Microfinance au Togo : l’APSFD devient APIM et Romaric Lissanon Dossou prend les commandes
L’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Togo (APSFD-Togo) change de nom et devient l’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance au Togo (APIM-Togo). Cette évolution institutionnelle s’accompagne d’un renouvellement de sa gouvernance. Réunis en Assemblée générale à Kpalimé, ce vendredi 30 octobre 2026, les membres ont porté Romaric Lissanon Dossou, directeur général de Millénium Microfinance, à la présidence du nouveau Conseil d’administration. Il succède à Kokou Gabiam, après quatre années à la tête de l’association.
Le secteur togolais de la microfinance ouvre ainsi une nouvelle page de son histoire. Au-delà du changement de dénomination, l’évolution de l’APSFD-Togo en APIM-Togo traduit une volonté d’adapter l’organisation professionnelle aux nouvelles exigences réglementaires qui encadrent désormais les institutions de microfinance dans la zone UEMOA.
Élu pour un mandat de deux ans à la tête d’un Conseil d’administration composé de sept membres, Romaric Lissanon Dossou hérite d’une mission importante : accompagner les institutions dans leur transformation, renforcer leur conformité aux nouvelles dispositions réglementaires et contribuer à l’assainissement du secteur.
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans le thème retenu pour l’Assemblée générale : « Transformer la microfinance pour bâtir des institutions plus résilientes, innovantes et inclusives. »
Une nouvelle gouvernance face aux exigences de la réforme
En prenant ses fonctions, le nouveau président du Conseil d’administration a affiché sa volonté de privilégier l’unité et la concertation entre les acteurs. Romaric Lissanon Dossou considère que la représentation des institutions, le plaidoyer, la conciliation et la défense des intérêts du secteur constituent les principales responsabilités de son mandat.
« Nous avons besoin de tous les acteurs pour pouvoir travailler ensemble », a-t-il insisté, appelant les directeurs généraux et les responsables des institutions de microfinance à une mobilisation collective.
Le nouveau bureau entend particulièrement accompagner les membres dans trois domaines prioritaires : la transformation institutionnelle, la conformité réglementaire et la digitalisation. Pour Romaric Lissanon Dossou, la nouvelle réglementation impose aux institutions de s’adapter aux exigences de gouvernance et de fonctionnement. L’APIM-Togo devra donc jouer un rôle d’accompagnement et de conseil auprès de ses membres, tout en participant aux efforts d’assainissement engagés par les autorités.
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Dans sa première déclaration officielle, il a également promis une gouvernance fondée sur l’écoute, la transparence et la concertation. « Je serai le président de tous les membres, à l’écoute de chacun et au service de notre intérêt commun », a-t-il assuré.
Ce changement intervient dans un contexte de réforme du cadre juridique de la microfinance. Le 19 février 2026, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi portant réglementation de la microfinance en République togolaise. Ce texte vise à transposer la loi uniforme de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), adoptée le 21 décembre 2023. Il entend notamment renforcer la gouvernance, la gestion du crédit, le contrôle interne et la fiabilité des systèmes d’information.
Le texte a ensuite été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 10 mars 2026, avant de suivre la procédure parlementaire au Sénat et à l’Assemblée nationale.
Gabiam Kokou quitte la présidence après quatre ans
Après deux mandats de deux ans, Kokou Gabiam quitte la présidence de l’association avec le sentiment du devoir accompli. Revenant sur son passage à la tête de l’organisation, le président sortant a évoqué les nombreux chantiers engagés depuis sa prise de fonction et les objectifs qu’il estime avoir atteints avec son équipe.
« C’est avec un sentiment de joie et de mission accomplie que je quitte la tête de l’association », a-t-il déclaré.
Il a également adressé ses encouragements à la nouvelle équipe dirigeante, tout en l’invitant à poursuivre les efforts engagés et à faire mieux là où l’ancienne équipe n’a pas pu atteindre tous ses objectifs.

Conscient des défis liés à la transformation institutionnelle et à la mise en conformité des institutions, Gabiam Kokou a assuré que son expérience resterait disponible pour accompagner ses successeurs.
Un secteur en progression, mais confronté à des défis persistants
Au cours de l’Assemblée générale, la directrice de la microfinance, Mme Baya Litaaba Kassou, a présenté les performances du secteur au titre de l’exercice 2025.
Les données communiquées font état de 632 points de service, soit sept de plus qu’en 2024, et de 155 institutions agréées, contre 156 l’année précédente.
Le nombre de membres, clients et bénéficiaires des services financiers est passé de 4 452 313 en 2024 à 4 687 700 en 2025, soit une progression de 235 387 personnes.
L’encours des dépôts a également progressé, passant de 387 milliards à 444 milliards de FCFA, tandis que celui des crédits est passé de 357 à 358 milliards de FCFA. En revanche, les crédits en souffrance ont enregistré une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente.
Ces indicateurs mettent en évidence le poids de la microfinance dans le financement de l’économie togolaise et l’inclusion financière. Ils soulignent également les défis auxquels les institutions restent confrontées, notamment la maîtrise des risques de crédit, l’amélioration de la qualité des portefeuilles et la consolidation de leurs performances.
À l’échelle nationale, les données présentées en mars 2026 par le ministre des Finances et du Budget faisaient état, à fin décembre 2025, de 447,5 milliards de FCFA de dépôts et de 352,1 milliards de FCFA de crédits dans le secteur.
FAIP Togo réintègre l’association, COFEC en sort
L’Assemblée générale de Kpalimé a également été marquée par des décisions concernant la composition de l’association.

Après douze années de suspension, FAIP Togo réintègre le regroupement professionnel des institutions de microfinance. À l’inverse, COFEC est exclue à la suite du retrait de son agrément par l’État. Ces mouvements portent à 63 le nombre de membres de l’APIM-Togo, selon les informations communiquées à l’issue des travaux.
Ces décisions illustrent les enjeux liés à la régularité des agréments et à l’assainissement du secteur. Pour la nouvelle équipe dirigeante, la crédibilité de l’association dépendra également de sa capacité à accompagner des institutions respectant les exigences réglementaires.
Avec le passage de l’APSFD-Togo à l’APIM-Togo et l’élection de Romaric Lissanon Dossou, l’association entame ainsi une nouvelle étape. Au-delà du changement de nom et de la nouvelle équipe dirigeante, l’enjeu sera de faire de cette organisation un véritable instrument de défense des intérêts professionnels, d’accompagnement réglementaire et de consolidation des institutions de microfinance au Togo.
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Albert Akouété AGBEKO
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