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Le pari des 23 milliards de FCFA pour relancer durablement le café et le cacao togolais

Lors de l’atelier de formation des journalistes sur les filières café-cacao organisé par le Comité de Coordination des Filières Café et Cacao (CCFCC) à Kpalimé, les responsables ont présenté les grandes orientations des Plans de Développement des Filières Café et Cacao (PDFCC), élaborés pour servir de feuille de route jusqu’en 2030.

Selon les intervenants, ces plans sont le fruit d’un vaste travail de diagnostic conduit par une équipe d’experts. Après avoir consulté l’ensemble des acteurs de la filière, ces experts ont réalisé un diagnostic approfondi avant d’élaborer des plans de développement spécifiques au café et au cacao.

Adoptés en octobre 2024, ces documents constituent désormais la référence pour toutes les actions visant à relancer et moderniser les deux filières.

Une vision ambitieuse pour 2030

La vision portée par ces plans est claire : faire des filières café et cacao des secteurs performants sur toute la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation.

L’objectif est de créer davantage de richesses, de générer des emplois décents et durables, notamment en milieu rural, et d’attirer les jeunes vers ces activités agricoles grâce à une professionnalisation accrue des producteurs.

Les responsables insistent également sur la nécessité de bâtir des filières compétitives tout en respectant les principes de durabilité et de protection de l’environnement.

Des objectifs précis pour accroître la productivité

Le premier objectif vise l’augmentation durable de la production tout en préservant la qualité reconnue du café et du cacao togolais.

Pour le cacao, le rendement moyen devrait passer de 550 kilogrammes à une tonne par hectare d’ici 2030. Pour le café, l’ambition est d’atteindre également une moyenne d’une tonne à l’hectare contre environ 800 kilogrammes actuellement.

Le deuxième objectif consiste à développer la transformation locale et encourager davantage la consommation nationale afin de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes.

Le troisième objectif porte sur l’amélioration des circuits de commercialisation, aussi bien sur le marché intérieur qu’à l’exportation, avec un accent particulier sur l’amélioration des revenus des producteurs.

Enfin, le quatrième objectif concerne le renforcement du cadre institutionnel, la coordination des acteurs et la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre du programme.

Quatre axes stratégiques

Pour atteindre ces objectifs, les plans s’articulent autour de quatre axes majeurs :

  • l’amélioration durable de la production et de la productivité tout en préservant la qualité ;
  • le développement de la transformation et la promotion de la consommation locale ;
  • l’amélioration de la commercialisation nationale et internationale ;
  • le renforcement de la gouvernance et de la coordination des filières.

Un investissement estimé à 23 milliards de FCFA

La mise en œuvre des plans nécessite un financement estimé à 23 milliards de FCFA. Conscient de l’ampleur des ressources à mobiliser, le CCFCC a mis en place un comité de pilotage chargé du suivi des plans ainsi qu’une task force dédiée à la recherche de financements.

 

Sur le même sujet : Filière café-cacao : le Togo face aux défis de la libéralisation après l’ère du monopole d’État

 

Les responsables indiquent que plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne, ont déjà manifesté leur intérêt en accompagnant certaines études complémentaires. Toutefois, la mobilisation complète des ressources reste un défi majeur.

Un rôle attendu des médias

Les intervenants ont enfin souligné l’importance du rôle des médias dans la réussite de cette stratégie. Les journalistes sont appelés à contribuer à la sensibilisation sur la consommation locale du café et du cacao togolais, à valoriser les initiatives des producteurs et à accompagner la diffusion des informations relatives à la transformation du secteur.

Pour les responsables du CCFCC, la réussite de ces plans de développement dépendra de l’engagement de tous les acteurs, des producteurs aux partenaires financiers, en passant par les médias, afin de faire des filières café-cacao de véritables moteurs de croissance économique et de création d’emplois au Togo.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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