Entre fournitures, scolarité, uniformes, livres, transport, cantine et autres dépenses, la rentrée scolaire 2026-2027 représente une charge importante pour plusieurs familles interrogées par TOGO SCOOP INFO. De deux à quatre enfants scolarisés, certains parents ont dû dépasser le budget initialement prévu, recourir à l’épargne ou encore contracter des crédits pour faire face aux dépenses.
Au Togo, l’année scolaire 2026-2027 a officiellement débuté le 14 septembre 2026. Plus de trois millions d’élèves ont repris le chemin des établissements scolaires, selon les données communiquées par les autorités. Le calendrier officiel s’applique aussi bien aux établissements publics qu’aux établissements privés laïcs et confessionnels.
Mais derrière les chiffres de la rentrée se trouve une autre réalité : celle des familles qui doivent réunir, en quelques semaines, les moyens nécessaires pour permettre à leurs enfants de reprendre les cours.
Pour mesurer cette réalité, TOGO SCOOP INFO a recueilli les témoignages de plusieurs parents à Lomé. Leurs situations sont différentes, mais leurs récits montrent que le coût de la rentrée ne se limite pas aux seuls frais de scolarité.
De 200 000 à plus de 250 000 FCFA pour plusieurs enfants
Papa Kokou a deux enfants scolarisés dans le privé, respectivement en CE2 et en CP1. Il avait prévu un budget de 200 000 FCFA pour la rentrée. Au final, il affirme avoir déboursé 220 000 FCFA pour le premier trimestre.
Dans son cas, les fournitures scolaires ont représenté environ 120 000 FCFA, tandis que les frais de scolarité se sont élevés à 100 000 FCFA pour les deux enfants. Il indique ne pas avoir eu de frais supplémentaires en dehors de ceux annoncés par l’établissement.
Pour ce père de famille, la dépense liée à la scolarité ne devrait toutefois pas être considérée comme un sacrifice exceptionnel.
« Ces besoins sont inhérents à la vie et au développement de l’enfant », estime-t-il, comparant la responsabilité parentale à celle qui consiste à arroser et entretenir un plant après l’avoir mis en terre.
Sa principale inquiétude pour les prochains mois ne concerne donc pas uniquement les frais scolaires, mais les maladies et les imprévus susceptibles de générer de nouvelles dépenses.
Autre situation : Papa René a quatre enfants scolarisés dans le privé, en 1ère A4, 3ème, 6ème et CM1. Il avait prévu 200 000 FCFA, mais indique avoir finalement dépensé plus de 250 000 FCFA.
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Dans le détail, il évalue à 90 000 FCFA les fournitures, 30 000 FCFA les uniformes et chaussures, 50 000 FCFA les sacs et livres, auxquels s’ajoutent 65 000 FCFA versés comme avance sur les frais de scolarité et environ 20 000 FCFA pour le transport et d’autres dépenses.
Ce qui l’a particulièrement marqué cette année est le coût des livres, qu’il estime avoir fortement augmenté.
Pour financer la rentrée, ce père de famille explique avoir dû recourir à un crédit auprès d’une microfinance. Son inquiétude porte déjà sur l’avenir scolaire de ses enfants. Il envisage qu’après le baccalauréat, certains puissent être orientés vers l’apprentissage, compte tenu du poids financier que représente la poursuite des études.
Transport et cantine : des dépenses qui s’ajoutent au budget scolaire
Papa Fofo, qui a trois enfants en CE2, CM2 et 3ème, avait prévu 210 000 FCFA. Il affirme avoir finalement dépensé 230 000 FCFA.
Ses dépenses comprennent notamment 28 000 FCFA pour les uniformes, 24 000 FCFA pour les chaussures, 27 000 FCFA pour les sacs et 62 750 FCFA pour les livres et manuels. Il évoque également une cantine à 1 500 FCFA par jour et un transport à 2 000 FCFA par jour, ainsi que 9 000 FCFA pour des rames et craies demandées par l’établissement.
Pour lui, le transport constitue la dépense qui a le plus attiré son attention. Il constate également une hausse du prix de la restauration scolaire : la cantine, selon son témoignage, est passée de 300 FCFA à 500 FCFA par élève.
Cette préoccupation intervient dans un contexte où le prix du carburant a effectivement été révisé au Togo à partir du 11 septembre 2026. Le litre de Super sans-plomb est passé de 725 à 817 FCFA et le gasoil de 750 à 766 FCFA.
Livres, transport et frais scolaires : les postes qui pèsent
Le témoignage de Papa Gilbert illustre une autre configuration. Ses trois enfants sont répartis entre le public et le privé, en CE1, 5ème et 1ère.
