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Zone franche: la SNI brave l’administration et licencie les délégués syndicaux

 

Le conflit social à la Société Nouvelle Industrie (SNI), entreprise libanaise de la zone franche de Gbatopé spécialisée dans la fabrication de plastiques, s’enlise et prend désormais les allures d’un bras de fer ouvert entre la direction et les travailleurs.

Deux mois après le mouvement d’humeur du 10 novembre 2025, la direction de la SNI a procédé, le 9 janvier 2026, au licenciement de huit employés, dont trois délégués syndicaux, malgré les engagements publics pris par les autorités et en dépit des procédures en cours. Une décision que les travailleurs qualifient d’abusive et provocatrice.

Huit licenciés malgré les garanties de l’État

Les salariés concernés sont Senaya Komi, Ouadja Wassila Noufot et Tchikarkpa Kader (délégués syndicaux), ainsi que Metonou Tecle, Agah Kikou, Alonouho Akossiwa, Anatui Ablam et Dossa Hoedanou (ouvriers).

Ces licenciements interviennent alors que le préfet du Zio, lors de son intervention le 10 novembre 2025 sur le site de l’usine, avait clairement assuré qu’aucun gréviste ne serait licencié, annonçant au passage la formalisation des contrats, la déclaration à la CNSS et le paiement de primes.

Une rencontre officielle sous haute tension à Tsévié

Face à cette situation, une rencontre s’est tenue ce lundi 12 janvier 2026 à la Direction régionale du travail et des lois sociales – Maritime à Tsévié, comme l’atteste le procès-verbal officiel. Devant les locaux, les employés ont manifesté leur soutien aux licenciés. 

La réunion faisait suite à la saisine de l’administration du travail par les représentants du personnel licenciés, assistés de leurs syndicats (USYNTRAZOFE, SYNATSITO, SYNATRAZOFT, USIC-TOGO et SYLITRAZOF).

Lire sur le même sujet : Mouvement d’humeur à la Société Nouvelle Industrie (SNI) de Gbatopé : les employés exigent le respect des engagements pris en août

Présidant la séance, le directeur régional du travail-maritime, M. Djobo Rabihou, a rappelé que la rencontre portait spécifiquement sur le licenciement de délégués du personnel et d’un délégué syndical, des travailleurs bénéficiant d’un statut de protection particulier.

Selon les représentants des travailleurs, les notifications de licenciement ont été émises alors même que l’administration était déjà saisie depuis le 31 décembre 2025, une précipitation jugée suspecte.

De son côté, l’avocat de la SNI, Me Bakoh Kossi, a affirmé sans nuance que « le licenciement est consommé », invitant les travailleurs à en tirer les conséquences. M. Amakoe Messan, le juriste de la société ira jusqu’à dire que l’employeur a tout le pouvoir pour décider du licenciement et que le préfet ne pourra rien faire.

Cette posture, perçue comme un mépris affiché envers l’autorité administrative, a fortement irrité les représentants de l’État, les syndicats et les travailleurs présents, accentuant la crispation autour du dossier.

Des accusations déjà rejetées par la justice

Pour justifier ces licenciements, la direction évoque une faute lourde fondée sur l’article 97 de la Convention collective de la zone franche, accusant les travailleurs de violences, de dégradations et de grève illicite.

Or, ces accusations ont déjà été examinées par la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) de Tsévié, puis par le procureur de la République, qui a classé le dossier sans suite, faute de preuves formelles.

Les syndicats dénoncent ainsi une double sanction : après l’échec de la voie pénale, la direction tente d’imposer une procédure disciplinaire fondée sur les mêmes faits, en violation du principe d’équité et des droits syndicaux.

Une affaire symptomatique de la zone franche

Au-delà de la SNI, cette affaire illustre les dérives persistantes dans certaines entreprises de la zone franche, où les engagements de l’État, la protection des représentants du personnel et le dialogue social peinent à s’imposer face à des employeurs jugés tout-puissants.

Pour les travailleurs, l’enjeu est désormais clair : contraindre les autorités administratives et judiciaires à faire respecter la loi, afin d’éviter que la zone franche ne se transforme en zone de non-droit social.

 

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Francine DZIDULA

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