Considérée comme le troisième trafic le plus lucratif au monde, après ceux de la drogue et des armes, la traite des êtres humains demeure un phénomène préoccupant au Togo. Le pays est à la fois territoire d’origine, de transit et de destination des victimes de ce crime, avec des flux de traite observés aussi bien à l’intérieur des frontières qu’au niveau transfrontalier.
Les principaux acteurs impliqués dans ce fléau sont les victimes, les trafiquants et les utilisateurs des personnes exploitées, formant ainsi une chaîne alimentée par divers facteurs liés à l’offre et à la demande.
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Les facteurs explicatifs de l’offre incluent principalement la pauvreté, certaines réalités socioculturelles néfastes, le VIH/SIDA, le faible taux d’enregistrement des naissances, ainsi qu’un dispositif législatif et administratif encore fragile, notamment en matière d’état civil.
Les facteurs explicatifs de la demande, quant à eux, concernent l’adoption illégale, l’utilisation d’organes ou de parties du corps à des fins rituelles, les conflits générant une demande en soldats, en main-d’œuvre domestique ou sexuelle, ainsi que les écarts économiques qui transforment certaines villes, régions ou pays voisins en pôles d’attraction.
Afin de renforcer les compétences des forces de l’ordre et de sécurité en matière d’enquêtes criminelles et de poursuites judiciaires contre les réseaux de trafiquants, le Federal Bureau of Investigation (FBI) a organisé le 13 janvier 2026 à Lomé un atelier de renforcement des capacités à l’intention des acteurs de la chaîne pénale.

Ce programme est mis en œuvre en partenariat avec le ministère togolais de la Sécurité. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la cheffe de mission adjointe de l’ambassade des États-Unis d’Amérique au Togo, Kim McClure, aux côtés des responsables des forces de sécurité togolaises.
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Dans son allocution, elle a réaffirmé l’engagement des États-Unis dans cette lutte :
« Les États-Unis sont fiers de se tenir aux côtés du Togo pour protéger les communautés vulnérables et promouvoir la justice », a-t-elle déclaré, soulignant que cette coopération contribuera à rendre « l’Amérique, le Togo et la région plus sûrs pour leurs citoyens ».

Il convient de rappeler qu’en 2005, le Parlement togolais a adopté la loi n°2005-009 visant à réprimer la traite des enfants. Le Togo est également partie prenante de plusieurs initiatives régionales, notamment le plan d’action de la CEDEAO pour la lutte contre la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.
Par ailleurs, le pays a signé plusieurs conventions multilatérales destinées à lutter contre la traite transfrontalière et a mis en place, dès 2001, un plan d’action national de lutte contre la traite des personnes, renforçant ainsi son engagement en faveur de la protection des droits humains.
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Dieudonné Djigbodi
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