Jean Manga-Onguéné est décédé ce mardi 6 octobre 2026 à Paris, à l’âge de 80 ans, après une longue maladie. Ballon d’Or africain en 1980, figure emblématique du Canon de Yaoundé, ancien international et sélectionneur des Lions Indomptables, il laisse derrière lui l’un des plus beaux palmarès du football camerounais.
Né le 12 juin 1946 à Ngoulemekong, Jean Manga-Onguéné aura consacré l’essentiel de sa carrière au football camerounais. Il n’a porté qu’un seul grand maillot en club, celui du Canon Sportif de Yaoundé, qu’il rejoint en 1966 et avec lequel il évolue jusqu’en 1982. Cette fidélité de seize années accompagne une période particulièrement glorieuse du club de la capitale.
Une légende du Canon de Yaoundé
Repéré alors qu’il se distingue dans les rues de Douala, le jeune attaquant se fait rapidement remarquer. Lors de ses débuts avec le Canon, il frappe les esprits en inscrivant cinq des sept buts de son équipe face au Caïman de Douala, battu 7-1. Sa réputation grandit rapidement et il est appelé en équipe nationale dès 1966-1967.
Avec le Canon, Manga-Onguéné accumule les titres. Il remporte six championnats du Cameroun, de 1970 à 1982, ainsi que six Coupes du Cameroun, de 1967 en 1978.
Son palmarès continental est tout aussi remarquable. Le Canon s’impose à trois reprises en Coupe d’Afrique des clubs champions, l’ancêtre de l’actuelle Ligue des champions de la CAF, en 1971, 1978 et 1980. Le club remporte également la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe en 1979.
Le Ballon d’Or africain en 1980
L’année 1980 constitue le sommet de sa carrière individuelle. Jean Manga-Onguéné est élu Ballon d’Or africain par France Football, devant le Nigérian Segun Odegbami et son coéquipier du Canon, Théophile Abega. Il devient alors le troisième Camerounais à recevoir cette distinction, après Roger Milla en 1976 et Thomas N’Kono en 1979.
L’attaquant, réputé notamment pour son efficacité dans le jeu aérien, est également sacré meilleur buteur du championnat camerounais en 1970 et 1976.
80 sélections et 15 buts avec les Lions
Avec les Lions Indomptables, Jean Manga-Onguéné compte 80 sélections et 15 buts. Il remporte notamment les Jeux d’Afrique centrale à Libreville en 1976, compétition dont il termine également meilleur buteur.
Son histoire avec la sélection reste toutefois marquée par un rendez-vous manqué. Blessé au genou en 1982, alors qu’il devait prendre part à la première Coupe du monde disputée par le Cameroun, il est contraint de renoncer au Mondial espagnol et met progressivement un terme à sa carrière de joueur.
Du terrain au banc des Lions
Après sa carrière de joueur, Manga-Onguéné reste au cœur du football camerounais. Il devient entraîneur puis intègre l’encadrement technique des Lions Indomptables. Il est notamment adjoint lors des campagnes de Coupe du monde de 1990 et 1994, avant d’occuper à plusieurs reprises le poste de sélectionneur.
Comme entraîneur, il connaît également le succès avec les sélections de jeunes. En 1995, il conduit les Lionceaux au titre de champion d’Afrique des moins de 20 ans et les accompagne ensuite au Mondial de la catégorie. Avec les Lions seniors, il participe à la qualification du Cameroun pour la Coupe du monde 1998, même s’il ne dirigera finalement pas l’équipe lors de la phase finale en France.
Une deuxième vie au service du football africain
Jean Manga-Onguéné poursuit ensuite sa carrière au-delà du Cameroun. Instructeur de la FIFA, il prend en charge le bureau de développement de l’organisation pour l’Afrique centrale, couvrant plusieurs pays de la région. En 2010, il est nommé directeur technique national du Cameroun, fonction dans laquelle il est chargé de contribuer au développement et à la structuration du football national.
Sa disparition à Paris, à 80 ans, marque ainsi la fin d’une trajectoire qui aura traversé plusieurs générations du football camerounais : joueur emblématique du Canon, Ballon d’Or africain, international, entraîneur, sélectionneur, formateur et responsable du développement du football.
Jean Manga-Onguéné restera surtout associé à l’âge d’or du Canon de Yaoundé et à une génération qui a contribué à installer durablement le Cameroun parmi les grandes nations du football africain.



