Nadjoundi : Colère des populations après la désignation du nouveau chef canton
La tension demeure vive à Nadjoundi, un canton situé à environ 11 km de de la ville de Dapaong, dans la région des Savanes. À l’origine de cette tension, l’élection par voie populaire du nouveau chef canton. Un candidat ayant refusé de signer le procès-verbal de reconnaissance. Avec le soutien de ses sous-chefs, il conteste la crédibilité du processus électoral.
En effet, selon nos confrères du journal en ligne « Laabali », qui a relayé l’information, réunis lors d’un sit-in organisé à leur domicile, les contestataires ont interpellé les autorités compétentes, les appelant à prêter une oreille attentive à leurs revendications. Ils annoncent leur intention de saisir les voies légales afin de faire valoir leurs droits et obtenir, selon eux, un réexamen équitable de la procédure.
Malgré la contestation, les organisateurs du mouvement ont tenu à lancer un appel à l’unité et à la cohésion sociale entre les fils et filles du canton de Nadjoundi. Ils estiment que le développement de la localité passe avant tout par le dialogue, la paix et la concertation entre les différentes composantes de la communauté.

Le journal « Laabali » rappelle aussi qu’au cœur de leurs griefs figure la dénonciation de la présence supposée d’individus qualifiés « d’étrangers », munis, selon eux, de fausses cartes d’identification, qui auraient influencé le résultat du vote. Les contestataires soutiennent disposer de preuves attestant que la mobilisation enregistrée lors de la désignation du chef canton dépassait largement la population réelle de Nadjoundi. Ils évoquent notamment l’arrivée de bus en provenance d’autres localités, qui auraient, selon eux, contribué à faire basculer les suffrages. Ils se disent prêts à présenter ces éléments de preuve aux autorités compétentes, estimant qu’il est du devoir de tout citoyen attaché à la justice de dénoncer les fraudes, conformément à la Constitution, notamment dans le cadre de la désignation des garants des us et coutumes.
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Les contestataires assurent vouloir poursuivre le dialogue et la concertation afin de défendre ce qu’ils qualifient de justice pour la chefferie de Nadjoundi. Dans un esprit de fraternité et de respect des lois, les participants au sit-in ont partagé un repas communautaire, symbole de paix, de solidarité et d’amitié entre les clans. Ce moment de communion a également été l’occasion d’apporter leur soutien moral au candidat contestataire, à ses sous-chefs ainsi qu’aux leaders communautaires mobilisés.
Il faut rappeler que contrairement au Sud du Togo où la désignation du chef canton se fait par voix héréditaire, dans la région septentrionale, elle se fait par vote populaire. Une pratique héritée du royaume Fada Ngourma d’où sont originaire la plupart des peuples de cette partie du pays.
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Dieudonné Djigbodi
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