La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a livré ce lundi 21 juillet 2025 les résultats provisoires des élections municipales tenues le 17 juillet. Sans grande surprise, l’Union pour la République (UNIR) confirme sa mainmise sur l’appareil politique togolais (après les législatives, les sénatoriales, les régionales, …) avec une écrasante majorité des sièges. Ces élections marquent également le retour sur le podium de l’ANC et quelques percées intéressantes dans le paysage politique local.
UNIR toujours hégémonique avec plus de 75% des sièges
Sur un total de 1 527 sièges de conseillers municipaux à pourvoir, UNIR s’adjuge 1 150, soit 75,31% des sièges. Le parti au pouvoir renforce ainsi son ancrage local et confirme son statut de rouleau compresseur électoral, même à l’échelle décentralisée. Le parti fait mieux que lors des dernières municipales en 2019 où il n’a pas pu dépasser la barre de 1000 élus.
Cette performance écrasante lui garantit la majorité absolue dans la quasi-totalité des communes du pays, consolidant sa position dominante à l’échelle nationale.
L’ANC retrouve sa place de deuxième force politique
En recul sur la scène nationale, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) opère un léger retour en force. Avec 51 sièges (soit 3,37%), le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre redevient la deuxième force politique municipale du pays. Même si ce chiffre reste modeste, il traduit une certaine résilience dans des bastions traditionnels de l’opposition.
UFC, ADDI, BATIR et TOVIA, un top 6 aux allures de mosaïque
Loin derrière l’ANC, d’autres partis s’imposent timidement :
Union des forces de changement (UFC) : 38 sièges (2,49%)
Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) : 34 sièges (2,23%)
BATIR de Vincenzia Afiwavi Meyer : 33 sièges (2,16%)
TOVIA, la surprise du scrutin : 24 sièges (1,57%)
La performance de TOVIA, tout jeune mouvement dirigé par le ministre Gomado, transfuge de l’ANC, est notable. En moins de six mois d’existence, ce mouvement a su mobiliser et décrocher des sièges dans plusieurs localités, s’inscrivant déjà comme un acteur à surveiller.
Une offre politique éclatée, mais peu compétitive face à UNIR
Au total, 500 listes ont été engagées dans cette compétition électorale, incluant 28 partis politiques ou regroupements et 44 listes indépendantes. Pourtant, la concentration des résultats sur une poignée de formations traduit un manque de compétitivité généralisé face à la machine UNIR.
Des partis comme le PSR, MPDD, MCD, FDR, PDP, ne dépassent pas vingt sièges. L’émiettement de l’opposition, l’absence de stratégie commune et les difficultés logistiques semblent avoir limité leur impact.
Taux de participation : une mobilisation en demi-teinte
Officiellement, la participation s’établit à 56,74%, avec 43,22% d’abstention. En chiffres absolus :
Nombre d’électeurs inscrits : 4 637 998
Votants : 2 631 987
Suffrages exprimés : 2 556 212 (soit 55,15%)
Ce désintérêt des électeurs surtout dans les grandes villes n’a pas favorisé l’opposition.
Ces municipales 2025 confirment le poids dominant d’UNIR, qui continue de régner sans partage sur le paysage politique togolais, même au niveau local. L’opposition progresse timidement, mais reste fragmentée. La consolidation d’alternatives politiques crédibles semble encore lointaine, malgré quelques signaux prometteurs, notamment du côté de TOVIA ou de BATIR.
La suite dépendra de la capacité de ces formations à se structurer, à proposer des projets locaux pertinents et surtout, à reconquérir la confiance des électeurs dans une ‘’démocratie’’ encore très centralisée.
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de togoscoop.tg, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.
Albert AGBEKO
E-mail :togoscoop@gmail.com
Tél (00228): 90 96 63 64 /99 56 57 88 Pour vos reportages annonces et publicité contactez la direction commerciale de votre site Togoscoop.



