Traite des personnes au Togo : les journalistes en première ligne pour protéger les enfants
Une vingtaine de journalistes issus de la presse publique et privée togolaise ont pris part, le vendredi 5 décembre 2025 à Lomé, à une journée d’information sur la traite des personnes, organisée par la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes (CNLTP), avec l’appui de l’UNICEF Togo et de l’ONUDC.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un projet conjoint lancé en janvier 2025 par les gouvernements du Togo et du Gabon, visant à renforcer la prévention et la protection des enfants contre la traite transfrontalière.
Renforcer l’information plutôt que former
Dans son allocution d’ouverture, Martin Hotowossi, spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF Togo, a tenu à préciser l’objectif de la rencontre : « Il s’agit avant tout d’une séance d’information, et non d’une formation, pour échanger avec les professionnels des médias sur la problématique de la traite des enfants. »
Il a rappelé que ce projet est porté conjointement par l’UNICEF et l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), dans une dynamique de coopération régionale.
Le Togo à la fois pays de départ, d’accueil et de transit
Prenant la parole au nom de la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Dr Kondoh Kandalé, directeur général de la Protection de l’Enfance et président de la CNLTP, a dressé un tableau préoccupant de la situation : « Le Togo est à la fois un pays de départ, d’accueil et de transit des enfants victimes de traite. Ce phénomène touche malheureusement tout le territoire national. »
Il a souligné que la lutte contre la traite des personnes constitue une priorité nationale depuis la ratification en 1991 de la Convention relative aux droits de l’enfant.
En déclarant officiellement ouverts les travaux, le président de la CNLTP a lancé un appel fort : « La lutte contre la traite des personnes ne peut réussir sans l’implication de tous. Ensemble, nous devons protéger nos enfants. »
Un cadre juridique renforcé depuis 2021
Face à l’ampleur du fléau, l’État togolais a franchi une étape décisive avec l’adoption du décret N°2021-104/PR du 29 septembre 2021, portant création de la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes (CNLTP).
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Selon l’article 3 dudit décret, la CNLTP est chargée notamment de :
- veiller à l’application des instruments juridiques relatifs à la lutte contre la traite ;
- coordonner les actions de prévention et de prise en charge des victimes ;
- coopérer avec les partenaires techniques et financiers ;
- collecter et centraliser les données et statistiques ;
- élaborer et mettre en œuvre un Plan d’action national.
Les médias, un levier stratégique contre la traite
S’adressant aux journalistes, Dr Kondoh Kandalé a salué leur engagement : « Vous êtes le quatrième pouvoir, et même le premier pouvoir, car à travers vos productions, vous pouvez provoquer un réel changement de comportement dans nos communautés. »
Il a insisté sur la nécessité d’une synergie entre l’État, les partenaires techniques et financiers, et les médias, afin de lutter efficacement contre ce crime organisé.
Un fléau mondial aux conséquences graves
Sur le plan mondial, la traite des personnes est considérée comme le troisième trafic le plus lucratif après la drogue et les armes, avec environ 2,5 millions de victimes chaque année, principalement des femmes et des enfants.
Ce phénomène porte de graves atteintes aux droits humains, à la sécurité, ainsi qu’à la stabilité sociale et économique des États.
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Albert Akouété AGBEKO
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