Côte d’Ivoire – Maroc : le CIIEE International demande la levée du visa pour les Ivoiriens
Le Conseil International pour l’Immigration, l’Entrepreneuriat et l’Emploi (CIIEE International) appelle les autorités ivoiriennes et marocaines à rétablir l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports ordinaires ivoiriens. Dans un communiqué publié le 2 novembre 2026 à Lomé, et signé de son président Dieudonné Bright Kwame Fiaga, l’organisation estime que les restrictions de mobilité ne constituent pas une réponse suffisante à la migration irrégulière et plaide pour une approche fondée sur la libre circulation, l’emploi et la coopération régionale.
Le débat sur la libre circulation entre la Côte d’Ivoire et le Maroc revient au premier plan. À l’origine de cette nouvelle prise de position, une déclaration du président ivoirien Alassane Ouattara, prononcée le 29 octobre 2026 à Genève, lors de la 8ème Conférence présidentielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le chef de l’État avait justifié l’instauration du visa pour les ressortissants ivoiriens souhaitant se rendre au Maroc par la nécessité de prévenir les départs irréguliers de jeunes vers l’Europe, à travers le Sahara et la Méditerranée.
Depuis le 1er septembre 2024, les détenteurs de passeports ordinaires ivoiriens sont en effet soumis à cette obligation. Une mesure que le CIIEE International dit comprendre au regard des préoccupations liées à la sécurité des jeunes, mais dont il conteste la prolongation au-delà de sa période expérimentale initiale de deux ans.

Une mesure temporaire devenue un sujet de contestation
Instaurée à titre expérimental pour deux ans, cette restriction devait initialement faire l’objet d’une évaluation de ses effets au bout de la première année, selon les explications fournies par les autorités ivoiriennes en août 2024. Elle visait notamment à lutter contre les réseaux de faussaires et l’utilisation frauduleuse de passeports ivoiriens par des ressortissants étrangers.
Pour le CIIEE International, le maintien de cette obligation après l’échéance annoncée soulève désormais des interrogations sur son efficacité et ses conséquences pour les citoyens. L’organisation considère que les restrictions administratives ne font pas disparaître les motivations qui poussent certains jeunes à tenter la migration irrégulière. Elles risquent plutôt de les orienter vers des itinéraires clandestins, où ils deviennent davantage exposés aux réseaux de passeurs, à l’exploitation, à la traite des personnes et aux dangers du désert et de la Méditerranée.
L’organisation attire particulièrement l’attention sur les conséquences de cette mesure pour les étudiants, les commerçants, les familles et les voyageurs qui souhaitent se rendre légalement au Maroc. Elle estime que la lutte contre la migration irrégulière devrait davantage s’appuyer sur la création d’emplois, la formation professionnelle et l’amélioration des perspectives économiques offertes aux jeunes en Côte d’Ivoire.
Le CIIEE invoque les engagements internationaux
Au-delà de la question bilatérale, le Conseil International pour l’Immigration, l’Entrepreneuriat et l’Emploi inscrit son plaidoyer dans le respect des engagements internationaux et régionaux en matière de mobilité humaine. Il cite notamment le Protocole de la CEDEAO de 1979 sur la libre circulation des personnes, le Protocole de Palerme de 2000 contre la traite des personnes et le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. A noter que le protocole de libre circulation de la CEDEAO concerne les États membres de l’organisation ; le Maroc n’en est pas membre.
L’organisation préconise également de privilégier le renforcement des mécanismes de sécurisation de l’état civil et des passeports plutôt que des restrictions généralisées à la mobilité des citoyens.
Dans cette perspective, le CIIEE International appelle les gouvernements ivoirien et marocain à engager des discussions en vue du rétablissement de l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports ordinaires ivoiriens. Il demande que cette décision repose sur une évaluation transparente des résultats de la mesure instaurée en septembre 2024.
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Clarisse AFANOU
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