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Togo : e-Vita, un projet pour moderniser l’enregistrement des naissances et des décès

 

 

La modernisation de l’état civil togolais franchit une nouvelle étape. Environ 60 acteurs issus des ministères concernés, des services de santé, des collectivités territoriales, de l’état civil et des structures statistiques, ainsi que des partenaires techniques et financiers, sont réunis à l’hôtel Saint Paulo’s de Lomé  du 5 au 6 novembre 2026 pour deux jours de travaux.

L’objectif est de finaliser la validation des outils numériques et des mécanismes d’échange de données destinés à faciliter l’enregistrement des naissances et des décès. Les participants doivent notamment examiner les résultats de la phase pilote, valider les ajustements techniques, clarifier les responsabilités institutionnelles et adopter les protocoles de partage des informations entre les différentes structures impliquées.

À terme, le projet ambitionne de renforcer la couverture de l’état civil et de disposer de données fiables permettant de mieux connaître la situation démographique et sanitaire du pays.

Réduire les naissances et les décès non enregistrés

À l’ouverture de l’atelier, le Dr TEOURI Mahamoudou, directeur du système national d’information sanitaire et de l’information, a insisté sur les conséquences de l’insuffisance des données relatives à la mortalité. Il a notamment rappelé que les décès non enregistrés échappent aux statistiques nationales et compliquent l’identification des principales causes de mortalité.

les participants

 

S’appuyant sur les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il a indiqué que près de 40 % des décès dans le monde ne sont toujours pas enregistrés. Dans la région africaine, à peine un décès sur dix est correctement renseigné. Dans les pays à faible revenu, environ 8 % des décès déclarés disposent d’une cause documentée.

« Ce qui n’est pas comptabilisé ne peut véritablement être pris en compte dans les décisions », a-t-il souligné en substance.

Pour le responsable, connaître les circonstances des décès, les maladies qui les provoquent et les populations les plus touchées est indispensable pour définir les priorités sanitaires, orienter les ressources et évaluer les politiques publiques.

Mais l’enjeu du projet ne se limite pas à la mortalité. Il concerne également l’enregistrement des naissances, afin que chaque enfant puisse bénéficier d’un acte de naissance et que les événements survenant dans les communautés soient mieux pris en compte.

la table d’honneur, on reconnait Dr TEOURI au milieu

 

Un circuit numérique entre hôpitaux, mairies et INSEED

Expliquant le fonctionnement du dispositif, Claude Kodjo Obanikoua, chargé du suivi-évaluation à la Direction du système national d’information sanitaire et de l’information au ministère de la Santé, également chargé du projet e-Vita Togo, a présenté les changements attendus dans le traitement des informations.

Jusqu’à présent, lorsqu’une naissance ou un décès survient dans une formation sanitaire, un document papier est remis à la famille. Celle-ci doit ensuite se rendre au service de l’état civil pour effectuer les démarches nécessaires à l’obtention de l’acte correspondant.

Avec le nouveau système, les informations seront directement saisies dans les formations sanitaires, puis transmises électroniquement aux services de l’état civil concernés. À leur arrivée à la mairie, les parents ou les déclarants pourront faire vérifier les données déjà enregistrées. Les agents procéderont ensuite à l’impression et à la signature du document.

Ce mécanisme doit ainsi réduire les démarches administratives et améliorer la circulation des informations entre les structures sanitaires, les municipalités et l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), chargé de leur exploitation statistique.

Le dispositif intègre notamment le module e-MCCOD dans la plateforme DHIS2 pour la certification électronique des causes médicales de décès.

Quatre communes retenues pour l’expérimentation

La phase pilote concerne quatre communes : Golfe 3 et Agoè-Nyivé 1 dans le Grand Lomé, ainsi que Kozah 1 et Bassar 1 dans la région de la Kara. Des formations sanitaires ont été associées à cette expérimentation, notamment le CHU Campus, le CMS Agoè et le CHU Kara.

Cette phase a permis de tester les outils, de recueillir les observations des médecins et des gestionnaires de données, d’identifier les difficultés techniques et d’apporter les corrections nécessaires avant une éventuelle généralisation.

Le projet prévoit également de mieux documenter les naissances et les décès qui surviennent en dehors des structures sanitaires. Des points focaux communautaires seront mobilisés pour recueillir ces informations, souvent absentes des circuits officiels.

Un parent allant déclarer la naissance de son enfant, image extraite du document

 

Formation et sensibilisation avant le déploiement national

Après l’atelier, les prochaines étapes porteront sur la validation des documents de formation et la formation des formateurs, principalement des médecins et des agents de l’état civil. Ceux-ci seront ensuite chargés de former les autres prestataires et agents concernés.

Une campagne de sensibilisation sera également conduite auprès des chefs traditionnels et des leaders communautaires, notamment à Lomé et à Kara. Les radios seront associées à la diffusion de spots pour informer les populations et favoriser leur adhésion.

Prévu pour une durée d’un an, le projet a démarré en août 2026 et doit faire l’objet d’un rapport final en juin 2027. Une nouvelle phase pourrait ensuite être sollicitée pour étendre progressivement le dispositif à l’ensemble des communes du Togo.

Financée par Vital Strategies dans le cadre du projet GGP 166, cette initiative entend faire de la numérisation de l’état civil un levier d’amélioration de la gouvernance publique. L’enjeu est désormais de faire en sorte que chaque naissance et chaque décès soient mieux documentés, afin que les décisions administratives, démographiques et sanitaires reposent sur des données plus complètes et plus fiables.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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