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Aamron : « Le changement a déjà commencé »

Dans un échange accordé à la plateforme Enjeux d’Afrique, à quelques jours de la manifestation du 30 août à l’appel des activistes, l’artiste engagé Aamron, de son vrai nom Tchala Essowe Narcisse, a livré un message fort sur l’avenir du Togo, mêlant conviction politique, lucidité sociale et appel à la responsabilité collective.

« Je rêve d’un Togo nouveau »

Au fil de l’échange, Aamron a esquissé sa vision d’un pays libéré des injustices et des privilèges d’une minorité :  « Je rêve d’un Togo nouveau, sans personnalité qui puisse se croire supérieure au peuple togolais. Je rêve d’un Togo où les dépositaires du pouvoir public respectent le peuple, sachent qu’ils ne sont pas supérieurs au peuple mais à son service. Je rêve d’un Togo où il n’existe pas de minorité qui puisse continuer d’accaparer les richesses du pays. »

Pour lui, le changement n’est plus une perspective lointaine, mais une dynamique déjà enclenchée.

« La parole est libérée, elle est irréversible. Donc les choses ne peuvent plus jamais être en état. Le changement a déjà commencé. Mais bon, je ne dirais pas que tout le monde y a réussi pour le voir. »

Sur la rencontre avec Faure Gnassingbé : « Je ne me sentirai pas en sécurité »

Interrogé sur une éventuelle rencontre avec le président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, Aamron a répondu sans détour : « Je ne pense pas qu’aujourd’hui le président du Conseil va chercher à me rencontrer. Mais au cas où la demande se ferait, je ne me sentirai pas en sécurité d’aller le rencontrer, sachant que les personnes qui m’ont torturé sont dans son cercle. »

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Si le chef de l’État a récemment convié plusieurs artistes à Kara, l’artiste engagé relativise la portée de ce geste : « Tous les artistes ont eu la chance de le rencontrer, mais je ne sais si lui aura la chance de me rencontrer. Me rencontrer sera une chance pour lui, parce que je suis le seul à lui dire la vérité. Ces artistes, je ne pense pas qu’ils ont la carrure pour parler des problèmes du pays avec le président du Conseil. Devant lui, ils n’auront pas le courage de dire certaines vérités. C’est pour le cosmétique, pour corriger l’image qu’ils sont allés. »

Une critique sans concession du système

À travers ses propos, Aamron met en lumière l’essoufflement d’un modèle politique figé : « Que le vent tourne en faveur du président du Conseil des inistres, … Peu importe la tournure du vent, les choses ne se feront comme avant. Ce que nous voyons, c’est que c’est le dernier chant du cygne. Plus jamais les choses ne pourront encore être en état au Togo. »

Humilité et engagement citoyen

Au-delà de la critique, Aamron insiste sur l’importance de l’humilité et de l’intelligence collective pour construire un avenir commun :  « Peu importe ce que nous avons pu faire hier et qui nous avons pu être, aujourd’hui reste la meilleure des opportunités pour définir qui nous voulons être demain. (…) Il faut faire preuve d’humilité, de sagesse et de maturité, travailler en nous inspirant des erreurs des autres pour ne pas commettre les mêmes. »

Fidèle à son ouverture, l’artiste tend la main à tous les acteurs œuvrant pour l’intérêt général :  « Comme je l’ai dit, je suis allé vers eux, après j’irai aussi vers mes amis du M66 qui se sont beaucoup mobilisés pour moi. Je suis ouvert à travailler avec toutes les personnes qui visent l’enracinement de l’État de droit. Je pense qu’on fera preuve d’intelligence pour savoir que derrière toute action qui pourrait être mal jugée se trouve une volonté sincère. »

Une parole militante et risquée

Cette interview d’Aamron révèle à la fois l’espérance d’un renouveau démocratique et la fragilité d’un artiste sous pression judiciaire. Ses critiques directes à l’égard du pouvoir, notamment à l’endroit du président du Conseil des ministres, témoignent de la détermination d’une génération qui refuse le silence.

Au Togo où transitions politiques et contestations citoyennes se multiplient, la voix d’Aamron s’inscrit dans un mouvement plus large : celui d’artistes et d’intellectuels qui veulent briser les tabous, éveiller les consciences et rappeler que la véritable souveraineté appartient au peuple.

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Francine DZIDULA

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