A quelques heures du début de la campagne électorale pour le double scrutin législatif et régional, coup de théâtre : le président de la République par un simple communiqué reporte le scrutin de façon sine die. Alors que les états-majors des partis politiques avaient déjà engagé des dépenses pour le début de cette campagne. Qui paie alors ces préjudices subis par ces formations politiques ?
Les préjudices sont énormes, confie un responsable politique. « Nous avons investi dans l’acquisition de certaines compétences, des spécialistes extérieurs qui séjournent dans les hôtels à nos frais. Les outils de communication pour la campagne électorale : des flyers, t-shirts, des affiches, déjà conçus portent la plupart les inscriptions élections législatives et régionales du 20 avril », regrette ce responsable politique.
« Depuis hier, nous tentons de joindre en vain des clients qui ont fait des commandes de plusieurs gadgets de campagne chez nous. Mais ils ne décrochent pas. Nous avons sous les bras les gadgets déjà conçus. Or, la plupart sont fait sous fonds avancé. Comment allons-nous faire », se demande Koffi, patron d’un atelier de sérigraphie situé sur l’avenue Pya à Lomé.
« Nous avons déjà fait les commandes de gadgets et des dépenses liées à la mobilisation pour les élections avant le report mais dans tous les cas, les populations vont comprendre », souligne un candidat.
Pour cet électeur, ce report a pour but de fragiliser d’avantage l’opposition car le pouvoir sait qu’elle n’a pas les moyens. « UNIR a senti que cette fois-ci l’opposition ne commettra plus l’erreur du boycott, apeurée elle reporte l’élection sachant qu’en terme de moyen, l’opposition sera asphyxiée financièrement alors que le pouvoir puise dans les caisses et les moyens de l’Etat sont utilisés pour la campagne », confie cet électeur qui demande un dédommagement pour préjudices subis par les candidats.
Nos calendriers professionnels ont ainsi reçu un coup, relate un candidat qui a dû déposer une demande de congé pour s’occuper de sa campagne électorale. Avec le report il se demande comment faire pour annuler le congé.
Dans cette situation, c’est les petits candidats qui s’en sortent bien. Dépourvus de moyens, ils peinent dans les préparatifs de la campagne. Conséquence, la plupart n’ont pas encore engagé de dépenses avant le report. Ils n’ont pas été sérieusement affectés.
Prévues pour se tenir avant fin décembre 2023, les élections n’ont jamais été organisées à la date échue. Fixées une première fois sur le 13 avril 2024 pour finalement être reportées sur le 20 avril 2024. Le gouvernement n’a cette fois-ci avancé aucune autre date.
Clarisse AFANOU
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