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Microfinance au Togo : l’APSFD-Togo renforce l’inclusion financière des femmes des marchés de Lomé

 

À l’occasion du mois de mars, dédié à la célébration des droits des femmes, l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Togo (APSFD-Togo) a organisé une conférence publique à Lomé à l’intention des femmes revendeuses. Cette initiative, désormais inscrite dans la durée, vise à mieux faire connaître les missions des institutions de microfinance et les opportunités qu’elles offrent aux populations, en particulier les plus vulnérables.

Placée sous la présidence de Mme Litaaba-Kassou Baya, directrice de la microfinance au ministère de l’Économie et des Finances, en présence du président du Conseil d’administration de l’APSFD-Togo, Gabiam Kokou, la rencontre a également permis de présenter les résultats d’une enquête de satisfaction menée auprès de 523 revendeuses et revendeurs dans 23 marchés de Lomé et de ses environs.

 

Une forte adhésion aux services de microfinance

Dans son intervention, Gabiam Kokou a rappelé que cette activité s’inscrit dans la dynamique internationale impulsée par la Journée du 8 mars, instituée par les Nations Unies, dont le thème 2026 est : « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles ».

La table d’honneur

Les résultats de l’enquête révèlent un attachement marqué des clients aux institutions de microfinance, principalement en raison de leur proximité et de leur accessibilité. Les produits les plus sollicités restent le crédit et l’épargne, tandis que les services digitaux demeurent encore peu exploités.

« Ces enseignements constituent un levier stratégique pour améliorer nos prestations et renforcer notre relation avec une clientèle majoritairement féminine », a souligné Gabiam Kokou.

Globalement, les bénéficiaires expriment un niveau de satisfaction appréciable, notamment sur la qualité de l’accueil et le professionnalisme du personnel. Toutefois, des attentes persistent, notamment l’accès à des crédits à plus long terme, le développement de solutions digitales adaptées et l’amélioration continue de la qualité de service.

 

Un secteur en pleine expansion mais confronté à des défis

Prenant la parole, Mme Litaaba-Kassou Baya a souligné l’importance stratégique des femmes dans le développement économique et l’inclusion financière au Togo. Elle a mis en avant les performances du secteur de la microfinance qui, au 31 décembre 2025, compte 155 institutions et 652 points de service pour près de 4,7 millions de bénéficiaires, avec un encours de dépôts dépassant 352 milliards de FCFA.

Malgré cette progression, des défis subsistent, notamment en matière de remboursement des crédits. « Il est essentiel d’identifier ensemble les difficultés rencontrées afin d’y apporter des solutions durables », a-t-elle insisté, rappelant l’engagement du gouvernement à travers des mécanismes comme le Fonds national de la finance inclusive.

 

L’éducation financière au cœur des solutions

Michel Adopre, expert en éducation financière

Au-delà des échanges institutionnels, la conférence a été marquée par une session d’éducation financière animée par l’expert Michel Adopre. À travers une présentation pédagogique intitulée « Ne confonds plus tes ventes et ton profit », il a sensibilisé les participantes aux bases d’une gestion saine des activités commerciales.

Sur le même sujet : APSFD-Togo présente les opportunités d’épargne aux femmes des marchés du Grand Lomé

L’expert a notamment insisté sur la nécessité de distinguer les ventes du bénéfice, de séparer les finances du commerce de celles du ménage, et de privilégier la marge bénéficiaire plutôt que le volume des ventes. Il a également encouragé les commerçantes à adopter une gestion rigoureuse à travers la tenue régulière de comptes.

 

Vers une meilleure adaptation des services

La publication des conclusions de l’enquête par le directeur exécutif de l’APSFD-Togo, Ange Kossivi Ketor, a confirmé la nécessité d’adapter davantage les produits financiers aux réalités des femmes des marchés.

Cette rencontre aura ainsi servi de cadre d’échanges constructifs entre institutions financières et bénéficiaires, dans une logique d’amélioration continue des services et de renforcement de l’inclusion financière.

Dans un contexte où les femmes jouent un rôle clé dans l’économie informelle, de telles initiatives apparaissent essentielles pour consolider leur autonomie économique et contribuer durablement au développement du Togo.

 

Réaction des participantes

Akam Akouvi, cultivatrice :

Faire un prêt est une bonne chose, surtout lorsqu’on sait bien le gérer. Cependant, nous rencontrons une difficulté majeure : certains de nos époux ne nous soutiennent pas toujours dans l’utilisation de ces fonds. Or, nous avons compris que c’est à travers une bonne gestion de notre part du prêt que nos activités peuvent prospérer. Lorsque cet argent est bien utilisé, cela nous évite même de recourir à de nouveaux crédits.

Un autre problème que nous rencontrons concerne les tontines ou cotisations confiées à certains agents de microfinance qui disparaissent avec les fonds. Cette situation est très décourageante.

Nous saluons néanmoins cette initiative de rencontre et félicitons les organisateurs. Nous nous engageons, de notre côté, à faire bon usage des prêts afin d’en tirer profit pour le bien de toutes.

 

Dossou Ameyo, revendeuse à Gbossimé :

Dans les marchés, nous constatons un manque de respect de la part de certains collecteurs de tickets, alors même que c’est grâce à notre présence qu’ils exercent leur activité. Nous leur demandons donc plus de considération, et en retour, nous nous engageons également à les respecter.

Concernant les institutions de microfinance, nous plaidons pour un assouplissement des conditions d’octroi des prêts. Malgré ces difficultés, je tiens à témoigner que grâce à un prêt obtenu, j’ai pu construire ma maison.

 

Agbéko Yawa, revendeuse au marché de Gbossimé :

Nous sommes honorées de participer à cette rencontre et remercions les institutions de microfinance. Nous leur demandons de mieux prendre en compte les réalités de chacune, que l’on ait un petit ou un grand étalage. Chaque femme doit pouvoir bénéficier de leur accompagnement. Nous souhaitons qu’elles soutiennent davantage toutes les femmes togolaises.

 

Abiti Rabie, présidente des femmes du marché de Hédzranawoè, coordinatrice de la plateforme des commerçants du Togo et conseillère municipale :

Mme Abiti Rabie,

Je suis très heureuse de cette rencontre, qui constitue une avancée importante pour les femmes. Je remercie les institutions de microfinance ainsi que toutes les participantes pour leur mobilisation.

Cette initiative va encourager les femmes à mieux gérer leurs crédits. Aujourd’hui, elles ont appris des notions essentielles pour bien utiliser les prêts et éviter les difficultés de remboursement.

Par exemple, lorsqu’une femme achète des marchandises à crédit, les prix sont souvent plus élevés. En revanche, avec un prêt en main, elle peut acheter au comptant à moindre coût et réaliser plus de bénéfices.

Nous demandons toutefois une réduction des taux d’intérêt, car certaines femmes se retrouvent à rembourser pendant de longs mois sans parvenir à s’en sortir. Il est important que ces situations soient examinées avec attention.

 

Tikena Manangora, présidente des femmes revendeuses du marché d’Attiégou :

Mme Tikena Manangora

Nous constatons des progrès, mais certaines préoccupations demeurent. Il arrive que des femmes, après avoir contracté un prêt, rencontrent des difficultés de remboursement. Pendant ce temps, les intérêts continuent de s’accumuler, ce qui alourdit davantage leur dette.

Nous souhaitons que les institutions de microfinance réfléchissent à des solutions pour ces cas, notamment en cas de difficultés passagères, afin d’éviter que les femmes ne sombrent dans un endettement excessif.

 

 

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Albert Akouété AGBEKO

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