’Artiste. Une loi qui procède de la volonté politique du Président de la République à qui nous avons exprimé ce besoin lors d’une audience qu’il nous a accordée (Basile Adéwussi, Loko Lonlonyo, et moi-même) après une présentation de vœux de fin d’année. Après, tout est allé vite avec l’adoption par le Parlement suivie de la promulgation de cette loi par le Président  Faure Gnassingbé.

A travers la  motion N°15, le Congrès  appelle les gouvernements à reconnaître officiellement les musiciens comme des travailleurs dans le cadre de leur législation nationale du travail. Cette reconnaissance devrait garantir leur droit à des contrats équitables, à la sécurité sociale et à des conventions collectives. Elle doit également garantir la capacité de tous les musiciens – y compris les freelances et les artistes indépendants – à former des syndicats et à y adhérer dans le but de défendre des conditions de travail et des protections équitables

Au Togo, malgré l’existence de la loi portant statut de l’Artiste qui accorde des droits spécifiques aux artistes dans le domaine du contrat équitable et de la protection sociale, les artistes togolais  ne jouissent pas encore de ses avantages. Parce qu’il resterait des textes d’application à prendre. Nous avons estimé que cette motion en plus de la Convention N° 98 de l’OIT, va nous renforcer dans nos plaidoyers auprès du Gouvernement. Nous allons approcher les organisations représentatives des musiciens et certaines figures de la musique togolaise afin de faire aboutir ce processus déjà entamé au niveau du Togo.  

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