À quelques heures du lancement de la campagne nationale de Traitement de Masse (TDM) 2026 contre les maladies tropicales négligées (MTN), les autorités sanitaires togolaises ont réuni ce jeudi 12 juin 2026, à Lomé, les partenaires techniques et financiers, les leaders d’opinion, les représentants de la société civile et les professionnels des médias pour une conférence de presse consacrée aux enjeux de cette vaste opération de santé publique.
Prévue du 13 au 24 juin 2026, la campagne ambitionne de protéger près de deux millions de personnes contre plusieurs maladies parasitaires qui continuent d’affecter certaines communautés du pays.
Au-delà de la distribution gratuite de médicaments, les autorités entendent renforcer la sensibilisation et la mobilisation communautaire afin d’accélérer l’élimination de ces maladies à l’horizon 2030.

Une campagne inscrite dans la stratégie nationale d’élimination
Dans sa déclaration liminaire, M. WOTOBE Kokou, Secrétaire général du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, représentant le ministre, a rappelé les progrès réalisés par le Togo grâce aux campagnes de traitement de masse conduites depuis plusieurs années.
Selon lui, les évaluations réalisées sur le terrain démontrent une baisse significative de la prévalence de plusieurs maladies tropicales négligées, notamment l’onchocercose, les géohelminthiases et les schistosomiases.
Malgré ces avancées, certains foyers de transmission persistent encore dans plusieurs localités, rendant indispensable la poursuite des interventions.
Le Secrétaire général a souligné que cette nouvelle campagne s’inscrit dans la volonté du gouvernement de préserver les acquis enregistrés et d’atteindre les objectifs nationaux et internationaux d’élimination des MTN.

Trois maladies prioritaires dans le viseur
Présentant les aspects techniques de la campagne, M. GNOSSIKE Piham, Coordonnateur du Programme National des Maladies Tropicales Négligées (PNMTN), a expliqué que l’opération ciblera principalement l’onchocercose, la bilharziose (schistosomiase) et les géohelminthiases.
Pour lutter contre ces maladies, les populations éligibles recevront gratuitement des médicaments adaptés : l’ivermectine contre l’onchocercose, le praziquantel contre la bilharziose et l’albendazole contre les géohelminthiases.
La campagne couvrira notamment les régions des Savanes, de la Kara, de la Centrale et des Plateaux, avec une attention particulière accordée aux enfants d’âge scolaire et aux communautés vivant dans les zones à risque.
Près de deux millions de bénéficiaires attendus
L’objectif affiché par les responsables sanitaires est d’atteindre un niveau de couverture supérieur à 95 % des populations ciblées.
Pour y parvenir, un important dispositif a été mis en place comprenant la formation des agents de santé, la mobilisation des distributeurs communautaires, le recensement des bénéficiaires et l’acheminement des médicaments jusqu’aux communautés.
Les équipes déployées effectueront des distributions de proximité afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier gratuitement des traitements préventifs.
Les autorités rassurent face aux rumeurs
Au cours des échanges avec les médias, Dr ANANI a tenu à répondre aux préoccupations régulièrement exprimées par certaines populations concernant les médicaments administrés dans le cadre des campagnes de traitement de masse.

Le médecin a rappelé que ces traitements sont utilisés depuis plusieurs années dans de nombreux pays et qu’ils répondent aux normes internationales de sécurité et d’efficacité.
« Les effets secondaires graves sont extrêmement rares et, lorsqu’ils surviennent, des mécanismes de prise en charge sont prévus pour assurer une réponse rapide et appropriée », a-t-il expliqué.
Face aux rumeurs qui circulent parfois sur les réseaux sociaux et dans certaines communautés, Dr ANANI a invité les populations à faire preuve de vigilance et à privilégier les informations provenant des canaux officiels.
« La plupart de ces informations ne sont pas vérifiées. Le ministère de la Santé ne peut pas prendre le risque de nuire à sa propre population. L’objectif de cette campagne est de sauver des vies, de prévenir la maladie et de protéger durablement les communautés », a-t-il insisté.
La prévention, un investissement pour la santé publique
Les responsables sanitaires ont également mis en avant l’intérêt économique et social de cette stratégie préventive. Selon eux, prévenir les maladies coûte beaucoup moins cher que leur prise en charge une fois les complications installées.
En réduisant les risques d’infection, le traitement préventif permet non seulement d’éviter des hospitalisations coûteuses, mais aussi de préserver la productivité des familles et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Un appel à la mobilisation générale
À l’issue de la conférence de presse, les autorités sanitaires ont lancé un appel aux leaders communautaires, aux enseignants, aux responsables religieux, aux organisations de la société civile et aux médias afin qu’ils accompagnent la campagne sur le terrain.
Les populations sont invitées à accueillir favorablement les équipes de distribution entre le 13 et le 24 juin prochains et à encourager la participation des enfants et des personnes éligibles.
À travers cette campagne, le Togo confirme sa détermination à consolider les acquis obtenus dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et à poursuivre sa marche vers leur élimination définitive, au bénéfice de la santé et du bien-être de millions de citoyens.
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Helly GBENE
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