Attaque présumée par drone à Kpalimé : Maître Jean Yaovi Degli dénonce un « déni de justice »
L’affaire continue de susciter des interrogations. Sept mois après une attaque présumée par drone contre sa résidence privée à Kpalimé, l’ancien ministre et président du mouvement politique « Bâtir le Togo », Jean Yaovi Degli, dénonce ce qu’il qualifie de « déni de justice » et d’obstruction systématique à la manifestation de la vérité.
Dans un communiqué rendu public, l’avocat affirme qu’un drone aurait déversé une substance toxique sur sa propriété le 8 novembre 2025, provoquant la mort de plus de 1 300 poissons et contaminant plusieurs espaces de sa résidence située dans le quartier Kligue Kondji à Kpalimé.
Une attaque préparée selon les déclarations de l’ancien ministre
Selon Maître Degli, l’opération aurait été précédée d’un repérage effectué par le drone la veille, le 7 novembre 2025, aux environs de 20 heures. L’appareil, décrit comme un drone de grande taille équipé de bras d’environ un mètre, aurait transporté des sachets contenant une poudre blanche toxique.
Le plus jeune ministre de la Transition démocratique au Togo explique que l’engin se serait positionné au-dessus des palmiers surplombant les bassins piscicoles avant de libérer son contenu. La substance aurait ensuite contaminé les bacs à poissons ainsi que des noix de palme, des fougères et d’autres végétaux présents dans la propriété.
Outre les poissons, d’autres animaux auraient succombé dans les jours et semaines ayant suivi l’incident, selon le communiqué.

Des menaces antérieures évoquées
Maître Degli affirme avoir reçu plusieurs semaines avant les faits des informations faisant état de menaces précises contre sa personne. Ces avertissements seraient liés, selon lui, à ses prises de position sur des questions locales concernant certains quartiers et cantons de la ville de Kpalimé.
Ces informations l’auraient conduit à prendre des mesures préventives, notamment en protégeant certains bassins piscicoles et abris d’animaux.
Des preuves remises à la justice
L’ancien ministre indique avoir saisi immédiatement le parquet après avoir été alerté par le gardien de sa résidence. Une plainte orale a été déposée le 8 novembre avant une plainte écrite introduite le 10 novembre 2025.
Selon ses déclarations, plusieurs éléments de preuve ont été transmis aux autorités : plus de 1 300 poissons morts ; un sachet contenant la substance suspecte ; des échantillons de végétaux contaminés ; des photographies ; des enregistrements vidéo ; les noms de certains suspects présumés.
Il affirme également que des prélèvements ont été effectués à deux reprises afin de permettre des analyses scientifiques.
Disparition de preuves et blocage judiciaire dénoncés
L’un des points les plus sensibles du dossier concerne la disparition présumée d’échantillons destinés à l’enquête. Le président du Front Sage soutient que les poissons prélevés ainsi que plusieurs éléments végétaux contaminés auraient disparu des dossiers plusieurs mois après les faits.
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Il affirme qu’aucune analyse toxicologique n’a encore été réalisée pour déterminer la nature exacte de la substance utilisée ni son origine.
L’ancien ministre déplore également l’absence d’investigations approfondies malgré la gravité des accusations formulées.

Deux catégories de suspects visées
Selon Maître Degli, les personnes qu’il soupçonne se répartissent en deux groupes :
-des citoyens ordinaires pouvant être poursuivis dans le cadre de la procédure classique ;
-des responsables politico-administratifs bénéficiant d’une immunité de juridiction.
Il explique avoir volontairement scindé ses plaintes afin de permettre l’ouverture rapide des investigations contre les personnes ne bénéficiant d’aucune protection juridique.
Cependant, il estime que les procédures ont été bloquées dès lors que des personnalités protégées ont été mises en cause.
Appel aux autorités et à la communauté internationale
Face à ce qu’il considère comme une entrave à la justice, Maître Degli annonce se réserver le droit d’engager de nouvelles actions dans les prochains jours. Il affirme également vouloir révéler davantage d’informations sur les personnes qu’il accuse de participer à une « machination » visant à étouffer l’affaire.
L’ancien ministre dit prendre à témoin les plus hautes autorités togolaises, le peuple togolais ainsi que la communauté internationale, tout en réclamant le respect de ses droits fondamentaux et la poursuite effective des investigations.
Une affaire qui soulève de nombreuses questions
À ce stade, les accusations portées par Maître Jean Yaovi Degli n’ont pas encore donné lieu à des conclusions officielles d’enquête permettant d’établir les responsabilités ou de confirmer la nature exacte de l’incident dénoncé.
L’affaire demeure néanmoins particulièrement sensible en raison des allégations portant sur l’utilisation d’un drone, la disparition présumée de preuves et les accusations de blocage judiciaire formulées par l’ancien ministre.
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Albert Akouété AGBEKO
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