Togo : « Cette instrumentalisation de la justice transforme un acte citoyen en un prétendu crime d’État »
L’activiste et poète togolais Honoré Sitsofé SOKPOR, connu sous le pseudonyme d’Affectio, est une nouvelle fois au cœur d’une affaire judiciaire qui alimente les débats sur les libertés publiques au Togo. Après avoir passé près d’un an en détention en 2025 pour la publication d’un poème intitulé « Fais ta part », il a été placé à nouveau sous mandat de dépôt le 4 mai 2026 pour avoir photographié un caniveau en construction.
Cette nouvelle incarcération provoque une vague d’indignation parmi les organisations de défense des droits humains, notamment l’ACAT, la FIDH, l’OMCT, le CDFDH et le Tournons la page, qui dénoncent une instrumentalisation de la justice contre les voix critiques.
Des accusations lourdes pour une photographie d’ouvrage public
Selon les signataires du communiqué, Affectio a été interpellé le 24 avril 2026 avant d’être maintenu en détention pendant plusieurs jours. Il est poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « divulgation du bien de l’État ».
Les faits reprochés à l’activiste concernent la prise de photographies d’ouvrages publics destinés à lutter contre les inondations. Pour ses soutiens, cet acte relevait d’un simple exercice de contrôle citoyen de l’action publique.
Les organisations signataires estiment que cette affaire traduit une volonté de criminaliser l’engagement citoyen au Togo.
« Cette instrumentalisation de la justice transforme un acte citoyen en un prétendu crime d’État », dénoncent-elles.
Une affaire qui ravive les critiques contre la justice togolaise
Plusieurs griefs sont formulés contre les autorités judiciaires et sécuritaires dans cette affaire.
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Les signataires évoquent notamment : un dépassement des délais légaux de garde à vue ; des accusations jugées disproportionnées ; des actes de torture et de brutalités lors de l’arrestation ; un harcèlement ciblé contre un citoyen déjà poursuivi par le passé pour ses opinions.
Selon le communiqué, Affectio aurait subi « étranglement, brutalités et blessures » lors de son interpellation. Les auteurs du texte dénoncent une « impunité institutionnalisée » favorisant les détentions arbitraires.
Le précédent du poème « Fais ta part »
L’affaire rappelle celle de 2025, lorsque Honoré Sitsofé avait été arrêté après la publication de son poème engagé intitulé « Fais ta part ». Cette arrestation avait suscité une importante mobilisation de militants, d’acteurs politiques et d’organisations de défense des droits humains au Togo.
Après plusieurs mois de détention, il avait finalement bénéficié d’une grâce présidentielle en décembre 2025.
Quatre mois seulement après sa libération, son retour en prison relance les inquiétudes sur la situation des libertés d’expression et des droits civiques dans le pays.
Des inquiétudes sur les libertés publiques au Togo
Pour plusieurs observateurs, cette affaire illustre le climat de tension persistante entre les autorités et certains mouvements citoyens critiques du pouvoir.
Les organisations signataires appellent à la libération de l’activiste et à l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les accusations de torture et de détention arbitraire.
Elles estiment que la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et le contrôle citoyen de l’action publique, demeure un enjeu majeur pour l’État de droit au Togo.
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Clarisse AFANOU
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