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DOSSIER: A Kovié, les femmes enceintes, grâce à la clinique mobile, bénéficient d’une échographie une fois tous les trois mois

 


 

Kovié, localité située à environ 35 km au nord de Lomé, dans la commune Zio 2, est une zone difficile d’accès. Ce mercredi 30 septembre 2020, des dizaines de femmes se sont rassemblées devant le CMS de la commune. Et pour cause, ce jour-là, elles ont  rendez-vous avec la clinique mobile de l’Association togolaise de bien-être familial (ATBEF). Une fois tous les trois mois, cette clinique ambulante visite la localité pour offrir gratuitement diverses prestations à la population.

 

 

Pour cette séance en dehors du paquet de services habituellement offerts, l’échographie était à l’honneur. Ce qui explique la présence remarquée des femmes. Peu avant les consultations, la sage-femme entretient ces dernières sur une thématique donnée liée à la santé. Assidument, ces femmes suivent les explications et quand il y a une zone d’ombre, elles n’hésitent pas à lever le doigt pour poser des questions. Après cette causerie d’environ trois quart d’heure, place à l’échographie elle-même. Suivant le numéro d’ordre, une à une les femmes munies de cache-nez rentrent dans la clinique après s’être préalablement pliées au dispositif de lavage des mains.

 

IMPORTANCE DE L’ECHOGRAPHIE

Après quelques minutes passées dans la cabine, Mme Abla, la première à être consultée en ressort. A 45 ans, elle attend son sixième enfant, mais c’est la première fois qu’elle découvre l’échographie. C’est par ignorance avoue-t-elle. « Maintenant que j’ai compris son importance, surtout que je sais qu’elle permet de connaitre mon état de santé ainsi que celui du nouveau-né, je suis là. Même si ce n’est pas gratuit, je le ferai. C’est avant qu’on peut accoucher sans faire l’échographie. Aujourd’hui, avec le modernisme, ce n’est plus possible », confie la quadragénaire. 


 

Essi Dovéné, 22 ans, est à sept mois de sa seconde grossesse. Elle avoue respecter les visites prénatales. Pour sa dernière grossesse, elle n’a pas fait d’échographie faute de moyens. (Au Togo, le coût de l’échographie varie entre 7 000 F CFA et 15 000 F CFA selon les cliniques; ce qui n’est pas souvent à la portée de toutes les femmes, surtout en milieu rural si le service d’échographie existe). Mais pour cette grossesse, c’est la seconde fois qu’elle le fait. Elle était déjà là lors du dernier passage de l’équipe de la clinique mobile dans la commune. « L’échographie est très importante car elle nous permet de connaitre les pathologies dont devrait souffrir un enfant », dit-elle. 


 

Quant à Honorine, elle connait bien l’échographie puisqu’elle l’a fait pour ses deux premières grossesses. Elle connait son importance même si elle a un petit bémol la concernant. « Le résultat n’était pas fiable car le sexe qu’ils m’ont prédit n’est pas celui sorti, j’espère que cette fois-ci ce sera fiable » optimise-t-elle.

Selon Mme Edoh AGBOVI épouse Kokou, Sage-femme au sein de la clinique mobile, l’importance de l’échographie chez la femme et particulièrement chez la femme enceinte n’est plus à démontrer. Au minimum, on doit en faire trois fois au cours d’une grossesse, conseille-t-elle. L’échographie au cours des trois premiers mois de grossesse permet de voir la morphologie du fœtus, s’il a une malformation, une pathologie qui peut entraver sa vie intra-utérine et même extra-utérine, ou s’il faut laisser cette grossesse aller à terme avec la pathologie.

