Take a fresh look at your lifestyle.
Mixx by Yas

Covid-19 : Pourquoi l’interprétation des chiffres pose problème ?

 

 




  C’est le sujet principal des journalistes aujourd’hui, la pandémie du coronavirus. Onze mois après son émergence qui touche le monde entier, les journalistes qui couvrent cette actualité brûlante ont du mal à interpréter les statistiques de la maladie. Et, même si l’accès aux données est assez simple, la grande difficulté réside dans l’analyse afin de mieux expliquer la Covid-19 aux lecteurs. Pourquoi les chiffres sont si difficiles à cerner ? Pourquoi les manifestations cliniques diffèrent d’une personne à une autre. Pour répondre à ces questions, trois experts, notamment le Docteur Gérard Maudrux (chirurgien urologue et ancien président la caisse autonome de retraite des Médecins de France) , Mme Marie Coussin (Data Journaliste chez le Journal « Le figaro), et Maurice Ndashimye (doctorant à l’Institut Africain des Sciences Mathématiques et expert dans le domaine de la Science des données au Rwanda), lors d’un webinaire organisé par le Forum de Reportage sur la Crise Sanitaire Mondiale conduit par son directeur Kossi Elom Balao, ont chacun donné leur point de vue.

 

 Elle est si difficile à comprendre, et les chiffres difficiles à cerner. La pandémie du coronavirus continue de faire des victimes un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, plusieurs questions autour du coronavirus restent sans réponse. Alors que les manifestations cliniques de la maladie diffèrent d’une personne à une autre, il est important de savoir la raison qui explique le nombre élevé de morts et de confusions dans les chiffres afin de mieux faire comprendre la pandémie aux lecteurs.
En effet, dans un article intitulé « Covid-19, interpréter les chiffres « ,  publié le 13 Mars, Gérard Maudrux disait que, «  beaucoup de personne s’interroge sur la gravité, la morbidité, la mortalité et la contagiosité de la maladie ». Selon lui, « Il y a différents chiffres, et ces chiffres ne conduisent pas à la même conclusion ». Il explique, « deux chiffres sont présentés lors des rapports sur la pandémie du coronavirus. Les chiffres de dépistage d’une part, et les nombres de malades d’autre part. Ces chiffres ne sont pas les mêmes dans le dépistage. L’on note un nombre important de faux positifs et les porteurs sains ». Aussi ajoute-t-il, «il y a des malades et il y a d’autres chiffres qui eux vont donner la gravité de la maladie parce qu’apparemment, le coronavirus, est une maladie virale comme une grippe saisonnière, mais peut-être un peu plus grave. Ce qui fait que, 40, à 50 % des gens qui rentrent en réanimation n’en ressortent pas. Tous ces chiffres sont différents et peuvent mener à des conclusions différentes d’où la difficulté».

INTERPRETATION DES CHIFFRES, UN VERITABLE PROBLEME       

 Le nombre élevé de malades et de morts a longtemps constitué un véritable problème dans l’interprétation des chiffres. Selon le chirurgien urologue Gérard Maudrux, « au mois de mars, on ne testait pas tous les malades. Aujourd’hui, on test tout le monde donc on a plus de positifs et on a moins de morts proportionnellement ». Cependant, dans certains pays, il est difficile de s’assurer qu’une personne décédée est morte de Covid ou pas, parce que difficile à faire les tests. « Quelqu’un meurt d’autres choses, mais il est positif, on le compte dans les Covid. Dans d’autres pays, on ne va pas les compter». Une situation qui selon lui, pose un problème de comparaison d’un pays à un autre, et s’il y a un bon indicateur dont on  ne parle pas souvent, c’est la mortalité annuelle mois par mois, a-t-il ajouté. Pour Marie Coussin, Data journaliste, les moyens de collecte des données compliquent l’interprétation des résultats, « ce qui est difficile à envisager, c’est le mal à comprendre que l’on n’a pas des chiffres fiables et précis sur ce phénomène. Le fait que le virus soit inconnu et soit propagé un peu partout fait que les structures de collectes de données n’étaient pas spécialement adaptées ». Certes, il y a des plateformes qui ont fait un travail qui a servi à tout le monde. À titre d’exemple à l’Université John Hopkins, et le Centre Européen de recherche sur les maladies. Mais affirme-t-elle « on n’a pas une situation qui est très simple pour traiter les statistiques sur ce sujet ». Elle suggère à cet effet, « l’utilisation des indicateurs, les plus faciles notamment le nombre de décès, le nombre de cas, le nombre d’hospitalisations et surtout essayer de bien l’expliquer aux lecteurs. Car les chiffres sont une information, qu’il faut croiser, vérifier puis contextualiser ». C’est pourquoi selon elle, les chiffres doivent être reçu à temps afin d’obtenir un résultat satisfaisant. Le manque d’expert journaliste dans le domaine médicale et scientifique est également un autre problème pour la data journaliste. Pourtant, il faut une bonne communication du Covid comme le suggère Gérard Maudrux dans l’interprétation des chiffres.

