La campagne cotonnière 2025-2026 enregistre une production de 77.000 tonnes de coton graine contre 60 000 tonnes la campagne précédente. Ces résultats prouvent à suffisance la détermination et l’engagement des cotonculteurs togolais à contribuer à la création de richesses et à la croissance de l’économie nationale. Pour la première fois, d’ailleurs, le rendement dépasse une tonne à l’hectare (1 050kg/ha).
Malgré cette prouesse, les producteurs de coton végètent actuellement dans la galère et trainent avec leurs récoltes ; pour cause, le groupe Olam, actionnaire majoritaire de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo a estompé le payement du coton.
Bien que le prix d’achat du coton-graine aux producteurs soit fixé à 300 FCFA le kilogramme, le groupe Olam impose plutôt un prix de 244 F, provoquant ainsi le mécontentement et la colère des cotonculteurs.
« Olam ne veut pas payer notre coton, on va le vendre où et à qui ? c’est au marché de Djarkpaga ou bien c’est une façon de nous dire qu’on peut chercher des acheteurs vers le Bénin ou le Ghana ? » se demande le producteur Kalambani Badawassou.
« Finalement, nous ne savons pas comment sortir de toutes ces difficultés avec Olam ; toujours c’est des problèmes. On nous demande de donner le meilleur de nous-mêmes pour une grande production ; nous faisons tout pour atteindre les résultats et donner aussi une fierté à notre pays. Mais à la fin, on nous abandonne » déclare ce producteur de coton installé à Nangbani.
Selon certaines informations parvenues à notre rédaction, le groupe OLAM réclame une somme de plus de 4 milliards de FCFA auprès des autorités avant de reprendre la paye du coton estompée depuis quelques semaines. Cette somme que réclame Olam serait le différentiel sur le prix d’achat de coton graine suivant le mécanisme de fixation de prix.
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C’est la grogne totale présentement dans toutes les zones de production de coton des différentes régions du pays. Les producteurs de coton menacent d’ailleurs de descendre dans les rues et de procéder à des manifestations pacifiques pour attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale si cette situation perdure. Ils sollicitent l’intervention du Président du Conseil afin que le ministère en charge de l’agriculture œuvre efficacement et véritablement pour trouver un aboutissement heureux aux différentes difficultés qui minent la filière.
« Nous prions vivement le Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé de mette de l’ordre au ministère de l’agriculture et que les préoccupations des agriculteurs en général et des cotonculteurs en particulier soient pris en compte », lance un producteur depuis la région des Savanes.
A l’heure où la remobilisation est le maître-mot au sein des cotonculteurs pour faire rayonner l’or blanc au Togo, cette situation risque de décourager une fois encore le monde agricole qui occupe une place importante dans la croissance de l’économie nationale.
Entre Olam et producteurs de coton togolais, les relations n’ont jamais été au beau fixe.
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Francine DZIDULA
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