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Togo : Foussena Djagba, une figure de proue de l’engagement féminin s’est éteinte

 



La population togolaise éprise de liberté   d’alternance a été assommée très tôt ce matin par la triste nouvelle de la disparition de Foussena Djagba, activiste politique et Coordinatrice du parti nationaliste panafricain (PNP) au Ghana. Très dubitative, la population elle ne voulait pas croire à cette mauvaise nouvelle matinale qui, très vite, s’est répandue dans la capitale togolaise comme une drainée de poudre avant d’être confirmée par la famille.

Foussena Djagba n’est plus. Elle a succombé dans la soirée de la journée du 22 mars 2021 à des complications à la suite de la vaccination au coronavirus.

Révélée au grand public togolais à la faveur des manifestations du PNP d’août 2017, Foussena symbolisait à l’instar des femmes togolaises qui ont lutté pour l’indépendance du Togo l’engagement et le militantisme de la femme togolaise. Elle chérissait un idéal de justice et de fraternité, un Togo démocratique et l’alternance au sommet de l’Etat.

Femme de conviction, Foussena croit fermement à son âme et conscience à l’alternance au Togo. C’est en sens qu’il faut comprendre son appel à voter pour le candidat de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) à la veille de la dernière présidentielle bien qu’elle soit proche du PNP, laquelle Dynamique a fait d’elle sa Coordinatrice zone Afrique.

Visage de l’opposition togolaise dans la capitale voisine d’Accra, Foussena est devenue une figure tutélaire des exilés politiques togolais au pays de Kwamé N’Krumah. Elle rassurait et convainquait. C’est ainsi qu’elle pouvait lever des fonds en faveur des réfugiés togolais à Chereponi au nord du Ghana.  Son engagement politique dans son pays d’adoption lui a valu des démêlées avec la justice où elle sera gardée quatre jours à la police d’Accra en compagnie d’autres compatriotes pour avoir organisé des manifestations non autorisées. Accusation qu’elle a démentie.

«Mon plus grand rêve c’est de voir le Togo cité parmi les pays émergents d’ici dix ans. Et je pense que nous avons les ressources aussi bien humaines que matérielles pour y parvenir », déclarait cette admiratrice de Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson au début du soulèvement populaire de 2017. Malheureusement, elle n’aura pas la chance de voir ce rêve se concrétiser avant de rejoindre le Créateur.

Originaire de Dapaong, au nord du pays, Foussena Djagba est la fille de Laurent Djagba, un nationaliste, élu  député en 1958 à l’Assemblée.  Compagnon de lutte et ami du premier président Sylvanus Olympio, Laurent Djagba sera d’ailleurs aux côtés du président togolais lors de sa première visite à la maison blanche. Après l’assassinat de Sylvanus Olympio, Laurent Djagba et certains de ses camarades du Comité de l’unité togolaise (CUT) seront arrêtés sous le règne de  Gnassingbé Eyadéma. Jeté en prison puis torturé à mort en 1970, dans la fameuse affaire du “complot du 8 août 1970’’ le corps du père de Foussena n’a jamais été remis à la famille, mis à part quelques ongles et cheveux, ramenés par son compagnon de cellule et ami, le docteur Marc Atidépé qui a assisté à la séance de torture qui a emporté Laurent Djagba, et qui en témoignera lors de la conférence nationale.

Sans avoir vu la réalisation de cet idéal pour lequel elle s’est battue, le nom Foussena Djagba sera tout de même retenu parmi ces femmes qui se sont illustrées pour l’avènement de la démocratie au Togo.

 

 

Albert AGBEKO

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