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Rupture de la facture normalisée de l’OTR : quand l’administration fiscale pénalise les contribuables en règle

 

Alors que l’Office togolais des recettes (OTR) intensifie ses contrôles et multiplie les injonctions à l’endroit des opérateurs économiques pour le paiement des taxes et impôts, une situation paradoxale suscite colère et incompréhension sur le terrain : la rupture prolongée des carnets de factures normalisées. Depuis plusieurs jours, de nombreux commerçants, artisans et prestataires de services peinent à se procurer ce document pourtant obligatoire pour exercer leurs activités en toute légalité.

Instaurée depuis 2015, la facture normalisée de l’OTR constitue un instrument essentiel de transparence fiscale au Togo. Elle comporte notamment une vignette fiscale sécurisée, un numéro d’identification fiscale (NIF), ainsi que les détails complets de la transaction : montant hors taxe (HT), TVA éventuelle et toutes taxes comprises (TTC). Son objectif principal est de garantir la traçabilité des opérations commerciales, de lutter contre la fraude fiscale et de sécuriser les recettes de l’État.

Si les entreprises redevables de la TVA ainsi que celles ayant obtenu une autorisation spéciale peuvent éditer des factures personnalisées conformes aux exigences fiscales, les opérateurs non assujettis à la TVA restent, eux, dépendants des carnets de factures sans TVA fournis exclusivement par l’OTR. C’est précisément à ce niveau que le dysfonctionnement devient préoccupant.

 

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Depuis plusieurs jours, ces carnets sont introuvables dans plusieurs centres de l’OTR, plongeant de nombreux acteurs économiques dans l’incertitude. Une situation qui expose certains à des retards de livraison, des pertes de clients, voire à des sanctions pour non-respect des obligations fiscales.

« Nous sommes constamment sensibilisés à être en règle avec l’administration fiscale, à délivrer systématiquement des factures normalisées, mais aujourd’hui, c’est l’OTR lui-même qui nous empêche de respecter cette obligation », déplore Kossi A., commerçant de matériaux de construction à Lomé. « J’ai perdu plusieurs ventes parce que certains clients, notamment les entreprises, exigent obligatoirement une facture conforme avant de payer. »

Même frustration chez Afi M., gérante d’une boutique de fournitures de bureau. Pour elle, cette rupture fragilise la crédibilité des petites entreprises. « Quand un client demande sa facture et que vous expliquez qu’il y a rupture à l’OTR, il pense souvent que vous cherchez à éviter l’impôt. Cela crée une méfiance injustifiée et nuit à notre réputation. Pourtant, nous voulons simplement travailler dans la légalité. »

Cette pénurie soulève une interrogation de fond : comment exiger rigueur et conformité des contribuables lorsque l’administration elle-même ne parvient pas à assurer la disponibilité de l’outil de conformité qu’elle impose ? Le sentiment d’injustice grandit chez les opérateurs économiques, qui dénoncent une forme de harcèlement fiscal à sens unique.

Au-delà de la simple rupture de stock, c’est la question de la cohérence de la gouvernance fiscale qui est posée. La crédibilité de la réforme de la facture normalisée repose aussi sur la capacité de l’OTR à garantir un accès permanent et fluide à ces documents.

Dans un contexte économique déjà marqué par la pression fiscale, la hausse des charges et la baisse du pouvoir d’achat, cette situation apparaît comme une difficulté supplémentaire pour des acteurs économiques déjà fragilisés. Beaucoup appellent désormais l’OTR à réagir rapidement, non seulement pour rétablir l’approvisionnement, mais aussi pour restaurer la confiance entre administration fiscale et contribuables.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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