Sa liberté n’aura été que de courte durée. Libéré en décembre 2025 à la faveur d’une grâce présidentielle accordée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, l’activiste et poète Honoré Sitsofé, alias Affectio, est de nouveau écroué à la prison civile de Lomé. Selon ses soutiens, cette nouvelle incarcération s’apparente davantage à de l’acharnement.
En janvier 2025, Honoré Sitsofé avait été kidnappé dans des circonstances jugées grotesques à Lomé, pour une affaire liée à un poème intitulé « Fais ta part ». Après avoir passé presque un an en détention, il recouvre la liberté grâce à la grâce présidentielle. À peine quatre mois plus tard, le voilà de retour à la case départ : la prison.
Cette fois-ci, les charges retenues contre lui semblent très lourdes. Il est accusé de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État et de divulgation de biens de l’État ». Ce dernier chef d’accusation a fait sourire plus d’un.
Sur le même sujet : Togo: Rejet de la demande de liberté provisoire pour l’activiste Affectio
En effet, Affectio a été interpellé le 24 avril 2026 pour avoir pris des photos d’un ouvrage public en cours de réalisation, non loin du domicile de ses parents, à la suite d’une dénonciation d’un riverain.
Gardé au commissariat d’Agoè-Nyivé, les fouilles de son téléphone ont conduit à l’abandon de l’accusation initiale.
Selon des sources proches du dossier, la justice le soupçonne d’avoir envoyé des images à des activistes du Mouvement du 6 juin (MCC), un mouvement citoyen qui avait appelé, au milieu de l’année 2025, à des manifestations contre le régime de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis plus de 21 ans, dénonçant la mal gouvernance, la corruption et la vie chère. Ces manifestations se sont soldées par des pertes en vies humaines, des blessés et des arrestations.
Dans les rangs des prisonniers politiques libérés en décembre dernier, cette nouvelle arrestation d’Affectio sonne comme le début d’une nouvelle vague de détentions arbitraires.
Depuis la garde à vue d’Affectio, peu de leaders d’opinion et de responsables politiques se sont exprimés sur sa détention, à l’exception de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et de son leader Jean-Pierre Fabre, qui s’est rendu à son chevet, ainsi que du Mouvement « Ne touche pas à ma Constitution ».
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de togoscoop.tg, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.
Francine DZIDULA
E-Mail: togoscoop@gmail.com
Tél : (00228) 90 96 63 64/ 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.



