Francophonie: Dacian Cioloș veut impulser une nouvelle dynamique à l’institution
Candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș défend une vision fondée sur la modernisation de l’organisation, l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat et une place centrale accordée à l’Afrique.
À quelques mois de l’élection du prochain secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, la compétition s’intensifie. Parmi les prétendants à la succession de Louise Mushikiwabo figure Dacian Cioloș, ancien Premier ministre de Roumanie et ancien commissaire européen à l’Agriculture.
Dans une récente interview accordée à AfricaPresse.Paris, le candidat roumain a exposé sa conception de la Francophonie et les principales orientations qu’il souhaite défendre s’il accède à la direction de l’organisation.
Faire de la Francophonie un espace d’opportunités
Pour Dacian Cioloș, la Francophonie ne doit pas être réduite à une simple communauté linguistique. Elle constitue, selon lui, un espace politique et humain reposant sur des valeurs communes et pouvant devenir davantage un cadre de coopération et d’opportunités.
Le candidat roumain estime notamment que la jeunesse représente l’un des principaux atouts de l’espace francophone. Il propose ainsi de mieux connecter l’apprentissage du français aux réalités du marché du travail, à la formation professionnelle et à l’entrepreneuriat.
Son ambition est de faire de la langue française un véritable levier d’insertion économique et sociale, notamment pour les jeunes générations.
Une campagne placée sous le signe de l’écoute
Depuis le lancement de sa candidature, Cioloș affirme avoir privilégié une démarche d’écoute et de consultation. Il dit avoir rencontré différents acteurs de la Francophonie afin de mieux comprendre leurs attentes et leurs préoccupations.
Ces consultations l’ont conduit dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Il affirme également avoir échangé avec des représentants des petits États insulaires.
Pour lui, la diversité des membres de l’OIF impose une gouvernance capable de prendre en compte la voix de chaque État, mais également celle des universitaires, des entrepreneurs, de la société civile et des différents opérateurs de la Francophonie.
Cette démarche doit, selon le candidat, contribuer à élaborer une vision renouvelée de l’organisation à l’horizon 2030.
Quatre candidatures et des visions différentes
La prochaine élection se déroulera dans un contexte marqué par une pluralité de candidatures. Dacian Cioloș considère cette diversité comme une manifestation de la vitalité démocratique de l’organisation.
Plutôt que de voir dans le nombre de candidats une source de division, il y voit une occasion de confronter plusieurs projets pour l’avenir de la Francophonie.
À ses yeux, le choix du prochain secrétaire général devrait avant tout reposer sur la pertinence du programme présenté, la capacité du candidat à rassembler les membres de l’organisation et son aptitude à adapter l’OIF aux mutations du monde contemporain.
La candidature d’un Européen à la direction de l’OIF pourrait susciter des interrogations dans un espace où l’Afrique occupe une place démographique et politique majeure.
Dacian Cioloș rejette toutefois l’idée selon laquelle l’origine géographique devrait déterminer la capacité d’un candidat à comprendre les enjeux africains. Il estime qu’une telle approche serait réductrice et pourrait conduire à une forme de méfiance à l’égard des candidatures non africaines.
Le Roumain affirme au contraire que l’Afrique occupe une place centrale dans son projet pour la Francophonie.
Cette orientation s’inscrit également dans la continuité de ses déclarations précédentes. Lors d’une conférence de presse à Paris en juin, il avait indiqué vouloir faire de l’Afrique une priorité, en raison notamment de son potentiel économique et de l’importance de sa jeunesse.
Les quatre candidatures à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour le mandat 2027-2030 sont :
- Louise Mushikiwabo — Rwanda, secrétaire générale sortante, candidate à un troisième mandat.
- Juliana Amato Lumumba — République démocratique du Congo (RDC), ancienne ministre et fille de Patrice Emery Lumumba.
- Coumba Bâ — Mauritanie, ministre conseillère et envoyée spéciale du président Mohamed Ould Ghazouani.
- Dacian Cioloș — Roumanie, ancien Premier ministre et ancien commissaire européen.
Les quatre candidats ont été auditionnés le 30 juin 2026 à Paris devant les ministres des Affaires étrangères des États et gouvernements membres de plein droit de l’OIF. C’est une première dans l’histoire de l’organisation.
L’élection du prochain secrétaire général doit avoir lieu lors du XXe Sommet de la Francophonie, à Phnom Penh au Cambodge, en novembre 2026, pour la période 2027-2030.
Lire l’intégralité de l’interview en cliquant sur le lien suivant: SG OIF / Dacian CIOLOS, ex-PM de Roumanie, candidat au SG de l’OIF : « La Francophonie (…) – AfricaPresse.Paris
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