L’échographie dans le deuxième trimestre de grossesse permet de voir la position de l’enfant : « s’il se présente par la tête, s’il a une position normale, une position transversale, s’il se présente par le siège. Ou encore de connaitre le poids fœtal : est-ce que l’enfant est trop gros ou trop petit. Si la quantité du liquide amniotique qui est sur l’enfant est normale ou non », a expliqué Mme AGBOVI. Enfin, l’écho du dernier trimestre permet de voir le cordon et la circulaire. Mais surtout ce qui intéresse les femmes, c’est qu’elle permet de détecter le sexe du bébé. Ce qui permet aux futurs parents de se préparer à l’accueillir. C’est au cours de cette dernière échographie également que le pronostique de l’accouchement est effectué : « l’enfant peut naitre par voie basse ou par voie haute comme la césarienne », a-t-elle précisé.

 Tous les services offerts à bord de la clinique mobile sont gratuits et les résultats sont donnés instantanément. « Lorsque nous constatons un problème au niveau de ces échographies, les intéressés sont référés aux sages-femmes qui sont dans la communauté, et si le cas dépasse les compétences de ces dernières, ils sont référés à une structure chirurgicale », explique Dr MBORTCHE Bingo, médecin-gynéco-obstétricien, chef division médicale à l’ATBEF.

 

 LA CLINIQUE MOBILE

La clinique mobile est une voiture dite « voiture clinique » qui se déplace d’une localité à une autre pour offrir les services de santé, d’où on parle de clinique. Elle passe deux jours dans chaque localité. L’intérieur de la clinique mobile est subdivisée en deux parties : une partie pour le counseling pour recueillir les infos du patient et l’autre partie par les prestations comme l’insertion des implants, l’insertion du dispositif intra-utérin (DIU), l’examen gynécologique, la réalisation des échographies…

Le premier compartiment est plus consacré à l’interrogatoire et au remplissage des outils de la collecte des infos sanitaires. Ce n’est qu’après que le patient est dirigé vers le deuxième compartiment pour les procédures.


 

 A bord de la clinique, il y a trois prestataires. Le chauffeur qui parfois appuie l’équipe médicale pour orienter les clients; une sage-femme responsable de la clinique qui a pour rôle d’examiner les femmes, de les prendre en charge, de leur administrer les méthodes contraceptives et faire les consultations prénatales. En dehors de la sage-femme, il y a deux accoucheuses d’Etat qui ont été formées à la prise en charge et à l’administration des méthodes contraceptives. Ces trois prestataires ne sont pas tout letemps à bord de la clinique. Ils font une rotation à raison de deux prestataires par semaine pour permettre au prestataire au repos de faire des rapports périodiques.

A la tête de cette équipe se trouve un médecinqui supervise tout. C’est lui qui offre l’échographie et les services de gynécologie qui n’ont pas trouvé solution à bord de la clinique.

IMPACT DE CORONAVIRUS

Financée par l’UNFPA, la clinique mobile a pour but de rapprocher les services sanitaires des communautés et d’aider les populations vulnérables, pauvres marginalisées de pouvoir bénéficier des services de santé. Elle offre des prestations de service de santé sexuelle et de la reproduction.

Mais la pandémie à coronavirus a bouleversé les activités. « Les gens adhéraient aux prestations que nous leur offrions, mais dès le début du coronavirus on a constaté que la fréquentation a un peu chuté parce que la plupart ont peur. Certaines nous ont même dit qu’elles ont appris que les Blancs vont nous donner le virus pour leur transmettre », confie Mme AGBOVI. Dr MBORTCHE a confirmé les dires de Mme AGBOVI. Il parle de bouleversement d’activités ayant entrainé un congé technique d’un mois. Finalement « grâce aux sensibilisations les gens ont fini par comprendre qu’il fallait vivre avec la maladie », souligne-t-il. Aujourd’hui, avec la progression de la pandémie des dispositions ont été prises au niveau de la clinique pour que l’offre de service puisse continuer dans le strict respect des mesures barrières, ce qui fait que toutes les femmes qui viennent bénéficier des prestations portent des cache-nez.

 


Albert AGBEKO

E-Mail: togoscoop@gmail.com

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