Togo : Dominique Rouyar réclame la libération de son fils Steeve, détenu depuis plus de 90 jours à Lomé
Cela fait désormais 97 jours que le Guadeloupéen Steeve Rouyar, expert-comptable et commissaire aux comptes, est incarcéré au Service central de recherche et d’investigations criminelles (SCRIC) à Lomé. Arrêté en marge des manifestations du 6 juin dernier, il est accusé d’« atteinte à l’ordre public » et de « complot contre l’État togolais ». Des charges que sa famille qualifie d’infondées. Son père, Dominique Rouyar, lance un nouvel appel à sa libération et dénonce des conditions de détention qu’il juge « inhumaines ».
Un projet professionnel tourné vers l’Afrique de l’Ouest
Arrivé à Lomé le 15 novembre 2024, Steeve Rouyar avait pour ambition de créer un cabinet d’expertise comptable au Togo, puis au Bénin. « Son objectif était clair : développer son activité, partager son expérience et établir des partenariats durables dans la région », rappelle son père.
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Après avoir rompu sa collaboration avec un associé togolais dépourvu d’agréments, Steeve avait poursuivi seul son projet. Début juin 2025, il annonçait avoir trouvé un local pour installer son bureau. Mais le 6 juin, son parcours a brutalement basculé.
Une arrestation jugée arbitraire
Ce jour-là, après une nuit de travail en télétravail avec la Guadeloupe, Steeve est invité par une connaissance à rejoindre une manifestation contre le régime du Président du conseil des ministres, Faure Gnassingbé, à Lomé. Plus d’une cinquantaine de personnes sont interpellées, mais toutes seront libérées sauf trois — parmi elles, Steeve Rouyar.
« Ce n’est que quatre jours plus tard, le 10 juin, que nous avons appris son arrestation », relate Dominique Rouyar. L’ambassade de France a confirmé sa détention le 11 juin. Depuis, l’expert-comptable a été présenté deux fois devant un juge d’instruction, sans que ses demandes de liberté provisoire ne soient acceptées.
Des conditions de détention dénoncées
Le père de Steeve dénonce une incarcération dans des conditions « indignes » :
-cellule surpeuplée avec 11 codétenus,
-absence de promenade régulière,
-couchage inexistant,
-alimentation insuffisante, parfois inexistante,
-détention dans l’obscurité.
« Même la natte qui lui avait été donnée par l’ambassade lui a été retirée », regrette-t-il. Selon lui, la santé de son fils se dégrade de jour en jour.
Une mobilisation en Guadeloupe et en France
La famille Rouyar a multiplié les démarches : sollicitations de l’ambassade et du consulat de France, interventions des députés et du sénateur de Guadeloupe, alertes adressées au ministère français des Affaires étrangères. Des avocats ont également été mobilisés, au Togo comme en France.
En juillet, une délégation parlementaire de la Guadeloupe a été reçue au Quai d’Orsay, mais sans résultats concrets. Le 24 août, les autorités togolaises ont évoqué un possible transfert en prison civile, mais la famille doute que cela constitue une réelle amélioration.
« Nous demandons sa libération immédiate »
« Ce que nous demandons, c’est la fin immédiate de ces conditions inhumaines de détention, la remise en liberté de mon fils, la levée de toutes les charges et son retour en Guadeloupe », plaide Dominique Rouyar.
Un appel à la solidarité a été lancé : la famille invite à participer aux futures réunions publiques et à rejoindre une chaîne WhatsApp dédiée pour suivre l’évolution du dossier.
« Steeve n’est pas seulement mon fils, c’est un père, un chef d’entreprise, un citoyen français respecté. Son seul tort a été de croire en son projet et d’avoir voulu bâtir un avenir en République togolaise », conclut son père.
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Francine DZIDULA
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