Liberté de la presse au Togo : le PPT alerte sur les dérives et réclame la fin des peines de prison contre les journalistes
À l’occasion d’une conférence de presse organisée le mercredi 13 mai 2026 à Marguo City à Soviépé, dans la commune du Golfe 5, le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) a publié son Baromètre de la liberté de la presse au Togo 2025. L’organisation patronale des médias a dressé un tableau préoccupant de l’environnement médiatique togolais tout en lançant un plaidoyer pour l’abrogation des peines privatives de liberté prévues dans le futur Code de la presse.
Selon le PPT, si la situation de la presse s’est légèrement améliorée entre 2023 et 2026 par rapport à l’année 2021, considérée comme « la plus sombre de l’ère démocratique », les atteintes à la liberté d’informer persistent sous diverses formes. Menaces, intimidations, agressions physiques, interpellations arbitraires et pressions judiciaires continuent d’alimenter un climat d’autocensure dans plusieurs rédactions.
Le rapport rappelle plusieurs cas marquants ayant visé des journalistes et médias togolais. Parmi eux, l’interpellation en avril 2025 du journaliste Albert Agbeko à Tsévié alors qu’il couvrait la révision des listes électorales, ou encore la suspension de Radio France Internationale et France 24 par la HAAC en juin 2025 pour diffusion de contenus jugés « inexacts et biaisés ».
Le document évoque également l’arrestation des journalistes Loïc Lawson et Anani Sossou en août 2024, ainsi que les violences subies par plusieurs reporters lors d’une réunion politique à Lomé en septembre 2024. Pour le PPT, ces événements traduisent « une pratique du journalisme sous tension ».
Malgré le bond du Togo dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, passé de la 121e place en 2025 à la 97e en 2026, le patronat estime que cette progression masque des réalités plus complexes. « Les pressions ont changé de forme, sans disparaître », souligne le rapport.
Au cœur des revendications du PPT figure l’abrogation des dispositions permettant l’emprisonnement des journalistes, notamment lorsque ceux-ci utilisent les réseaux sociaux. L’organisation estime que les délits de presse doivent exclusivement relever du Code de la presse et non du Code pénal. Elle dénonce une instrumentalisation de certaines lois pour faciliter l’incarcération de journalistes critiques du pouvoir.
Le PPT réclame aussi l’allègement des lourdes amendes prévues dans le futur Code de la presse, jugées incompatibles avec la fragilité économique des médias privés togolais. Le patronat plaide en outre pour la détaxation des intrants d’imprimerie et des équipements de production médiatique afin de soutenir la viabilité des entreprises de presse.
Tout en appelant les autorités à assainir le cadre légal, le PPT invite également les journalistes togolais à davantage de professionnalisme et d’autocritique. Pour l’organisation, seule une presse libre, responsable et protégée par des lois adaptées peut contribuer efficacement à la consolidation de la démocratie au Togo.
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Francine DZIDULA
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