TOGO – Le FTSCD tire la sonnette d’alarme sur les milices : « Le Togo ne peut être bâti sur la peur »
Dans une atmosphère politique tendue suite aux manifestations des 6, 26, 27 et 28 juin 2025, le Forum Togolais de la Société Civile pour le Développement (FTSCD) est monté au créneau, ce 16 juillet 2025, à Lomé, pour dénoncer, une fois de plus, la résurgence préoccupante des milices ou groupes d’autodéfense dans le paysage sociopolitique togolais.
Dans une conférence de presse sans détour, axée sur la préservation d’un climat de paix et de sécurité au Togo sans milices ou groupes d’autodéfense, M. PLE KERIM, Directeur Exécutif du FTSCD, a posé les mots justes :
« À chaque montée de tension sociale, un phénomène inquiétant refait surface : des groupes qui s’attaquent violemment aux manifestants, les traquent, les brutalisent… et tout cela, en toute impunité. »
Des propos graves qui sonnent comme un avertissement : la prolifération de ces milices, selon le FTSCD, menace la paix, la démocratie, l’État de droit, mais surtout le vivre-ensemble. Pire encore, ces agissements — souvent tolérés, voire soutenus par certaines mains invisibles — font craindre une spirale de violence incontrôlable.
Milices : une menace pour la nation
Dans un communiqué officiel lu par M. Talaki Edoh, Secrétaire Exécutif, le FTSCD a rappelé que ces groupes armés informels discréditent la confiance des citoyens envers les institutions.
« Les milices sont une menace pour la paix, le développement et la stabilité nationale. Elles entravent les efforts du gouvernement pour bâtir un État de droit. »
Le forum ne s’est pas arrêté au constat. Il a formulé cinq recommandations clés :
1. Condamner fermement les violences survenues lors des manifestations de juin 2025, tout en appelant toutes les parties à la retenue ;
2. Dénoncer la désinformation diffusée via les médias et réseaux sociaux ;
3. Encourager les forces de sécurité à agir avec professionnalisme et sans excès de force afin d’éviter tout usage disproportionné de la force;
4. Appeler à l’arrêt immédiat des activités des milices ou groupes d’autodéfense, quelles que soient leurs obédiences politiques ;
5. Exiger des enquêtes sérieuses pour situer les responsabilités sur les décès, violences et destructions.
L’appel au dialogue : une urgence nationale
Fidèle à sa ligne de paix et de médiation, le FTSCD exhorte les plus hautes autorités du pays à ouvrir un dialogue franc, structuré et inclusif avec l’ensemble des parties prenantes. Car pour le forum, l’avenir du Togo ne peut reposer sur la brutalité :
« L’avenir de notre pays ne peut être construit sur la peur, la brutalité et l’intimidation. Il doit se bâtir à partir du dialogue, du consensus, de la justice et du respect des libertés fondamentales. » – M. PLE KERIM
Alors que le pays continue de faire face à des défis sécuritaires sous-régionaux et à la tentation de l’extrémisme violent, le FTSCD rappelle que le recours aux milices est une dérive intolérable, quel que soit le bord politique.
À l’heure où le Togo cherche sa stabilité, cet appel solennel à la responsabilité collective mérite une réponse immédiate.
« Togolais, viens, bâtissons la cité. » conclut le communiqué, comme une invitation à l’action citoyenne.
Helly GBENE
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