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Diabète au Togo : le Pr Mofou Belo livre 10 conseils pour protéger le cœur

 

 

Au Togo, le diabète constitue un enjeu croissant de santé publique. Pour réduire le risque de complications cardiovasculaires chez les personnes diabétiques, le professeur Mofou Belo, spécialiste de neurologie et responsable de la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT), appelle à renforcer le dépistage, le suivi médical et l’adoption de bonnes habitudes de vie.

Le professeur Mofou Belo est professeur titulaire de neurologie à l’Université de Lomé et chef de la division de la surveillance des maladies non transmissibles au ministère togolais de la Santé. Il est également le responsable du Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles (PNLMNT).

Ses travaux et interventions portent notamment sur les maladies neurologiques et les facteurs de risque des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Il a notamment participé à plusieurs publications scientifiques consacrées aux AVC au Togo.

Dans une récente publication destinée à sensibiliser la population, le Pr Mofou Belo insiste sur la prévention des complications cardiovasculaires liées au diabète. Un message qui rejoint les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), selon laquelle le diabète peut notamment entraîner des maladies cardiaques et des AVC lorsqu’il est mal contrôlé.

Dépister le diabète et contrôler régulièrement sa glycémie

Premier réflexe : connaître son statut diabétique. Les personnes présentant des facteurs de risque, notamment le surpoids, l’hypertension artérielle, la sédentarité ou des antécédents familiaux, sont invitées à effectuer régulièrement un contrôle de leur glycémie.

Le diabète peut en effet évoluer pendant longtemps sans provoquer de symptômes évidents. L’OMS souligne que le diagnostic précoce et la prise en charge permettent de réduire ou de retarder l’apparition de nombreuses complications.

Pour les personnes déjà diagnostiquées, le contrôle de la glycémie doit s’inscrire dans un suivi médical régulier. Le Pr Mofou Belo recommande notamment de contrôler le taux de sucre au moins trois fois par an, conformément au suivi prescrit par les professionnels de santé.

Surveiller la tension et le cholestérol

Le diabète ne doit pas être suivi uniquement à travers la glycémie. La pression artérielle, le cholestérol, le poids et, selon les situations, la fonction rénale doivent également faire l’objet d’une surveillance.

L’association entre diabète, hypertension et anomalies des lipides sanguins augmente le risque cardiovasculaire. L’OMS recommande ainsi, chez les personnes diabétiques, la prise en charge des autres facteurs de risque, notamment l’hypertension et le cholestérol.

Le suivi doit également permettre de contrôler les yeux, les reins et les pieds afin de détecter précocement d’éventuelles complications.

Manger moins gras, moins sucré et moins salé

Le Pr Mofou Belo insiste également sur l’importance de l’alimentation. Il recommande de manger moins gras, moins sucré et moins salé, tout en privilégiant les légumes, les légumineuses, les fruits en portions adaptées et les aliments peu transformés.

Cette recommandation est cohérente avec les orientations de l’OMS, qui préconise une alimentation diversifiée et équilibrée, pauvre en excès de sel, de sucres et de graisses malsaines.

Le message peut être adapté aux habitudes alimentaires locales : manger sainement ne signifie pas nécessairement acheter des aliments coûteux, mais apprendre à mieux équilibrer les repas et à limiter les produits très sucrés, très salés ou fortement transformés.

Bouger au moins 30 minutes, cinq jours sur sept

L’activité physique constitue un autre pilier de la prévention. Le Pr Mofou Belo encourage les populations à marcher ou pratiquer une activité physique pendant au moins 30 minutes, cinq jours sur sept, sauf contre-indication médicale.

La recommandation rejoint le repère de l’OMS d’au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine pour les adultes. L’activité physique régulière contribue notamment à améliorer le contrôle de la glycémie, le poids et les facteurs de risque cardiovasculaire.

Marche, vélo, exercices adaptés ou activités physiques quotidiennes peuvent ainsi participer à une meilleure prise en charge du diabète.

Ne pas fumer et limiter l’alcool

Autre conseil majeur : ne pas fumer. Le tabagisme fait partie des principaux facteurs comportementaux de risque cardiovasculaire. L’arrêt du tabac est donc particulièrement important chez les personnes diabétiques.

Le Pr Mofou Belo recommande également d’éviter les consommations excessives d’alcool. L’OMS classe en effet l’usage nocif de l’alcool parmi les principaux facteurs comportementaux associés aux maladies cardiovasculaires et aux autres maladies non transmissibles.

Respecter les traitements et les rendez-vous médicaux

Une personne diabétique ne devrait ni interrompre ni modifier son traitement sans l’avis d’un professionnel de santé. L’automédication et le recours à des produits présentés comme des « traitements naturels » du diabète sans validation médicale peuvent également exposer à des risques.

Le suivi médical doit être régulier et global. Il ne s’agit pas seulement de mesurer la glycémie, mais aussi d’évaluer les différents facteurs susceptibles d’augmenter le risque cardiovasculaire et de rechercher les complications du diabète.

Reconnaître les signes d’urgence

Certaines manifestations doivent conduire à consulter immédiatement. Il s’agit notamment d’une douleur ou oppression thoracique, d’un essoufflement inhabituel, d’une faiblesse brutale d’un côté du corps, d’une difficulté soudaine à parler, d’une perte de connaissance ou d’un malaise important.

Ces signes peuvent correspondre à une urgence cardiovasculaire ou neurologique et nécessitent une prise en charge médicale rapide.

Cinq messages essentiels pour prévenir les complications

Pour le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles, le Pr Mofou Belo met finalement l’accent sur cinq messages simples à retenir :

  • participer aux campagnes de sensibilisation et de dépistage du diabète ;
  • contrôler régulièrement son taux de sucre ;
  • bouger et marcher au moins 30 minutes, cinq jours sur sept ;
  • manger moins gras, moins sucré et moins salé, tout en consommant davantage de fruits et légumes ;
  • ne pas fumer.

Le diabète n’est donc pas synonyme de condamnation aux complications cardiovasculaires. Une prise en charge régulière, associant contrôle de la glycémie, surveillance de la tension et du cholestérol, alimentation équilibrée, activité physique, arrêt du tabac et respect du traitement, peut contribuer à réduire les risques.

Au Togo, le défi est désormais de renforcer le dépistage précoce, la prévention et le suivi des maladies non transmissibles, alors que ces pathologies occupent une place croissante dans les préoccupations de santé publique. Le PNLMNT a précisément pour mission de coordonner les efforts de prévention et de lutte contre des maladies telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Protéger son cœur, c’est aussi mieux prendre en charge son diabète.

 

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Francine DZIDULA

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