Pour Marie Coussin, « même incomplète, les statistiques restent un vecteur de connaissance et de compréhension indispensable ». Et pour relever ce défi, elle conseille aux journalistes, « l’utilisation des sources externes notamment celles de l’Université John Hopkins et celles du Centre Européen de recherche médicale qui font déjà un travail de vérification ». Aussi, il ne faut pas passer sous silence les données fournies par les agences nationales de santé. Toutefois, il faut prendre en compte les résultats qui selon elle, peuvent varier d’un pays à un autre.

LE MODELE MATHEMATIQUE UTILISE DANS L’INTERPRETATION DES RESULTATS AU RWANDA

Dans l’interprétation des chiffres du coronavirus, les modèles mathématiques ont joué un très grand rôle en Afrique. Au Rwanda par exemple, toute une équipe travaille au quotidien sur les chiffres et les prédictions sur la covid-19. Selon Maurice Ndashimye, les modèles utilisés dans l’interprétation des chiffres, sont des modèles compacts. Le travail à cet effet consiste à utiliser « la dynamique interne d’une population afin de voir s’il y a des sources d’infections qui viennent de l’extérieur, ou encore s’il y a des contaminations internes ». Ceci permet selon ce dernier d’estimer une probable contamination dans les jours ou semaines à venir. Un modèle qui selon lui a très bien marché jusqu’à maintenant.

 De plus malgré les défis sanitaires auxquels le continent est confronté à l’on, note un niveau faible de contamination, et une baisse considérable du taux de mortalité. Ce phénomène s’explique selon Maurice Ndashimye par « une différence dans les gênes, dans les chromosomes et des antécédents médicaux ». Gérard Maudrux allant dans le même sens déclare, « une hypothèse dont on ne parle pas, c’est le facteur ethnique et non-racial. Si les noirs africains sont moins touchés par les Européens, il y a manifestement quelque chose dans les chromosomes qui fait qu’on est plus ou moins sensible».

LES CHIFFRES, UN PROBLEME POUR LA SECURITE SANITAIRE

Pour déclarer chaque maladie, le médecin est mieux placé. Aussi, selon Gérard Maudrux, « Tout dépend de la capacité d’accueil des services de réanimation. Et tant, que cette capacité n’est pas saturée, le pays ne court aucun danger. Ainsi, pour le savoir, il y a selon le chirurgien urologue « des chiffres des malades du jour et tenir compte des décalages». Dans la mesure où la capacité d’accueil n’est pas prise en compte, elle devient dangereuse. Pour Maurice, une immunité collective est souhaitable. Nombreux sont ces personnes, sauf qu’il faut aller progressivement. « À ce jour, aucun traitement. Certes, il faut opter pour un vaccin dans le traitement du coronavirus, mais il ne faut pas aussi se précipiter. Car selon le chirurgien si un médecin dit qu’il traite ces patients de telle manière, il faut chaque fois le vérifier sur une série un peu plus grand». Le journaliste est donc appelé à travailler, à réfléchir, et à avoir du bon sens. 

 


LA SECURITE SANITAIRE

« Une bonne information dans le contexte de la pandémie du coronavirus, peut sauver des vies ». Car selon Maurice Ndashimye, « même si certains  chiffres ne sont pas exacts, il y a toujours une information, que le journaliste doit véhiculer ». Toutefois pour ce qu’il faudra donner, c’est uniquement le chiffre de malade. Selon Gérard Maudrux, enregistre ces derniers jours, l’on enregistre tant de malades. Et pour le savoir, il faut passer par le médecin. Le test du Covid est un examen médical, il doit être sur prescription médicale. Ainsi explique-t-il, « Au début de la pandémie beaucoup d’erreurs ont  été faites. Pour certains, c’était une pneumopathie, pour d’autre c’est une maladie pulmonaire ou encore un manque d’oxygène. Or, à suivre la maladie de prêt, les indices révèlent un problème vasculaire-pulmonaire, raison pour laquelle les corticoïdes, qui autrefois étaient interdites sont autorisés dans le traitement de la pandémie» a-t-il déclaré. Et d’ajouter « Il faut  même mettre au même niveau la grippe saisonnière et le Covid19, tant en matière de contamination. Le seul problème est que le Covid-19 est plus grave parce qu’on n’a pas de traitement ».

LA PART DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE

Dans le traitement du coronavirus, l’OMS a élaboré un protocole pour accepter des médicaments, tout en prenant en compte les effets que cela pourraient engendrer. Mais pour le faire respecter l’institution onusienne doit mettre son poids dans la balance. «Beaucoup de médicaments qu’on utilise en Afrique, et même des vaccins ne sont pas fabriqués en Afrique. On se pose de nombreuses questions sur leur efficacité. Surtout qu’il n’y a pas une étude locale, conduit par des pays africains pour la tester » a déclaré Maurice Ndashimye, avant d’ajouter, «si l’OMS voudrait harmoniser quelque chose, forcément, il doit jouer le « policier » car selon ce dernier, « il y a des systèmes qui étaient là depuis des années, ils ne vont pas le changer pour une maladie ».

 

Emanuel AKAKPO

E-Mail: togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

IPDCP-1

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

− 1 = 1
Powered by MathCaptcha

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

Privacy & Cookies Policy