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Lomé sous le choc après le concert controversé de Himra

 

Le concert de l’artiste ivoirien Himra, tenu le 4 avril 2026 au stade omnisports de Lomé, suscite une vive controverse. Scènes jugées obscènes, indignation populaire, réactions contrastées et silence des autorités alimentent un débat profond sur la préservation des valeurs culturelles au Togo.

 

Un spectacle qui choque l’opinion publique

Dans les années 2000, le groupe ivoirien de danseuses Mapouka, célèbre pour ses déhanchements suggestifs, avait vu son concert interdit au Togo. Aujourd’hui, cependant, le pays semble être devenu une porte ouverte à toutes les formes de dépravation, de débauche et d’immoralité. Sur les médias comme dans les lieux publics, les actes contraires aux valeurs sociales atteignent leur paroxysme. Le plus souvent, ce sont des artistes — pourtant censés être les porte-flambeaux de notre culture — qui foulent aux pieds les valeurs de la société togolaise sans susciter la moindre indignation.

Il y a quelques années déjà, un artiste togolais avait défrayé la chronique en interprétant des chansons obscènes en milieu scolaire. Plus récemment, le 4 avril 2026, le concert de l’artiste Himra, largement médiatisé pendant près de six mois à travers les réseaux sociaux, les médias traditionnels et les influenceurs, avec l’appui de nombreux partenaires, a porté un coup dur à la culture et aux valeurs togolaises.

En effet, ce spectacle, qui s’est tenu au stade omnisports de Lomé, s’est transformé en véritable scène de débauche. Sur scène, des danseuses sont apparues presque entièrement dénudées, exécutant des mouvements à forte connotation sexuelle et simulant des actes intimes devant le public.

À un moment, un homme assis dans un fauteuil est rejoint par une danseuse qui s’installe sur lui, effectuant des mouvements de hanches suggestifs, donnant l’impression d’une scène intime reproduite en plein spectacle. Pour de nombreux observateurs, ces séquences dépassent largement le cadre du divertissement et s’apparentent à une dérive vers l’indécence.

Dès lors, une question fondamentale se pose : qui a validé une telle dérive ? Et pourquoi l’artiste a-t-il été autorisé à poursuivre sa prestation alors que le public exprimait son ras-le-bol ?

Autant de questions qui demeurent, à ce jour, sans réponse. Si ce n’est qu’au lendemain du concert, l’artiste Anodaboy a présenté ses excuses au public et aux autorités, suivi 48 heures plus tard par CDK Group, l’entreprise organisatrice.

 

Silence des autorités et réaction controversée

Du côté des autorités, interpellées par l’opinion publique, c’est le silence total. Toutefois, une réaction a surpris plus d’un. Elle émane de Kayi Dogbé, actrice de la société civile bien connue au Togo. Dans une publication faite sur sa page Facebook au lendemain du concert, alors que les images des scènes jugées obscènes choquaient encore l’opinion, Mme Dogbé s’est réjouie de l’événement.

« Concert Himra au Togo, high level débloqué avec succès, well done CDK Group. Vous nous avez rendus fiers. Un défi de taille relevé avec brio », écrit le PDG de KD Group. Cette prise de position interroge. Son groupe (KD Group) entretient-il un lien direct ou indirect avec CDK Group ? Difficile à établir.

Quoi qu’il en soit, sa réaction tranche avec l’indignation générale et soulève des interrogations : comment cette dame influence peut-elle  approuver ce que la majorité désapprouve ? Certains vont jusqu’à suggérer une orchestration en coulisses, évoquant des déclarations antérieures d’un artiste togolais de renom aujourd’hui en disgrâce, qui affirmait avoir été encouragé par des autorités à emprunter une telle voie.

Au Togo, se dénuder en public — en particulier pour une femme — est traditionnellement perçu comme une malédiction, notamment lorsqu’il s’accompagne de l’incantation « hélou ! hélou loooo ! ». On se souvient encore des réactions suscitées lorsque des femmes de l’opposition avaient menacé de manifester en tenue d’Ève dans les rues de Lomé : de nombreuses voix s’étaient élevées pour appeler à la retenue.

 

Une polémique aux relents de planification ?

Dans ce contexte, le silence des autorités face à ce qui peut être perçu comme une profanation d’un lieu symbolique — le stade — et en présence de mineurs, ne manque pas de susciter des interrogations.

À l’analyse, au regard de l’ampleur de la communication et de la mobilisation inédites autour de cet événement, il est difficile de ne pas y voir une certaine planification. Car il est peu plausible que d’importants moyens aient été mobilisés pour un spectacle dont l’image retenue par l’opinion se limite à des scènes à forte connotation sexuelle, reléguant au second plan toute dimension artistique.

 

Au-delà de la polémique, une évidence s’impose : une société qui banalise l’indécence finit par perdre ses repères. L’art, aussi libre soit-il, ne peut prospérer durablement en rupture totale avec les valeurs qui fondent le vivre-ensemble. À vouloir tout tolérer au nom du spectacle, le risque est grand de sacrifier l’essentiel : l’identité culturelle et la dignité collective. Le véritable défi pour le Togo n’est donc pas de censurer, mais de trouver l’équilibre juste entre liberté artistique et responsabilité sociale.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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