La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) accélère l’opérationnalisation de sa force en attente dédiée à la lutte contre le terrorisme. À l’issue d’une réunion de haut niveau tenue les 28 février et 1er mars à Freetown, au lendemain d’un conclave des chefs d’état-major ouest-africains, les États membres ont validé les grandes lignes d’un dispositif militaire régional.
D’après un haut responsable militaire nigérian cité par l’AFP, les discussions ont permis de « définir l’architecture d’une force destinée à combattre le terrorisme ». Plusieurs pays ont déjà indiqué les volumes de troupes qu’ils pourraient engager. Dans une phase initiale, environ 2 000 soldats seraient ainsi mobilisables pour répondre aux menaces sécuritaires croissantes en Afrique de l’Ouest.
Un mécanisme de déploiement rapide
Conçue comme une force « en attente », l’unité sera constituée de contingents prépositionnés dans leurs États d’origine, prêts à intervenir en cas de besoin. Ce projet, envisagé depuis plusieurs années, intervient dans un contexte marqué par l’intensification des attaques jihadistes et l’extension des groupes armés dans plusieurs zones de la sous-région.
Selon une source officielle sierra-léonaise, une base logistique devrait être établie en Sierra Leone afin de soutenir les opérations. Les modalités de financement restent toutefois en discussion. À ce stade, l’organisation n’a pas encore publié de communiqué détaillant formellement les décisions adoptées.
Les chefs militaires ont dressé un état des lieux jugé préoccupant, évoquant la progression de la menace terroriste, l’expansion de la criminalité transnationale organisée et les défis persistants en matière de sécurité maritime. Ils ont également souligné l’importance de préserver la stabilité institutionnelle et d’éviter toute rupture de l’ordre constitutionnel.
Une coordination envisagée avec l’AES
La coopération avec Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger après leur retrait de la Cedeao, a également été évoquée. Ces trois pays occupent une position stratégique au Sahel, considéré comme le principal foyer des opérations djihadistes dans la région.
Un chef d’état-major ouest-africain a indiqué qu’un consensus existait parmi les dirigeants pour associer les États de l’AES au mécanisme envisagé. L’objectif affiché est de privilégier une réponse concertée et coordonnée face à une menace transfrontalière qui dépasse les cadres nationaux.
Par cette initiative, la CEDEAO entend renforcer son dispositif collectif de sécurité et affirmer son rôle central dans la stabilisation de l’espace ouest-africain.
AGBEGNIGAN YAOVI


