Le fonds souverain norvégien, le plus important au monde, a enregistré un bénéfice record au premier semestre 2026. Porté notamment par la forte progression des valeurs technologiques, le « fonds pétrolier » a engrangé environ 160 milliards d’euros en six mois.
Le Norges Bank Investment Management, qui gère le Government Pension Fund Global, a annoncé mercredi 12 août un résultat spectaculaire pour les six premiers mois de l’année. Le fonds a réalisé un bénéfice de 1 753 milliards de couronnes norvégiennes, soit environ 160 milliards d’euros ou 184 milliards de dollars.
Cette performance constitue un record historique sur un semestre. Elle intervient pourtant après un début d’année difficile. Au premier trimestre, le fonds avait enregistré une perte de 1,9 %, soit 636 milliards de couronnes, sous l’effet notamment du recul des grandes valeurs technologiques américaines et des mouvements de change.
Les valeurs technologiques tirent les résultats
Le spectaculaire redressement enregistré au deuxième trimestre explique en grande partie le résultat semestriel. Le portefeuille d’actions a particulièrement profité de la remontée des marchés, avec une performance de 16 % au deuxième trimestre, après une baisse de 2,6 % au premier trimestre. Sur l’ensemble du premier semestre, le rendement du portefeuille s’est établi à 9,4 %.
Les valeurs technologiques, notamment en Asie, ont largement contribué à cette progression. Le fonds détient des participations importantes dans plusieurs géants mondiaux du secteur, parmi lesquels Nvidia, Apple, Alphabet, Microsoft et Taiwan Semiconductor.
Cette exposition constitue toutefois aussi une source de préoccupation. Nicolai Tangen, le directeur général de Norges Bank Investment Management, a souligné la concentration croissante du portefeuille : les dix principales participations représentent désormais environ 20 % de sa valeur.
Un patrimoine de plus de 2 000 milliards d’euros
À la fin du mois de juin, la valeur du fonds atteignait 22 683 milliards de couronnes norvégiennes, soit plus de 2 000 milliards d’euros. Le fonds détient des participations dans environ 7 100 entreprises à travers le monde et représente près de 1,5 % de l’ensemble des actions cotées à l’échelle mondiale.
Créé pour investir les revenus tirés des hydrocarbures norvégiens et préserver cette richesse pour les générations futures, le fonds constitue l’un des piliers de la politique économique du pays. Ses investissements sont répartis entre actions, obligations, immobilier non coté et infrastructures liées aux énergies renouvelables.
Une première participation dans SpaceX
La publication des résultats semestriels s’accompagne également d’une révélation : le fonds norvégien détient désormais une participation de 0,05 % dans SpaceX, valorisée à environ 1,2 milliard de dollars au 30 juin 2026.
Cette nouvelle participation illustre la volonté du fonds de rester exposé aux entreprises technologiques et aux secteurs innovants, même si sa stratégie demeure largement fondée sur une gestion indicielle et une diversification mondiale.
Malgré ce résultat exceptionnel, les responsables du fonds mettent en garde contre les risques liés aux valorisations élevées des entreprises technologiques, aux tensions géopolitiques et à une éventuelle dégradation de la conjoncture mondiale. Le record du premier semestre rappelle ainsi une réalité fondamentale des marchés financiers : les gains peuvent être considérables, mais ils restent exposés aux retournements des marchés.
Pendant qu’en Afrique on dilapide, on détourne des fonds pour les investir en Occident, les Norvégiens pensent aux générations futures. A noter que le Tchad c’était inspiré de ce modèle à la suite de la découverte de son pétrole mais l’initiative n’a pas fait long feu. Elle a été supprimée comme quoi en Afrique on n’aime pas les bonnes choses.



