En parcourant la toile dans les heures qui ont suivi la libération de l’activiste togolais, Fovi Katakou, le sentiment largement partagé par la majorité des internautes togolais est le soulagement. « Dieu merci ! », « il n’a pas sa place là-bas », « grâce soit rendue au Seigneur pour cette remise en liberté », « La raison a finalement prévalue » sont quelques-unes des réactions qu’on pouvait lire sur la toile indépendamment des couleurs idéologiques ou politiques.
En approuvant cette remise en liberté quoique sous contrôle judiciaire, ce n’est pas que les Togolais donnent carte blanche à l’impunité. Au contraire, ils sont foncièrement attachés à la justice et ils le démontrent à travers cette réaction. Seulement ils trouvent que la décision de garder un activiste de surcroit handicapé moteur sévère qui n’a que pour arme un clavier (comme le disait il y a trois décennies un conférencier à la conférence nationale « notre arme c’est le bic ») alors que des auteurs de crime de sang et de crime économique sont dans la nature est injuste.
Malgré leur divergence politique, les Togolais ont prouvé à travers cette réaction qu’ils sont attachés à certaines valeurs qui ont pour nom la justice, l’équité, l’humanisme… Cette réaction est un point positif pour la réconciliation nationale. C’est la preuve que ce qui les divise n’est pas aussi grand.
Bon nombre de citoyens n’ont pas compris comment une gouvernance qui place l’homme au centre de ces préoccupations peut-elle détenir une personne en situation d’handicap de cette nature et qui a besoin d’une assistance pour tout accomplir à la prison civile de Lomé parmi des brigands de tout acabit sous ce chef d’accusation. D’ailleurs, les mauvaises langues racontent que lorsque les militaires envoyés pour l’interpeller ce 11 décembre 2021 se sont rendu compte qu’ils sont en face d’une personne en situation d’handicap, ils se sont dit qu’ils sont trompés de personne que la personne qu’on leur a dit d’interpeller dont on raconte qu’elle est virulente sur les réseaux sociaux ne peut pas être la personne en face.
Cette solidarité des Togolais par rapport à ce cas prouve à suffisance qu’il y a un écart entre le sommet de l’Etat, entre la justice et le peuple. C’est en cela que les dirigeants doivent faire l’effort d’arrimer la gestion du pays avec les valeurs que défendent la majorité de la population togolaise pour qu’il n’y ait pas trop de rupture entre le peuple et ses dirigeants. La gouvernance du pays doit être axée sur l’humanisme. Car il ne sert à rien de garder des prisonniers d’opinion dans les geôles au moment où des prisonniers de sang et de crime économique court les rues.
La justice togolaise une belle partition à jouer pour redonner confiance aux citoyens.
Francine DZIDULA
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