RDC : 61 détenus de la prison de Makala bénéficient d’une libération conditionnelle
Soixante et un détenus ont quitté, lundi 1er décembre 2025, la prison centrale de Makala, située dans la commune de Selembao au cœur de Kinshasa, après avoir obtenu une libération conditionnelle. L’opération a été supervisée par le ministre d’État congolais en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, qui a saisi l’occasion pour adresser un message d’espoir et de responsabilité aux bénéficiaires.
Un appel à la réinsertion sociale
Lors de la cérémonie, le ministre Ngefa a insisté sur la nécessité pour les ex-détenus de saisir cette seconde chance et de s’inscrire dans une démarche de réinsertion citoyenne.
« Vous rentrez dans la société, soyez exemplaires. Ne reprenez pas les bavures qui vous ont amené à la prison », a-t-il déclaré, s’adressant notamment aux jeunes.
Le ministre a expliqué que ces libérations conditionnelles ont été accordées après examen et validation par une commission dédiée, conformément aux critères légaux établis.
Un processus encadré et basé sur des critères stricts
Guillaume Ngefa a précisé que la démarche ne relevait pas d’une visite d’inspection, mais d’une décision mûrement évaluée :
« J’avais signé l’arrêté après l’avis de la commission et du ministère public. Votre peine court toujours, mais votre comportement et vos attitudes ont démontré que vous vous améliorez pour réintégrer la société. Vous êtes ceux qui ont rempli les critères pour être libérés conditionnellement », a-t-il expliqué.
Il faut préciser que la prison centrale de Makala, l’une des plus importantes du pays, connaît une forte pression carcérale. Cette initiative s’inscrit donc dans les efforts du gouvernement congolais visant à encourager la réhabilitation et à réduire la surpopulation en milieu pénitentiaire.
Pendant ce temps, plus d’une centaine de prisonniers politiques croupissent dans les différentes prisons du Togo. 37 détenus parmi eux ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention et exiger l’application de décisions internationales en leur faveur. Cette situation inquiète les premiers responsable de l’Association des victimes de tortures au Togo (ASVITTO).
Togo : 37 détenus politiques poursuivent une grève de la faim – L’ASVITTO alerte sur une situation critique

Depuis le 8 novembre 2025, plusieurs détenus politiques incarcérés à la prison civile de Lomé ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention et exiger l’application de décisions internationales en leur faveur. Selon l’Association des victimes de tortures au Togo (ASVITTO), 37 prisonniers poursuivent toujours le mouvement et se déclarent déterminés à aller jusqu’au bout.
Une mobilisation qui s’enlise à la prison civile de Lomé
Malgré l’affaiblissement physique dû à plus de deux semaines de privation alimentaire, les grévistes refusent de renoncer à leur mouvement. Leur protestation vise à obtenir l’exécution de plusieurs décisions rendues par des mécanismes régionaux et internationaux de protection des droits de l’Homme.
Selon les conclusions du monitoring mené par l’ASVITTO, l’association note une situation de plus en plus préoccupante, tant sur le plan sanitaire que sur le plan psychologique. Les détenus, qualifiés de « prisonniers politiques » par les organisations de défense des droits de l’Homme, dénoncent des violations répétées de leurs droits fondamentaux.
Les revendications : appliquer les décisions des mécanismes internationaux
Les grévistes réclament principalement la mise en œuvre de décisions et recommandations émanant de plusieurs instances :
-La Cour de justice de la CEDEAO, qui a déjà rendu plusieurs arrêts concernant des cas de détention jugés arbitraires au Togo.
-Les Organes de Traités et Procédures spéciales des Nations unies, notamment les rapporteurs et comités thématiques sur la détention, la torture ou les arrestations arbitraires.
-La Résolution du Parlement européen de Strasbourg, qui a appelé à plusieurs reprises au respect des libertés publiques et à la libération des personnes détenues pour des raisons politiques au Togo.
Selon l’ASVITTO, la mise en œuvre de ces mécanismes internationaux devrait logiquement conduire à la libération de l’ensemble des prisonniers politiques, estimés par l’organisation entre 130 et 150 personnes.
Un appel à la responsabilité de l’État togolais
Dans son communiqué, l’ASVITTO rappelle aux autorités leur obligation de respecter et d’appliquer les conventions internationales relatives aux droits humains ratifiés par le Togo.
L’association insiste sur :
-l’urgence de préserver la vie et l’intégrité physique des détenus,
-la nécessité de garantir des conditions de détention conformes aux normes internationales,
-l’importance d’un dialogue constructif pour éviter une issue dramatique à cette grève de la faim.
L’organisation de défense des droits de l’Homme exhorte également les pouvoirs publics à ouvrir une enquête indépendante sur la situation des prisonniers politiques et à engager des mesures immédiates pour répondre aux revendications exprimées.
Une situation qui interroge sur l’état des libertés publiques
Cette grève de la faim intervient dans un contexte politique national tendu, marqué par des arrestations liées à des manifestations, des opinions politiques ou des activités associatives.
Les organisations de la société civile et plusieurs observateurs internationaux estiment que cette situation met en lumière la question récurrente du respect des libertés civiles et politiques au Togo, ainsi que la nécessité d’un cadre judiciaire plus transparent.
Vers une issue rapide ?
Pour l’heure, les autorités n’ont pas officiellement réagi à la dernière alerte de l’ASVITTO.
Mais face à la dégradation de l’état de santé des détenus, les organisations de défense des droits humains redoutent une escalade pouvant conduire à des pertes en vies humaines si aucune mesure n’est prise rapidement.
L’ASVITTO appelle le gouvernement à agir « avant qu’il ne soit trop tard » afin de préserver la vie des grévistes et à respecter les engagements internationaux du Togo en matière des droits de l’Homme.
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Dieudonné Djigbodi
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