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Secteur de l’enseignement/ Les temples de l’indiscipline et de la délinquance

 

Depuis que le Togo a fait le choix de ce qu’on appelle « la discipline positive », les cours de récréation et les salles de classe des écoles, collèges et lycées d’enseignement public sont devenus davantage des far west que des lieux d’enseignement, en évitant jalousement de parler d’éducation. Tout se passe comme si l’élève togolais a droit à tout et n’a point de devoir. C’est plusieurs générations de citoyens qui sont moulés ainsi, dans l’ignorance totale du devoir et de la mesure.

Une chose contrastante dans le secteur aujourd’hui, c’est le désarroi des parents d’élèves, il faut dire de certains parents. Ceux-là réclament à leur corps défendant le retour des châtiments corporels à l’école. « Ce qui est surprenant, c’est l’émoi avec lequel beaucoup de parents ont évoqué le sujet au cours de la journée de forum imposée par le ministre Kokoroko au cours de l’année scolaire passée. A chaque prise de parole, le sujet revenait mais toutes ces sollicitations se noyaient dans une réponse fatale : ce n’est plus permis d’utiliser le bâton ».

Ces élans sont l’expression d’un dépit et d’une inquiétude justifiés. Les élèves, dans le secteur public, sont devenus des OVNIs, une espèce de monstres insaisissables et innommables. La discipline positive (ensemble de sanctions alternatives attendues pour remplacer les châtiments corporels) les a transformés en des bourreaux capables du pire et de l’impensable. Des sources rapportent des scènes inouïes au quotidien dans les écoles : arrogance, défi à l’autorité, injures ouvertes, refus d’obtempérer, attitudes impudiques.

« Dans un lycée dans la zone portuaire, le personnel enseignant et administratif assiste hébété et impuissant à des scènes surréalistes : des élèves ont transformé les instants avant la rentrée de 7 heures et la première heure de travail en un véritable marché où tout se négocie. Il y a même des sachets de riz cuit qui passent de main à main », rapporte une source. « Figurez-vous que, après le marché, les premières heures de travail sont en fait des récréations précoces ; les élèves mangent et boivent pendant que les pauvres enseignants s’échinent à expliquer, à dérouler les enseignements », ajoute la source.

Pourquoi le phénomène ne s’éradique pas ? « La faute aux consignes liées à la discipline positive. On ne peut que dire : ne faites plus cela », « arrêtez ça » puisque tout est fait pour installer l’élève dans un « confort insolent », raconte une autre source. « Quand les enseignants audacieux mettent ces marchands et mangeurs à la disposition de la surveillance, on les leur ramène l’instant suivant avec la consigne : il n’est plus permis de garder des élèves en dehors des classes. Puis, c’est tout », souligne la source, avec dépit.

Dans un autre lycée, entre l’aéroport et la lagune, des sources rapportent combien les élèves sont incroyablement impolis, incorrects, indisciplinés et arrogants. « De la criminalité : robinets, tuyaux de distribution d’eau potable, entre autres, sont systématiquement volés ; du vandalisme : des véhicules 2 roues du personnel enseignant attaqués avec des pneus dégonflés et déchirés ; de l’indiscipline : non seulement 80% des élèves arrivent en retard au démarrage à 7 heures mais encore et surtout beaucoup déambulent sur la cour de récréation aux heures de cours. C’est un récit à minima de ce qui se vit dans les écoles », a indiqué notre source qui n’a pas manqué de préciser que, sans crier gare, sans aucune retenue, des élèves se permettent de faire tomber les murs du lycée juste pour éviter d’être retenus à l’entrée principale pour raison de retard.

On reviendra dans une série d’articles sur le drame disciplinaire et psychologique qui se joue dans les écoles, collèges et lycées du Togo. En attendant, il est urgent d’en appeler à la responsabilité de l’autorité politique.  Il est temps de faire le bilan de la discipline positive et de faire les recadrages qu’il faut. Malheureusement, jour après jour, les consignes se précisent, enjoignant aux enseignants et aux responsables des écoles de ne pas garder les élèves dehors, de ne pas leur imposer quelque punition que ce soit. L’école ne doit pas être une usine de fabrication de gangsters et de personnages dangereux et très peu recommandables.

A suivre.

 

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Magnim Tambanana

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