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Santé publique au Togo : l’Ordre des médecins durcit le ton et alerte sur les défis du système

 

À l’occasion de la présentation officielle du tableau 2026, l’Ordre National des Médecins du Togo (ONMT) a réuni, ce mardi 7 avril 2026, à Lomé, presse et acteurs institutionnels autour d’un message important : assainir la profession, renforcer la régulation et anticiper les défis critiques du système de santé.

À travers les interventions de ses principaux responsables, l’Ordre a livré un diagnostic sans complaisance, tout en traçant des pistes de réforme.

Un outil de transparence au cœur de la régulation

En ouvrant la conférence, le Secrétaire général adjoint et Président de la commission communication, Assoti Essowè, a donné le ton.

« Ce tableau n’est pas qu’un annuaire, c’est un bouclier. Pour le citoyen, il sépare la compétence de l’imposture. »

Dans un contexte marqué par la montée des pratiques illégales, il a insisté sur la nécessité de rendre visible l’information : « Il n’y a pas de santé pour tous sans une médecine exercée par des professionnels légitimes. »

La coïncidence avec la Journée mondiale de la santé renforce, selon lui, la portée de cet exercice : informer, rassurer et responsabiliser.

« Exercer sans être inscrit est illégal »

Le Président de l’ONMT, Prof. Beketi Anthony, a recentré le débat sur le cadre légal.

« La sortie du tableau est une obligation. Mais il faut comprendre que le tableau est dynamique, il évolue en permanence. »

Il a rappelé une règle fondamentale :
« Tout médecin qui veut exercer au Togo doit obligatoirement être inscrit au tableau. »

Contrairement à certaines idées reçues, le diplôme seul ne suffit pas. L’inscription à l’Ordre, assortie d’un engagement au respect du code de déontologie, est la condition sine qua non pour exercer.

Les acteurs de l’Ordre

Lutte contre l’exercice illégal : des actions concrètes

Le Président a également affiché une fermeté assumée face aux dérives. « Nous allons interpeller tous ceux qui ne sont pas en règle. »

Des actions ont déjà été engagées, avec des interpellations et des poursuites. Il a notamment évoqué le cas d’un individu ayant falsifié tout son parcours académique, aujourd’hui incarcéré.

« Sans régulation, c’est la santé publique qui est menacée. »
Dans cette dynamique, une collaboration renforcée avec le ministère de la Santé est annoncée, ainsi que le recrutement d’un chef de projet pour intensifier les contrôles.

Une démographie médicale sous tension

Prenant la parole, Dr. Kéké Kodjo K. Gamelé, secrétaire général, a présenté un état des lieux détaillé de la démographie médicale.
Les chiffres montrent une progression, mais restent insuffisants :
940 médecins inscrits en avril 2026,
un taux de couverture proche de 93 %
mais seulement 0,13 médecin pour 1 000 habitants

« Pour atteindre les standards, il faudrait environ 8 500 médecins. »

Des inégalités territoriales et un déficit de spécialistes

L’analyse met en lumière de fortes disparités :

• 77 % des médecins concentrés à Lomé et dans la région maritime
des régions entières sous-dotées
• une diaspora plus fournie que certaines zones rurales.

À cela s’ajoute un déséquilibre dans les spécialités :« Nous avons une surreprésentation des généralistes, mais un déficit dans des domaines clés comme la psychiatrie, l’oncologie ou l’anesthésie-réanimation. »

Un risque de pénurie à moyen terme

Autre alerte majeure : le vieillissement du corps médical.
« Si le renouvellement n’est pas assuré, nous allons vers une pénurie. »
La majorité des praticiens se concentre entre 30 et 41 ans, tandis que les plus âgés restent fortement présents dans les zones rurales.

Un plaidoyer pour des réformes structurelles

Face à ces constats, l’ordre a formulé plusieurs recommandations :

• renforcer la formation spécialisée
• mettre en place des bourses ciblées
• réformer le système hospitalier
• créer des incitations pour les zones rurales
• promouvoir l’accès des femmes aux études médicales
• moderniser la gestion des données.

« Il faut anticiper. Le système doit se préparer dès maintenant. »

Inscription et contrôle : une exigence permanente

Le vice-président de l’ONMT, Dr Ametitovi Ekoué E. Ata a, quant à lui, levé toute ambiguïté sur les procédures d’exercice.

« Le diplôme donne la connaissance, mais c’est l’inscription au tableau qui donne le droit d’exercer. »

Il a rappelé que :

• l’inscription se fait après étude du dossier (environ deux mois)
• chaque médecin reçoit un numéro d’ordre
• le renouvellement est obligatoire chaque année.

« Un médecin non inscrit est considéré comme un non-médecin devant la loi. »

Même les médecins étrangers ou en situation particulière doivent se conformer à cette exigence.

Une profession sous contrôle pour protéger la population

Au-delà des procédures, l’objectif reste de « S’assurer que chaque médecin est apte à exercer et capable de garantir des soins de qualité. »

La publication annuelle du tableau permet ainsi de maintenir un contrôle permanent et d’assurer la traçabilité des praticiens.

Une ligne claire : réguler pour protéger

À travers cette conférence, l’Ordre des médecins envoie un signal fort.
Entre lutte contre l’illégalité, déséquilibres structurels et besoin urgent de réformes, le système de santé togolais est à un tournant.

Il convient donc de dire sans détour :
la crédibilité de la médecine passe par la rigueur, la transparence et l’anticipation.

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