Il estime ses dépenses à 50 000 FCFA pour les fournitures, 30 000 FCFA pour les uniformes et chaussures, 75 000 FCFA pour les livres et sacs et 25 000 FCFA correspondant à la première tranche de scolarité de l’enfant du CE1 dans le privé.
À cela s’ajoutent le transport, évalué à environ 2 000 FCFA par jour, la cantine et des « frais parallèles » dans le public, qu’il chiffre à 3 500 FCFA pour l’élève de 1ère et 3 000 FCFA pour celui de 5ème.
Dans son cas, les dépenses déjà identifiées atteignent 180 000 FCFA avant même d’intégrer le transport quotidien, la cantine et certaines autres charges.
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Papa Gilbert dit avoir eu recours à des prêts scolaires pour financer la rentrée. Sa principale inquiétude est de savoir s’il pourra continuer à supporter les dépenses si de nouvelles hausses interviennent au cours de l’année.
Il plaide notamment pour une meilleure prise en charge des élèves du public pour l’effectivité de la gratuité de l’enseignement public, évoquant les fournitures scolaires, la cantine et la question des frais parallèles.
Une famille, un budget : des réalités très différentes
Le témoignage de Maman Victoire montre également que le coût varie fortement selon le niveau et le type de scolarisation.
Mère de deux enfants, en CM2 et en 4ème, elle évoque notamment 50 000 FCFA pour les fournitures et tenues scolaires pour l’un des enfants. Pour celui en 4ème, elle détaille 24 400 FCFA de fournitures, 8 000 FCFA pour le sac, 4 500 et 5 000 FCFA pour les tenues kaki, ainsi que 5 000 FCFA de préinscription.
L’enfant est par ailleurs interne, avec une première tranche d’écolage annoncée à 180 000 FCFA, ce qui fait de l’internat un facteur supplémentaire dans le budget familial.
Ces différents témoignages montrent surtout qu’il est difficile de donner un prix unique de la rentrée scolaire à Lomé. Le montant dépend du nombre d’enfants, de leur niveau, du choix entre public et privé, de la distance entre le domicile et l’école, de l’existence d’une cantine ou d’un internat et des exigences propres à chaque établissement.
Au-delà de la rentrée, le défi est de tenir toute l’année
La rentrée ne représente finalement que la première étape. Une fois les cahiers, uniformes, sacs et livres achetés, les familles doivent continuer à financer le transport, la restauration, les fournitures complémentaires, les répétitions ou encore les frais liés à certaines activités scolaires.
Pour Papa René, par exemple, le coût du répétiteur est passé de 20 000 à 30 000 FCFA.
C’est pourquoi plusieurs parents interrogés ne demandent pas seulement une réduction des dépenses de rentrée. Ils souhaitent des mesures permettant de contenir plus largement le coût de la vie.
Papa Fofo propose notamment de restaurer la LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires) et d’agir sur le coût de la vie. Papa René souhaite, de son côté, une révision des salaires et des mesures d’accompagnement lorsque les prix augmentent.
« L’école, c’est d’abord les enseignants »
Papa Kokou, lui, souhaite déplacer le débat vers les enseignants des établissements privés.
Il propose l’organisation de deux journées nationales d’écoute consacrées aux enseignants du privé, afin de mieux prendre en compte leurs préoccupations et leurs conditions de travail. Il suggère également la création d’un centre régional d’écoute, d’accompagnement et de formation destiné à ces enseignants.
Pour lui, les établissements privés participent à l’effort national d’éducation et contribuent à absorber une partie de la demande scolaire.
Cette question intervient alors que les autorités ont fait de la rentrée 2026-2027 un moment important pour le système éducatif. Le ministère indique que la nouvelle année scolaire doit notamment permettre de poursuivre les efforts en matière de qualité de l’enseignement et de conditions d’apprentissage.
Le coût réel de l’école dépasse largement les seuls frais de scolarité
Fournitures, livres, uniformes, transport, cantine, répétitions, frais liés aux établissements et parfois internat viennent s’ajouter à la facture. Pour certaines familles, l’épargne suffit. Pour d’autres, il faut emprunter ou recourir au crédit.
Alors que plus de trois millions d’élèves ont repris le chemin de l’école cette année, la véritable question pour de nombreux parents n’est donc plus seulement de savoir comment financer la rentrée, mais comment parvenir à accompagner leurs enfants jusqu’à la fin de l’année scolaire.
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Francine DZIDULA
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