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Café-cacao : comment le Togo s’appuie sur les organisations internationales pour renforcer ses filières

 

Malgré une production modeste comparée aux géants africains du café et du cacao, le Togo s’impose progressivement comme un acteur influent sur la scène internationale. Grâce à son engagement au sein de plusieurs organisations spécialisées, le pays bénéficie d’un appui technique, institutionnel et stratégique qui contribue à la modernisation de ses filières, à la promotion de la consommation locale et à la défense des intérêts de ses producteurs.

 

Le développement des filières café et cacao au Togo ne repose pas uniquement sur les politiques nationales. Depuis plusieurs décennies, le pays mise également sur une coopération internationale active à travers sa participation aux principales organisations mondiales et africaines du secteur. Coordonnée par le Comité de Coordination des Filières Café et Cacao (CCFCC), cette présence permet au Togo de renforcer son influence, d’accéder à des programmes d’appui et de contribuer aux grandes orientations internationales relatives au café et au cacao.

Une coopération prévue par les textes

La participation du CCFCC aux organisations internationales est encadrée par l’arrêté interministériel du 14 juin 1996 portant création du comité. Son article 9 lui confère notamment la mission de représenter le Togo lors des réunions internationales consacrées aux produits de base et de diffuser auprès des acteurs nationaux les décisions et résolutions adoptées.

Cette disposition a permis au pays de s’impliquer activement dans plusieurs institutions internationales qui façonnent aujourd’hui les politiques mondiales du café et du cacao.

Un rôle de premier plan au sein de l’Organisation Internationale du Café

Créée en 1963, l’Organisation Internationale du Café (OIC) œuvre au développement durable du secteur caféier mondial. Basée à Londres, elle réunit 49 membres représentant 75 pays producteurs et importateurs.

 

Sur le même sujet : Filière café-cacao : le Togo face aux défis de la libéralisation après l’ère du monopole d’État

 

Ses missions couvrent notamment la production de statistiques, l’analyse du marché mondial, la recherche scientifique, le plaidoyer auprès des grandes institutions internationales ainsi que le renforcement des capacités des acteurs de la filière.

Le Togo y occupe une position remarquée. Anselme Gouthon a assuré la présidence de l’organisation durant l’exercice 2023-2024 et préside aujourd’hui son Comité économique, illustrant la reconnaissance dont bénéficie le pays au sein de cette institution.

L’OIAC, partenaire privilégié du café africain

Depuis 2024, l’Organisation Interafricaine du Café (OIAC) est devenue l’agence spécialisée de l’Union africaine pour le café.

Installée à Abidjan, elle rassemble 25 pays producteurs africains avec pour mission de défendre les intérêts du café africain, promouvoir sa consommation locale, soutenir la recherche scientifique et renforcer les échanges de connaissances entre les pays membres.

Membre fondateur depuis 1961, le Togo y joue également un rôle stratégique en assurant la présidence du Comité économique et de développement.

Au-delà des responsabilités institutionnelles, cette coopération se traduit par des actions concrètes sur le terrain, notamment l’appui à la création de kiosques à café, l’organisation de la Journée internationale du café, la formation des acteurs de la filière ainsi que la promotion de la consommation locale.

Une implication active au sein de l’Organisation Internationale du Cacao

Autre partenaire majeur : l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO), créée en 1973 et basée à Abidjan.

Cette organisation œuvre pour une économie cacaoyère durable en conciliant performance économique, protection de l’environnement et amélioration des conditions de vie des producteurs.

Elle intervient principalement dans la production de statistiques, l’analyse du marché, la promotion de la transformation locale et la recherche de solutions face aux fluctuations des prix internationaux.

Le Togo y assure actuellement la présidence du Comité économique et participe activement aux réflexions destinées à stabiliser le marché mondial du cacao, dans un contexte marqué par une forte volatilité des prix.

L’ACRAM, vitrine des cafés Robusta africains

Le Togo est également membre fondateur de l’Agence des Cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM), créée en 2007 à Yaoundé.

Cette organisation réunit douze États africains ainsi que deux partenaires importateurs, la France et la Suisse. Sa mission consiste à promouvoir les cafés Robusta africains, encourager leur transformation locale, développer leur consommation et renforcer les compétences des professionnels de la filière.

L’ACRAM mène également des actions en faveur de l’inclusion des femmes dans la chaîne de valeur, de la formation des baristas et de la participation des pays membres aux grands salons internationaux consacrés au café.

Le Togo en assure actuellement la présidence à travers Anselme Gouthon, renforçant ainsi son leadership régional.

Une coopération qui profite directement aux producteurs togolais

Pour un pays dont la production reste modeste face aux grands producteurs mondiaux, cette présence dans les organisations internationales constitue un véritable levier de développement.

Grâce à ces partenariats, le Togo bénéficie d’un accompagnement technique, de formations spécialisées, d’échanges d’expériences, de programmes de recherche, d’appuis institutionnels et d’opportunités de financement qui contribuent à la modernisation des filières café et cacao.

Cette coopération favorise également la promotion de la consommation locale, le développement de la transformation sur place et l’amélioration de la qualité des productions nationales.

Une diplomatie économique au service des filières

Au fil des années, le Togo a su transformer sa faible capacité de production en un véritable atout diplomatique. Son implication dans les instances internationales lui permet aujourd’hui de participer aux grandes décisions qui orientent l’avenir du café et du cacao dans le monde.

En multipliant les partenariats stratégiques et en assumant des responsabilités au sein de plusieurs organisations internationales, le Togo renforce sa crédibilité, défend les intérêts de ses producteurs et consolide progressivement la compétitivité de ses filières sur les marchés internationaux. Une illustration concrète du principe selon lequel, dans un secteur fortement mondialisé, l’union demeure un facteur essentiel de développement.

 

 

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Albert Akouété AGBEKO

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