Le peuple Éwé en deuil : décès de l’Ewéfíaga Togbui Agboli Agokoli IV
Le peuple Éwé est en deuil. L’Ewéfíaga Togbui Agboli Agokoli IV a tiré sa révérence. L’annonce officielle de son décès a été confirmée à TOGO SCOOP par Togbui Dzidzoli Detu X, Président des chefs traditionnels du Grand Lomé et Chef de canton d’Aflao Gakli.
Selon les informations recueillies, le décès serait survenu en février de l’année en cours. Conformément aux usages profondément enracinés dans la tradition Éwé, l’annonce d’un décès d’un chef traditionnel obéit à un protocole hautement codifié, empreint de discrétion, de symbolisme et de respect des ancêtres.
Une figure militaire et un règne long à la tête du monde Éwé
Militaire retraité, Togbui Agboli Agokoli IV il régnait sur des millions d’âmes repartis sur les territoires du Togo, du Bénin et du Ghana pendant près de quatre décennies. Son règne est souvent présenté comme l’un des plus longs de la chefferie traditionnelle contemporaine dans la région.
Selon des informations issues du milieu coutumier, un nouveau souverain devra être désigné avant la célébration en septembre de la fête traditionnelle Agbogbozan, car le trône ne peut demeurer vacant pendant cette cérémonie majeure du calendrier culturel Éwé.
Un protocole traditionnel strict pour annoncer le décès
Dans la tradition Éwé, la mort d’un chef ne fait jamais l’objet d’une annonce brutale. Elle est entourée d’un ensemble de codes linguistiques et rituels destinés à préserver le respect dû au défunt et à faciliter son passage vers le monde des ancêtres.
L’annonce suit un processus bien établi, marqué par la discrétion initiale de la famille royale et des notables, avant la diffusion progressive de l’information aux autorités traditionnelles voisines, puis au peuple par des moyens symboliques tels que les tambours parlants et les crieurs publics.
Pour les observateurs, l’annonce officielle du décès du chef signifierait que les problèmes de succession ont été réglés.
Une autorité centrale dans la chefferie traditionnelle Éwé
Togbui Agboli Agokoli IV occupait une place centrale dans l’organisation coutumière Éwé, incarnant à la fois une autorité traditionnelle et une figure institutionnelle importante.
Il exerçait les fonctions d’Ewéfíaga, c’est-à-dire chef suprême des Éwé et chef canton de Notsé, assurait la présidence du Conseil national des chefs traditionnels du Togo (CNCTT), était membre de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), et siégeait également au sein de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) chargée d’examiner les violences politiques survenues au Togo de 1959 à nos jours.
Un héritage culturel et institutionnel majeur
La disparition de Togbui Agboli Agokoli IV laisse un vide important dans la chefferie traditionnelle Éwé. Son nom reste associé à la continuité des institutions coutumières, à la préservation des traditions ancestrales et à son implication dans les instances nationales de dialogue et de réconciliation.
Son héritage continuera de marquer la mémoire collective du peuple Éwé dans un contexte où les traditions cherchent à s’adapter aux réalités contemporaines.
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de togoscoop.tg, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.
Albert Akouété AGBEKO
E-Mail: togoscoop@gmail.com
Tél : (00228) 90 96 63 64/ 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.



