Togo : Aimé Gogué appelle l’opposition à mettre fin aux querelles sur les réseaux sociaux
Face aux divisions qui fragilisent les forces démocratiques togolaises, le président national de l’ADDI, Tchabouré Aimé Gogué, invite les responsables politiques, les organisations de la société civile et les utilisateurs des plateformes numériques à privilégier le débat d’idées, la vérification des informations et le respect mutuel. Il propose une discipline collective fondée sur trois questions : « Est-ce vrai ? Est-ce utile ? Est-ce bon ? »
Au Togo, la reconquête démocratique passe aussi par une utilisation plus responsable des réseaux sociaux. C’est le message adressé par Tchabouré Aimé Gogué, président national de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), à des responsables de partis politiques, des acteurs de la société civile et des administrateurs de groupes WhatsApp. Dans une tribune partagée sur les réseaux sociaux consacrée à la situation politique nationale, il appelle les forces de l’opposition à préserver leur unité et à transformer les plateformes numériques en instruments de mobilisation citoyenne.
Arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et anniversaire du 5 octobre 1990
Pour le responsable de l’ADDI, deux événements récents offrent des possibilités de relancer l’action démocratique : l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO relatif à la situation politique et institutionnelle du Togo, suivi de l’élaboration d’un mémorandum de sortie de crise par plusieurs partis et organisations de la société civile de l’opposition, ainsi que la commémoration du 36ᵉ anniversaire des événements du 5 octobre 1990.
La participation de nombreux jeunes aux manifestations organisées à cette occasion constitue, selon lui, un signe encourageant. Il estime que ces dynamiques doivent favoriser une mobilisation plus large autour de l’alternance politique et d’une gouvernance répondant davantage aux attentes des citoyens.
Mais cette perspective risque d’être compromise par les affrontements verbaux qui se multiplient entre acteurs se réclamant pourtant de l’opposition.
Les querelles numériques, une menace pour la crédibilité de l’opposition
Depuis 2020, observe Aimé Gogué, les réseaux sociaux sont devenus des espaces où s’expriment des injures, des attaques personnelles, des accusations de trahison et des soupçons de connivence avec le pouvoir. Certaines de ces interventions reposeraient sur des rumeurs ou des informations dont la véracité n’a pas été établie.
Pour lui, répondre systématiquement aux insultes par d’autres insultes entretient un climat de méfiance et accentue les divisions internes. Plus grave encore, la remise en cause permanente de la crédibilité des responsables de l’opposition risque de convaincre l’opinion publique, mais aussi les partenaires régionaux et internationaux, qu’aucune alternative politique crédible ne se dégage.
Le président de l’ADDI ne plaide toutefois pas pour la suppression de la critique. Il reconnaît que les dirigeants de l’opposition ont commis des erreurs et que leurs décisions doivent pouvoir être discutées. Il distingue cependant la critique argumentée d’une stratégie visant à détruire personnellement ceux qui font l’objet de désaccords.
La méthode des trois tamis pour responsabiliser les internautes
Pour sortir de cette spirale, Aimé Gogué recommande de s’inspirer des trois tamis traditionnellement attribués à Socrate avant toute publication : « Est-ce vrai ? Est-ce utile ? Est-ce bon ? »
La première question invite à vérifier les faits avant de relayer une information. La deuxième conduit à s’interroger sur la contribution du message à la mobilisation démocratique. La troisième rappelle la nécessité de préserver le respect de l’interlocuteur, même en cas de désaccord.
Cette démarche, reconnaît-il, exige des efforts dans un contexte marqué par les frustrations et les déceptions politiques. Elle ne signifie ni l’instauration d’une pensée unique ni l’interdiction du débat contradictoire.
L’objectif est plutôt de faire des réseaux sociaux des espaces d’information, de sensibilisation et de rassemblement, notamment pour répondre aux préoccupations des jeunes confrontés au chômage, à la précarité et aux difficultés d’insertion professionnelle.
« C’est ensemble que nous pourrons créer un rapport de force à notre avantage. C’est ensemble que nous construirons le Togo de demain », conclut le président national de l’ADDI, appelant les leaders politiques et les administrateurs de plateformes à promouvoir cette discipline collective auprès de leurs militants et de leurs communautés.
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Albert Akouété AGBEKO
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