Coupures d’électricité et hausse du kWh : la LCT réclame des Assises nationales de l’eau et de l’énergie
Face à la multiplication des coupures d’électricité et aux informations faisant état d’une nouvelle hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité, la Ligue des consommateurs du Togo (LCT) monte au créneau. Dans un communiqué publié ce lundi 2 novembre 2026, son président, Dr Emmanuel Sogadji, dénonce la dégradation du service rendu aux usagers et demande au gouvernement de suspendre tout projet d’augmentation tarifaire. L’organisation plaide également pour des Assises nationales afin de repenser durablement les secteurs de l’eau et de l’énergie.
Le consommateur togolais doit-il payer davantage pour un service qui se dégrade ? C’est la question soulevée par la Ligue des consommateurs du Togo (LCT), préoccupée par la situation de l’approvisionnement en électricité dans le pays. Entre les interruptions répétées de la fourniture et la perspective d’une nouvelle augmentation du prix du kilowattheure (kWh), l’organisation estime que les ménages et les opérateurs économiques sont soumis à une pression financière difficilement soutenable.
Dans son communiqué n°12/2026/LCT/P du 2 novembre, la LCT dénonce les conséquences des coupures intempestives d’électricité sur les conditions de vie des populations et le fonctionnement des activités économiques. Les interruptions de courant occasionnent notamment des dommages aux appareils électroménagers, des pertes de denrées alimentaires et des dépenses supplémentaires pour les ménages contraints de recourir aux groupes électrogènes, aux bougies ou aux lampes.
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Les conséquences dépassent le cadre domestique. Les ateliers de soudure et de couture, les salons de coiffure, les petites et moyennes entreprises ainsi que les activités de restauration subissent directement les perturbations. L’organisation évoque également les risques liés à l’insécurité dans les quartiers plongés dans l’obscurité et les perturbations susceptibles d’affecter les centres de santé, les établissements scolaires et les services d’adduction d’eau.
Pour la LCT, ces désagréments constituent des préjudices pour lesquels les consommateurs ne bénéficient pas de compensations suffisantes. « Le consommateur paie pour un service continu et de qualité », rappelle-t-elle, considérant que chaque interruption non programmée représente un dommage pour l’usager.
La perspective d’une nouvelle hausse tarifaire contestée
La Ligue des consommateurs du Togo s’inquiète particulièrement de la perspective d’une augmentation du prix de l’électricité, dans un contexte marqué par la cherté persistante de la vie. Elle rappelle qu’en 2025, une hausse moyenne d’environ 12,5 % des tarifs de l’électricité avait été décidée par arrêté interministériel du 24 mars, sans concertation préalable avec les associations de consommateurs. Cette décision avait provoqué une vive contestation et conduit à une suspension partielle de la mesure.
Pour l’organisation, cet épisode devrait inciter les autorités à privilégier le dialogue avant toute nouvelle révision tarifaire. D’autant que les dépenses des ménages continuent de s’alourdir, notamment dans les domaines de l’alimentation, du transport, du logement et de la scolarité. La récente augmentation des prix des carburants, intervenue en septembre 2026, accentue également cette pression sur le pouvoir d’achat.
La LCT fait par ailleurs état d’informations persistantes évoquant des pressions du Fonds monétaire international (FMI) sur le gouvernement togolais en faveur d’une augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité. Sans présenter ces informations comme établies, elle demande aux autorités de clarifier publiquement les exigences éventuelles des partenaires financiers.
Si ces pressions étaient confirmées, l’organisation estime qu’une approche exclusivement comptable de ces services essentiels pourrait fragiliser davantage la cohésion sociale et l’économie nationale. Elle reconnaît les difficultés financières des secteurs concernés, mais refuse que les consommateurs deviennent les principaux contributeurs à la résorption de déficits dont ils ne sont pas responsables. Elle dénonce également l’impunité dont bénéficient les auteurs de détournements de deniers publics dans le secteur.
Des Assises nationales pour sortir de la crise
Au-delà de la contestation d’une éventuelle hausse tarifaire, la LCT propose une réflexion nationale sur l’avenir des secteurs de l’eau et de l’énergie. Elle demande l’organisation d’Assises nationales réunissant le gouvernement, les autorités de régulation, la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), la Société togolaise des eaux (TdE), les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, les syndicats et les associations de consommateurs.
L’objectif serait de parvenir à une politique énergétique et hydraulique durable, consensuelle et adaptée aux réalités économiques et sociales du Togo.
En attendant la tenue de ces assises, la Ligue formule plusieurs exigences : la suspension de tout projet d’augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité, la transparence sur les coûts réels des services et les engagements pris auprès des partenaires financiers, la mise en œuvre d’un programme public de réduction des coupures ainsi que la préservation et l’élargissement de la tranche sociale.
En se déclarant disponible pour un dialogue constructif, la LCT invite également les consommateurs à rester vigilants et à signaler les préjudices subis.
À travers cette sortie, l’organisation remet au centre du débat une question essentielle : celle de l’équilibre entre la viabilité financière des entreprises publiques et le droit des populations à accéder à des services fondamentaux à des coûts supportables. Pour Dr Emmanuel Sogadji, l’eau et l’électricité ne sauraient être considérées comme des biens de luxe, mais comme des conditions indispensables à la dignité humaine et au développement.
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Clarisse AFANOU
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