Parés de leurs plus beaux habits, les chefs traditionnels des communautés Aflao, Agoè-Nyivé et Bè, accompagnés de jeunes filles et garçons en apparats traditionnels, ont donné une dimension particulièrement solennelle à cette 8ᵉ édition de Dunenyo Zã. La grande apothéose s’est tenue ce samedi 15 août 2026 sur le stade communal d’Avédji Anyigbé, communément appelé Franciscains, dans le canton d’Aflao-Gakli.
Placée sous le thème « Avec Dunenyo Zã, valorisons la jeunesse et la femme, acteurs du développement durable », la manifestation a rassemblé de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, le ministre de l’Administration territoriale, le colonel Awaté Hodabalo, la ministre de la Communication, Yawa Kouigan, et le ministre de la Culture, Isaac Tsiakpé. Des gouverneurs de la Région Maritime, députés, maires du Grand Lomé, chefs traditionnels, fils et filles des trois communautés, ainsi que des membres de la diaspora ont également pris part aux festivités.
Atopani, chefs traditionnels et cultures du Grand Lomé
Les festivités ont démarré au rythme de l’Atopani, le tam-tam parlant, qui a donné le ton avant de laisser place à l’animation populaire assurée par différents groupes culturels.
Mais l’un des moments les plus marquants a été sans conteste la procession d’arrivée des chefs traditionnels du Grand Lomé. Dans leurs attributs royaux, entourés de jeunes en costumes et décors traditionnels, les dignitaires ont offert une scène particulièrement symbolique, donnant à la cérémonie une forte dimension patrimoniale.
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Cette mise en scène de la tradition a été prolongée par les différentes prestations artistiques et culturelles. Chants, danses, rythmes traditionnels et démonstrations des savoir-faire locaux ont contribué à faire de l’apothéose de Dunenyo Zã un véritable espace de transmission culturelle. La passage des groupe kamou et So de la région de la Kara ont aussi donné une touche nationale à la célébration.
Un grand son et lumière pour magnifier le patrimoine
Au-delà des discours officiels et des séquences protocolaires, la fête a également pris une dimension spectaculaire avec un son et lumière, donnant une autre profondeur à la célébration.
Le patrimoine culturel des communautés Aflao, Agoè-Nyivé et Bè s’est ainsi exprimé non seulement à travers les costumes, les danses et les instruments traditionnels, mais aussi dans une forme artistique contemporaine capable de toucher un public plus large, notamment la jeunesse.
Cette orientation rejoint l’esprit même de Dunenyo Zã, conçue comme une fête de retrouvailles, de dialogue et de transmission des traditions. La présidente du comité d’organisation, Gozo Assoupui, avait d’ailleurs présenté l’événement comme une occasion de mettre en lumière les expressions artistiques, les savoir-faire locaux et le patrimoine des Ewé du Grand Lomé.
Le choix d’Aflao pour accueillir cette 8ᵉ édition s’inscrit dans la rotation entre les trois grandes communautés du Grand Lomé. Les préparatifs avaient officiellement démarré en mars 2026 avec la remise symbolique du flambeau à la communauté Aflao.
Dunenyo Zã, bien plus qu’une fête
Dans son intervention, le président du Conseil fédéral de Dunenyo Zã, Dr Eloi Amegan Ayamenou, a rappelé l’histoire de cette célébration née en 2017. Il a notamment insisté sur la nécessité pour la jeunesse et les femmes de s’approprier les valeurs de Dunenyo Zã afin de contribuer à la préservation et à la transmission de l’identité culturelle.
Depuis sa création, Dunenyo Zã s’est progressivement imposée comme un cadre de rapprochement entre les communautés Aflao, Bè et Agoè-Nyivé. Selon les éléments présentés lors de cette édition, sept célébrations avaient déjà été organisées avant 2026, à l’exception des années 2020 et 2021 en raison de la pandémie de Covid-19. La fête se veut désormais un espace de mutualisation des compétences, de solidarité et de réflexion autour des enjeux de développement du Grand Lomé.
Cette vocation dépasse donc largement le cadre d’une simple réjouissance populaire. Les organisateurs veulent en faire un instrument de cohésion, de valorisation culturelle et de transmission intergénérationnelle.
Isaac Tsiakpé : « aucun développement durable sans mémoire, identité et cohésion »
Prenant la parole au nom du Président du Conseil, le ministre de la Culture, Isaac Tsiakpé, a insisté sur la portée culturelle et sociale de Dunenyo Zã.
Selon lui, la fête constitue « un espace de mémoire et de transmission » permettant aux filles et aux fils des communautés de célébrer leurs racines, de raffermir leurs liens et de renouveler leur attachement aux valeurs qui fondent leur identité.
Le ministre a également mis l’accent sur la jeunesse et les femmes, au cœur du thème de cette 8ᵉ édition. Il a appelé à donner aux jeunes les moyens de créer, d’entreprendre et d’innover, tout en reconnaissant le rôle essentiel des femmes dans la famille, l’économie, la société et la gouvernance.
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Pour Isaac Tsiakpé, la culture doit ainsi accompagner le développement et contribuer au renforcement de la cohésion sociale. Il a également souligné que la paix, la tolérance, le respect de l’autre et la reconnaissance de la diversité constituent des fondements indispensables au développement du Grand Lomé.
Des mets traditionnels aux réjouissances populaires
La célébration n’a pas seulement sollicité les yeux et les oreilles. Les participants ont également été invités à découvrir quelques spécialités culinaires des communautés Aflao, Agoè-Nyivé et Bè à travers une dégustation symbolique de mets traditionnels.
Après l’apothéose sur le site d’Avédji Anyigbé, la fête s’est prolongée dans les quartiers à travers des réjouissances populaires.
Ainsi, entre Atopani, procession royale, danses traditionnelles, gastronomie du terroir et son et lumière et en attendant que Agoè-Nyivé ne prenne la relève l’année prochaine, Dunenyo Zã 2026, aura offert aux communautés du Grand Lomé une célébration mêlant héritage ancestral et expressions artistiques contemporaines.
Une manière pour Aflao, Bè et Agoè-Nyivé de rappeler que la culture n’est pas seulement une mémoire du passé : elle peut également constituer un puissant outil de rassemblement, de transmission et de construction de l’avenir.
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Albert Akouété AGBEKO
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